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Empreintes
André Brosse
Empreintes
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2004 5 bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comISBN : 2-7481-3945-3 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-3944-5 (livre imprimé)
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. Victor Hugo
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André Brosse
I L’air est reposant de chaleur, le vent, épargné des bruits de la ville, batifole sur le sable des dunes, sifflant dans les herbes sèches, taquinant sternes et papillons au rythme des flux et reflux de l’océan. La plage est encore déserte à cette heure de la matinée et appartient au promeneur solitaire. Le sable déjà chaud, encore chaud de la veille, s’infiltre entre les doigts de pied nus, épouse et garde la forme de la voûte plantaire. Une paire d’empreintes croise parfois une autre paire d’empreintes, la suit, en l’espoir de rejoindre l’autre marcheur. Curiosité, jeu, le marcheur reste inexorablement hors d’atteinte. Les pas se détournent du bord de mer et vont se perdre dans le sable plus sec des dunes, plus goulu, qui les dévore avec avidité. « Celles que je suis ce matin sont fines et légères, à peine marquées. Une femme ou un enfant. J’accélère le pas, la marée montante me laisse environ vingt minutes avant d’effacer tout souvenir des intrus. Je me lance un défi. Retrouver le corps qui a marqué le sol de sa présence avant moi. Pourquoi me direz-vous ? Parce que la plage du matin était mon domaine jusqu’à il y a environ deux semaines. Hormis quelques traces de promeneurs matinaux qui apparaissaient çà et là, pour bientôt s’évanouir et ne
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jamais reparaître, personne n’avait marqué le sable plusieurs jours de suite. Je me sentais dépossédé d’un bien, illusoire et éphémère certes, mais cette plage était à moi, des premières lueurs du jour à l’arrivée des baigneurs. Et voilà qu’un intrus, avant moi, foulait le sable vierge dans l’aube nouvelle. Ce matin, j’étais parti presque une heure plus tôt que les autres jours et les traces étaient déjà là, commençant, comme d’habitude, à environ 500 mètres du chemin d’accès à la plage. Ma maison étant en bord de mer, je n’emprunte jamais cette voie mais je la croise et j’ai à plusieurs reprises essayé de trouver des traces de passage mais non, rien, ma visiteuse semble sortir directement de la mer. Ma visiteuse oui, car j’ai décidé que c’était une femme au vu de la taille et finesse des pieds. Un enfant ne viendrait pas seul, tous les jours, arpenter la plage. Ma visiteuse est donc mince, légère, la profondeur des empreintes étant d’environ de la moitié des miennes. Je me raconte peut-être des histoires pour occuper mon esprit et donner un autre sens à mes échappées matinales, je ne le nierais pas. On occupe son temps comme on le peut. Je n’ai d’ailleurs rien d’autre à faire depuis que j’ai abandonné mes cours et mes recherches. Tout le monde s’en moquait d’ailleurs, sauf Emilie. Ma pauvre femme m’a soutenu jusqu’au bout, partageant et alimentant mes rêves, mes illusions. Des illusions ? Je n’arrive pas à m’en persuader, bien que n’ayant jamais pu prouver mes théories, mais comment prouver Dieu quand Dieu lui-même reste sourd, ou dur d’oreille, car je sais en mon âme et conscience qu’il a toujours été à mes côtés. Je suis maintenant plus près de Dieu que des hommes.
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