Éclatantes solitudes

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Le vortex est un tourbillon creux qui se produit dans un fluide en écoulement. C’est le principe même du cyclone. Un mouvement physique violent qui se déclenche à la seconde, comme le moindre événement peut lui aussi venir perturber le cours stable de l’écoulement du Temps. Mais il peut être aussi la décision que chacun de nous doit prendre pour bouleverser le cours des choses ou au contraire rétablir l’ordre dans le désordre. Comme s’il n’y avait jamais en rien ni début ni fin mais seulement un principe d’harmonie vers lequel le fait de tendre demeure le seul but raisonnable et ultime. Aujourd’hui je me demande juste quel est le grain de sable que ni Gina ni moi n’avons su déceler dans la mécanique si bien réglée de cette vie aimantée par la réussite et le succès. Elle a raison, Gina. Je ne connais pas Philippe.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748355956
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748355956
Nombre de pages : 130
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Lamia Berrada-Berca
ÉCLATANTES SOLITUDES
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0115058.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
 
à la solitude quil tentait déchapper,« Il croyait que cétait et non à lui-même. » William Faulkner,Lumière daoût
 
Sound and Shadows Jan Garbarek Ralph Towner
1.
 
Prologue
« Comme une hache qui brise la mer gelée en nous » Je ne sais pas pourquoi mais ce petit bout de phrase insi-dieux vient soudain me vriller la tête, là, à deux mille kilomètres de chez moi, dans cette petite boîte glauque dune ville étran-gère où la musique sétale en faisant de grands trous dombre. Mon verre de gin à la main et Kafka dans la tête avec ce petit bout de phrase amputée qui résonne en sourdine : « comme une hache qui brise la mer gelée en nous» Je crois me sou-venir quil parlait des livres et du pouvoir des mots. On aurait pu tout aussi bien dire : à la surface des choses les mots sont les seules armes à pouvoir creuser des abîmes. Et certainement, Kafka aurait aimé cet endroit improbable où la musique avale aussi bien les mots que les silences Une boîte glauque, dis-je, comme une autre. Et quelques fil-les posées dans le décor avec le regard vide des belles de nuit. Sauf que je nen vois quune. Djamila. Je suis là pour deux jours, je repars demain et jéchoue là par besoin de tuer les quelques heures qui me restent avant le dé-part. Par besoin de me brûler à la détresse que je perçois derrière le maquillage et les rires qui fusent, ça et là.
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ÉCLATANTES SOLITUDES
Je la vois, elle. Et tout à lheure elle saura qui je suis, de ses grands yeux qui brûlent comme des amandes et qui nont pas lieu dêtre, là où tout nest que pénombre. Je lattends. Va-t-elle se déclarer ? Il est vrai que les choses nont pas encore communié. Quelque chose manque à la pièce qui égare les pensées dans des limites mal définies. Ça danse et ça fume, autour. Ça picole, ça rit Un vague projecteur rouge fluo la perce de part en part et laisse une marque sur la joue gauche de son visage. Tu tasseois pas trop loin. Fait chaud, tu penses, seul, dans ta tête qui tangue dans cette marée de bruits continus Çaurait été pourtant très simple de lamener plus tôt vers toi sans un mot. De lui faire prendre conscience du vide autour de vous, et de cette sensation bizarre quil y a à se savoir épié. Mais cest elle qui sest approchée, ta prise par la main et ta emme-née. De toute façon, cest bien ça que tu voulais. Des mains de vierge qui arrangent les choses dans leur habit de mystère et de sacré. Des rires pleins comme des fusées dargile doù la tris-tesse sévapore en buée éclatante.
 On nira pas plus loin, lui dis-je. Je ne dis pas de quoi. Une chambre. Avec une ouverture qui sert de fenêtre. Je capte cet instant démotion dans mes mains épanouies. Je nentends toujours pas le silence.
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