Enfin des bonnes nouvelles!

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Michaël ne le savait peut-être pas, mais en cette période chaotique de sa vie, il courait un grand risque. Ses amis avaient essayé de le prévenir, en vain. D'un jour à l'autre, sans sommation aucune, il pouvait tomber amoureux. Une biographie végétale Une fable de Noël Un nom de Dieu Deux histoires bêtes Deux expériences Deux leçons d'histoire Deux apologies de l'art Trois tristes nouvelles Trois frasques fantastiques Quatre fictions scientifiques Quatre contes musicaux Quatre bad trips Cinq histoires d'amour Il y en a donc pour tous les goûts!
Publié le : jeudi 24 septembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342042221
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342042221
Nombre de pages : 106
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Histoires bêtes et autres nouvelles en tout genre, Mon Petit Éditeur, 2011
Kévin P.G. Thomas ENFIN DES BONNES NOUVELLES !
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120619.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
Danger : coup de foudre
« Un poison violent, c’est ça l’amour Un truc à pas dépasser la dose. »
Serge Gainsbourg Accompagnement musical conseillé The Cowsills,The Rain the Park and Other Things The Turtles,Eleonore Michaël ne le savait peut-être pas, mais en cette période chaotique de sa vie, il courait un grand risque. Ses amis avaient essayé de le prévenir, en vain. D’un jour à l’autre, sans somma-tion aucune, il pouvait tomber amoureux. « Cela lui pend au nez », disaient certains. « Il l’aura bien cherché », pensaient d’autres. Malgré toutes ces mises en garde, Michaël continuait de vivre comme bon lui semblait. Il avait refusé de se plier aux méthodes habituelles. — Dans ton état, lui avait dit sa mère, tu dois rester cloîtré chez toi. Efface tous les numéros de filles de ton répertoire. Tu es trop faible psychologiquement, avec tous tes soucis au tra-vail. Si tu continues, tu vas attraper un coup de foudre. Fais attention ! Et pourtant, Michaël n’en faisait qu’à sa tête. Si bien que, par un chaud mois de juin, ce qui devait arriver arriva. Alors que
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notre candide héros allait acheter son croissant au beurre domi-nical, il fut frappé par le sourire ravageur de la boulangère. À peine sorti du magasin, il savait déjà qu’il était trop tard. Elle s’appelait Éléonore, elle était drôle, intelligente. Elle avait de belles dents et un regard insaisissable. Bref, la fille dont n’importe qui pouvait tomber amoureux. Ne pouvant lutter contre cet amour naissant, Michaël invita Éléonore au cinéma, puis au restaurant. Leur premier baiser scella le sort du pauvre garçon. Michaël savait bien qu’il s’était mis dans de beaux draps. De son propre chef, il décida alors de consulter, pour connaître l’étendue des dégâts. Ce fut avec une certaine appréhension qu’il décrivit les symptômes à son médecin généraliste. — Il m’arrive très souvent de penser à elle, commença Mi-chaël. Notamment à chaque fois que je vois une boulangerie, dans la rue. C’est à cause de son métier, vous comprenez. — Humm, cela n’a pas l’air trop grave, répondit le médecin. C’est tout à fait normal, si vous vous êtes rencontrés dans une boulangerie. Laissez-moi vous examiner pour établir un dia-gnostic complet. Pour commencer : à quoi pensez-vous pour vous endormir, le soir, dans votre lit ? En lisant l’expression faciale de Michaël, qui souriait niaise-ment, le docteur savait d’avance que la réponse serait mauvaise. — Je pense à Éléonore, tous les soirs depuis notre ren-contre. Je nous imagine vivant sous le même toit. Je rêve d’une vie future où nous serions mariés, où nous aurions peut-être des enf… — STOP ! hurla le médecin. Euh, excusez-moi. Je veux dire, merci. Vous avez suffisamment répondu à ma question, voire un peu trop. En tout cas, ce n’est pas bon signe, malheureuse-ment.
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— Ah bon… Vous pensez que cela peut être grave, doc-teur ? questionna Michaël, la boule au ventre. — Je n’ai pas envie de me prononcer tout de suite. Poursui-vons l’examen, si vous le voulez bien. Le médecin, dont le visage était à présent grave et rigide, sor-tit un paquet de photographies de sous son bureau. — Mon cher Michaël, je vais maintenant vous présenter des images, les unes après les autres. Pour chacune, je vous deman-derai de me décrire ce qu’elle vous évoque, le plus spontanément possible. Vous êtes prêt ? — Oui, je crois, balbutia Michaël, les doigts crispés sur les accoudoirs de son fauteuil. Sur ce, le médecin planta une photo représentant un bol de cacahuètes salées devant le regard de notre pauvre héros. — Je vois des cacahuètes, se lança péniblement Michaël. Pour moi, ce sont des graines. Elles représentent la nature, la vie, la conception… — Aïe aïe aïe ! Très bien, Michaël, passons à la suivante, s’il vous plaît (il a l’air bien attaqué, pensa-t-il). La photo suivante montrait un cœur de bœuf sanguinolent, cuisiné avec des carottes, revenu aux petits oignons et recouvert d’une branche de thym. — Hum, cette fois, c’est encore plus clair. Il s’agit d’un cœur. Il me fait penser à l’amour, au bonheur, à Éléonore… C’est mauvais signe, monsieur ? interrogea Michaël, en proie au doute maintenant qu’il commençait à réaliser l’ampleur des dé-gâts.
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— Je crois effectivement que nous n’allons pas dans la bonne direction, répondit le professionnel après quelques se-condes de réflexion. Pour en avoir le cœur net, je vous invite à faire un dernier test. Nous allons essayer d’y voir quelque chose à l’échographie, si vous êtes d’accord. — Eh bien, s’il le faut… émit faiblement Michaël, plus apeu-ré que jamais. Après avoir installé son patient sur la banquette prévue à cet effet, le médecin alluma le téléviseur qui lui permettrait de vi-sualiser l’intérieur de Michaël. Une fois tous ses instruments en main (il mit beaucoup de temps à retrouver les automatismes liés à cet examen, ce qui prouvait le caractère exceptionnel de la situation), le docteur étala nerveusement le gel froid sur le ventre de Michaël. Lorsque le docteur passa la sonde sur l’abdomen de son pa-tient, une image apparut à l’écran. Ce dernier n’y discernait pas grand-chose à part des masses difformes s’étalonnant sur des nuanciers de gris. — Bien, allons-y, dit le médecin. Dans un geste rapide, il utilisa son autre main pour se saisir d’une autre photo qu’il brandit devant les yeux écarquillés de Michaël. Il s’agissait de la photo d’Éléonore que notre héros avait dû apporter pour la consultation, bien qu’il ne pensait pas qu’elle serait utilisée de la sorte. Pris par surprise, Michaël re-trouva en un clin d’œil ce sourire niais qu’il portait chaque fois qu’on lui parlait d’Éléonore. Mais c’est bien sur le téléviseur que le médecin portait tout son intérêt, et il avait bien raison, puisque ce qu’il vit pourrait en déconcerter plus d’un. Parmi les formes étranges qu’on voyait à l’écran depuis le début, quelques lignes continues et épaisses semblaient maintenant se dessiner. Contre toute attente, Mi-chaël et son médecin pouvaient alors distinguer de majestueux
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