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Esclavage

De
121 pages
Le destin insolite d'un jeune homme volontaire Un retour sur l'histoire de l'esclavage, qui a vidé le continent africain Le jeune Thomas et ses amis sont enlevés par des esclavagistes blancs aidés de chefs noirs. Au cours du transfert jusqu'au bateau, il s'échappe et se retrouve seul face à sa promesse : délivrer ses frères et son père exploités en Louisiane dans des plantations de coton ou de canne à sucre. Apprenti marin sur un navire commandé par un capitaine français, personnage humaniste et anti esclavagiste, Thomas, lâché sur l'océan, aborde une île inconnue des cartes maritimes. Il y fait alors une découverte essentielle.
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Esclavage
Guy-Philippe Nonat
Esclavage





Roman









Le Manuscrit
www.manuscrit.com








© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7888-2 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748178883 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-7889-0 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748178890 (livre numérique)

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Merci à Daniel S, sans qui ce livre ne serait pas.

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CHAPITRE 1

L’ENLÈVEMENT


Le sorcier du village, vêtu de ses plus beaux habits de
cérémonie, (plumes d’oiseaux, cendre sur le visage,
ceinture de boa et chaussures de feuilles séchées)
s’apprêtait au cérémonial du sacrifice du poulet. Il
récupérait le sang de l’animal qu’il venait d’égorger et le
mêlait à de la terre rouge comme le sang, il y ajoutait de
la cendre grise, ces couleurs étaient indispensables pour
un bon déroulement des opérations qui allaient suivre.
Il avait confectionné une sorte de ciment d’une couleur
incertaine, qui tirait néanmoins sur le rouge. Il y ajouta
des os de poulet, (celui qu’il avait sacrifié). Ce mélange
extrêmement bizarre, était devenu une poudre qui, après
les nombreuses prières qui lui étaient consacrées, serait
appliquée sur les garçons adolescents passant dans l’âge
adulte. Ils recevaient tous la marque rouge que le sorcier
apposait sur les joues et sur le corps des jeunes garçons.
Cela devait les protéger contre les mauvais sorts que
pouvait jeter le diable et aussi contre les attaques des
animaux sauvages, nombreux dans la brousse voisine.
Ainsi badigeonnés, les futurs hommes s’enfonçaient
dans la forêt, –ils y resteraient 8 jours– et tueraient un
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lion avec leurs seules lances de bois. Cette viande
pourvoirait en nourriture l’ensemble des habitants du
village pendant un bon bout de temps. Cette épreuve
n’était pas des plus simples pour des jeunes garçons, il
fallait débusquer le fauve, le poursuivre le plus
discrètement possible afin de ne pas éveiller son
attention, cela demandait trois ou quatre jours de
pistage et enfin l’abattre avec ces lances munies d’une
pointe au bout de chacune d’elle. Ils confectionnaient
une sorte de brancard, y déposaient dessus la bête et
rapportaient le tout au village qui les attendait et
constatait que tous en revenaient en vie. Cette épreuve
réalisée, ils rejoindraient le clan des aînés.
Parmi ces nouveaux initiés, il y avait un garçon malin
comme aucun autre, il se prénommait Thomas dit le
« futé ».
Cet adolescent, devenu un petit homme par la
volonté du sorcier et des coutumes de son ethnie, était,
pour son âge, intelligent, dans ses moindres gestes, sa
réflexion, il se haussait sans problème au niveau des
aînés.
Il était d’une belle taille et d’une force non pas
herculéenne mais s’avérait costaud et résistant à l’effort.
Il menait les enfants de son âge, ses frères et sœurs à la
baguette, fermement avec autorité et justesse dans
toutes les tâches qui leur incombaient.
Les filles, toutes, s’entichaient de Thomas, elles
tournaient autour de lui comme des abeilles sur un arbre
en fleur. C’était à celle qui l’agripperait pour en faire son
futur époux. Le sorcier veillait, il connaissait les remèdes
pour calmer ces filles entreprenantes afin qu’elles ne
tombent pas enceintes. Pourtant elles étaient chaudes
ces gamines, elles ouvraient facilement leurs cuisses aux
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