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Voici l’odyssée poétique et sauvage de Jacky Éléphant, pris au tourbillon de son chemin initiatique vers la délivrance du corps et de l’esprit par l’expérience rituelle de drogues en tous genres. Laurent Gersztenkorn a voulu ici tracer le parcours d’un toxicomane épris de révolte et trouvant sa voie dans un concept de joie de vie et de "vivre-libre", surtout. Inspiré par des auteurs comme Nietzsche, Deleuze, Onfray, et par son propre parcours, l’auteur propose à travers ce roman un portrait de notre système édulcoré et asservissant, corrompu par les mass-médias, pour mieux dépeindre son idéal auquel il aspire depuis toujours: une société hédoniste telle que Nietzsche ou Onfray peuvent défendre.
Publié le : vendredi 30 mars 2012
Lecture(s) : 49
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748369953
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748369953
Nombre de pages : 126
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IDDN.FR.010.0116840.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
1 Cette envie irrémédiable de se saigner les os, de sabattre comme un chêne centenaire, de venir se déchirer au tumulte de la foule, cette envie-là, tant de fois ressentie dans ce corps exul-té. Je me suis longtemps demandé pourquoi cet esprit ravageur ! Cette inquisition, au fond ce goût du sublime autodestructeur, et jai admis quil y avait là un certain parfum à se faire de la mélancolie. Ce désir du plaisir intense et irrésistible à cet état de tristesse brillante et infinie. Ainsi, la recherche de substances chimiques provoquant un intense bonheur mest dautant plus essentielle, car elle développe chez moi le goût inné de la créa-tion. Mais lecteur, tu dois dabord savoir combien jai souffert sur le grill aux charbons ardents, à quel point de férocité fut ma souffrance pour que je me délivre ainsi. Dans ma chambre, seul, tourmenté, je tourne en rond pensant à limmaculée conception et ses milliards de gouttelettes de sang giclant du sein de la vierge et étincelant Dieu lui-même qui na pas mangé autant de carnassiers rôtis, tous chauds, prêts à être dévorés par la sainte populace Mais paix, mon âme, calme ton ardeur, avant, il me reste encore des mots à coucher sur le papier Je dévoilais donc que ma souffrance fut très tôt immense et scandaleuse pour ladolescent très intuitif que jétais. Mon nom est Jacky Éléphant. Cela peut déranger certains esprits, mais lecteur, ny prends pas garde, un blasphème amer de plus Pourtant, il ny a rien de plus beau quun éléphant ! Sa trompe par mégarde se perd au hasard du fil de leau, son élégance lu-naire, ô hypnotique chemin, croisé de mille souplesses, animal supportant mais fort, va de par la nature ! Jai quarante-cinq années passées sur cette terre et jhabite seul un petit meublé
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dans le vingtième arrondissement de Paris, rue De Lamare. Je ne travaille pas et vis de mon allocation adulte handicapé. Mon existence se partage dexpériences visant à délivrer mon déchi-rement Jai pris conscience très tôt de la relative distance entre la fu-tilité des êtres et je suis monté très haut grâce à une culture précise ; de ce fait mon écart entre les consciences et le monde est si lumineux que la rupture est fatale ; la raison vacille, je suis devenu un homme de paille, un homme creux, je suis si haut en altitude que les êtres ne peuvent plus matteindre ! Et pourtant, parfois, jaimerais tellement un peu damour ! Mot galvaudé dans la bouche des crieurs publics, je naime pas les crieurs dune façon générale, mais quand je chuchote sur les drogues ce nest pas seulement récréatif ; elles mont permis de panser mes blessures au cur et datteindre des niveaux de consciences éternelles.Je naime pas faire la cuisine, cela mennuie, jachète à man-ger chez un traiteur vietnamien, une fois par jour, le soir tard, toujours la même chose du riz cantonnais, deux samoussas, et un pâté impérial. Juste avant jai pris assez de benzodiazépines pour assommer la terre entière ; cest ma gâterie de vieux con du soir ! Puis je mendors vers les cinq heures du matin dans une profonde narcose, sans le souvenir précis daucun rêve ten-dre mais plutôt hanté de cauchemars burlesques camps de déportation, crimes affreux, trahison envers moi-même, « le neuvième cercle de lenfer », tout cela dans un dépôt dordures accumulé le long de mon repos magnétique. Je veux donner tout lamour que je porte à mes semblables, comme un ouragan fier de lêtre tant désiré et élever à nu la conscience tant voulue. Mais peut-être suis-je trop égoïste pour cela ou trop seul. Allons, reprends-toi, ne sois pas la victime du système ! Je comprends, celui-ci a dépassé lhomme depuis le XXesiècle, il a fait de nous des esclaves barbares, ô anges dé-chus, où êtes-vous ? Catalyseur de nos vies, fuite éperdue vers lavant, quel goût amer reste-t-il dans nos bouches au jour de la mort ! Je dois vivre linstant, toujours plus haut, toujours plus
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fort. Les chants heureux de part la nature pour lamour unique dune femme exorcisée, jai tant donné et mal reçu ! Les pas-sions libertines que lon dévore un soir dété tout en trompant lêtre aimé déversent encore le sang christique de nos veines déchirées. Cambuse pourrie ! Je lave toujours la cafetière et une tasse à café. Ma vie est simple. Entrecoupée de lectures poétiques et philosophiques, lécriture sur lordinateur, ah oui, mes expériences affectives psychédéliques me portent au sommet de la montagne brisée, jai dans le cur des torrents de lumières vives ! Je nai pas peur de la mort, cette faucheuse ailée qui débarque mes souvenirs, grâce lui soit rendue de nespérer rien des lendemains assassinés au jour même de mes renaissances ultimes Je vogue lente-ment dans des flux douest, au travers dune mélopée joyeuse sans connaître la fin dernière et je rampe doucement sur le fil dun rasoir et men sors vivant ! Le but nest pas laboutissement en soi mais la délivrance, la délivrance triom-phante des choses amères et insipides. Jaurai voulu créer le monde à mon image, mégalomanie tourmentée ! Bien que je ne me prenne pas pour Dieu qui nexiste pas, seul fantasme des êtres en perdition, Jésus, lui a trop souffert sur sa croix. Réelles machinations perverses que sont les religions ! Culpabilité, ô culpabilité insensée des hom-mes en défaut, que ne persécuterais-tu donc point les hommes pour suivre tes lois blessantes. Pauvre imaginaire des hommes empaillés dans le lustre dune mer dorient, sirènes affligeantes ! Vierges effarouchées, vous qui vivez dans la peur et mangez les cadavres pourris des cimetières oubliés ! Les campagnes en-flammées semblent séclairer au soleil de nacre, et simultanément dès laube marchent les prières exhaussées des moines interdits, seules les étoiles de jade suffisent à dire les éclaboussures des poètes maudits ! Vis, mais vis donc ton heu-reuse passion et dévore ta suprême humiliation au sang damné des inspirés de lenfer
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