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Esoterres

De
111 pages
Levant son bras terminé par une moufle pareille à un gant de boxe, il indiqua la falaise qui apparaissait en toile de fond :_ Tu aperçois cette falaise. Eh bien, si tu veux mon avis, il y a encore vingt ans la glace devait monter un quart ou un tiers plus haut que le niveau d’aujourd’hui, tu ima…Il s’arrêta au beau milieu de ce mot, plissant ses yeux noirs. Ceux-ci étaient maintenant réduits à de minces fentes, et Paco Mendez fut frappé de sa ressemblance avec un Esquimau ou un Inuit du fond des âges. Ou avec un chat aux aguets.Il regarda la falaise à son tour : elle était comme d’habitude, une muraille gris sombre, presque noire, il ne distinguait rien de précis._ Pratiquement tout le long, à la base, tu vois ? demanda Kiuk.Il avait beau
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ISBN: 2-7481-0869-8 (pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0868-X (pour le livre imprimé)Olivier Gabriel
Esoterres
NOUVELLEL’ABÎMEDANSLAMONTAGNEMike Minnick aurait voulu se pincer, mais avec
sesgrosgantsetl’épaisseurdepolartecqu’ilavaitsurle
dos… Sans compter le tamponnoir qui lui encombrait
la main, la précarité et l’inconfort de sa position sus-
pendueaudessusduvide…Anouveau,ilrapprochason
visage pour scruter la paroi. Le vent qui la balayait in-
terposaitentreelleetsesyeux,protégéspardeslunettes
solaires enveloppantes, des tourbillons de minuscules
cristauxdeneigeglacéequilegênaientdanssonobser-
vation… Non, il ne rêvait pas, il lui fallait se rendre à
l’évidence : le matériau qu’il contemplait n’était plus
delaroche,lecailloulelongduquelaveclesdeuxcom-
pagnons qui le suivaient plus bas ils se hissait pénible-
mentdepuisdesheures…D’abord,ilyavaitlacouleur:
pas le gris franc auquel ils avaient fini par s’habituer,
émaillédepaillettesde quartz,parfoissifoncéqu’ilen
paraissaitviolet,maisunbeigesaleporteurdetacheset
de traces verdâtres. Ensuite, la surface n’était pas aussi
lisse : elle offrait un aspect sableux et granuleux, s’ef-
fritait par plaques. Enfin, au lieu d’être entaillée de
fissures longues et droites, de failles étroites, elle por-
tait des craquelures qui dessinaient des étoiles ou des
éclairs. Cebeigesale,cescraquelurescouleurderouille
et de sans séché, ça lui disait quelque chose… Minnick
bascula la tête en arrière, embrassant la muraillequi le
surplombaitd’unseulregardjusqu’àsonsommet,cent
mètres plus haut : il n’apercevait rien d’autre que ce
mursinistreetsanscouleur,grêlécommelasurfacede
lalune… Soudainlalumièresefitdanssonesprit: du
béton ! Le haut de la montagne dont ils terminaient
l’ascensionétaitungigantesquemorceaudebéton!
Mike Minnick, Thomas Harris et Sven Hassel,
habitant le Colorado aux Etats-Unis, étaient arrivés
à Kathmandou quinze jours auparavant, au début
9Esoterres
du mois de mars. Alpinistes semi-professionnels le
premier dirigeait une école de ski, le second était
garde forestier dans un parc naturel et le troisième
journaliste à la revue « Montagne et Nature » -, ils
étaientvenusauNépalréaliserunvieuxrêve: escalader
un mont de la chaîne de l’Himalaya. Leur choix s’était
porté sur un sommet secondaire connu localement
sous le nom de « Bagjyang». D’unealtitude modérée
6335 mètres -, il demeurait ignoré et paraissait offrir
un énorme intérêt technique. A la connaissance de
Sven,lespécialistedelaquestion,quiavaiteffectuédes
recherches,sonascensionn’avaitencoreeulieuqu’une
seule fois, en 1959, du moins officiellement. De plus,
ils voulaient l’attaquer par un autre itinéraire, la face
NordoulafaceOuest,aprèsavoirétudiéleterrain.
Le Bagjyang se situant dans le massif du Dhau-
lagiri, région difficile d’accès proche du Dolpo, pays
lui-même secret semé de chörtens et de monastères, il
leur avait fallu plusieurs jours à partir de l’aèroport de
Juphal pourgagner sescontrefortsescarpés, avecl’aide
d’un guide. Une fois sur place, la reconnaissance des
lieux et le recueil de l’avis des montagnards en vue du
choix de l’itinéraire définitif avaient encore nécessité
près d’une semaine. D’un commun accord, ils avaient
optépourlavoieOuest,l’autre,àdéfautd’êtreimprati-
cable,présentantdesrisquesélevésdanslecadredel’ex-
péditionlégère,sansporteursnioxygène,qu’ilscomp-
taient mener.
De toute façon, l’ascension du Bagjyang ne s’an-
nonçait pas vraiment comme une partie de plaisir. Ils
l’avaient compris en découvrant pour la première fois
sa monstrueuse silhouette tronquée, inclinée à plus de
cinquantedegrés,queterminaitunvertigineuxbastion
aux parois quasi verticales.
Maisladifficulténefaisait-ellepaspartiedujeu,
10Olivier Gabriel
avaient pensé les trois hommes avant de se mettre en
route,deuxjoursetdemiplustôt?
Hébétés, assis serrés les uns contre les autres en
tournant le dos aux rafalesqui assaillaientle rebord de
lafalaise,lesalpinistesregardaientdevanteuxsanscom-
prendre. Ils avaient vaincu. L’un après l’autre, lente-
ment,douloureusement,lesmusclesbandés,lessenset
l’esprit tendus, manquant chacun une ou deux fois lâ-
cher prise, ils s’étaient hissés jusqu’à leur objectif im-
possible, le toitdu Bagjyang. Pourtant,pardelàla las-
situde, on ne lisait pas la joie sur leur visage, mais une
immense perplexité.
Ilsn’avaientpasatteintlacimed’unehautemon-
tagne, mais le toit d’un building bizarre. Même avec
la neige accumulée dans les creux de relief, qui voilait
ougommaitlesformes,c’étaitl’évidence. Formantpa-
rapet, une sorte de mur d’enceinte peu élevé entou-
rait la crête ; applatie et toute en longueur, elle évo-
quait une sorte de tronçon de piste d’atterrissage ; des
blocs carrés, des coupoles et des fosses circulaires res-
semblantàdescheminées,descarapacesdecrabeetdes
cratèreslunairesétaientdisposésautouràintervallesré-
guliers. Auxquatrecoinsdel’ensemble,unepetitepy-
ramidesurélevée regardait versle ciel, commesi elle le
surveillait…
Pourtant c’était un détail minuscule qui mobili-
sait leur attention, une chose banale venue d’en bas,
qu’on utilisait chaque jour dans les maisons et les rues
des villes et des villages de toute la planète, qui appar-
tenaitàunautremonde… Icietlà,s’élevantlelong de
certainsblocsoudisparaissantdanslaneige,coulésdans
lemêmebétonquetoutcequ’onpouvaitapercevoir,il
y avaitdes marches, desescaliers!
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