Essais - Livre I (traduction en français moderne)

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Au livre III des Essais, Montaigne déclarait :

« J’écris ce livre pour peu de gens et pour peu d’années. S’il s’était agi de quelque chose destiné à durer, il eût fallu y employer un langage plus ferme : puisque le nôtre a subi jusqu’ici des variations continuelles, qui peut espérer que sous sa forme présente il soit encore en usage dans cinquante ans d’ici ? » (III, chap. 9, § 114)


Il ne croyait peut-être pas si bien dire...

Qui peut en effet aujourd’hui, hormis les spécialistes, lire Montaigne dans le texte original ? Les éditeurs modernes ont tous, d’une manière ou d’une autre, tenté de « toiletter » le texte en ajoutant des accents, en harmonisant la ponctuation selon nos habitudes d’aujourd’hui : ils ont fait ainsi un texte qui ressemble à du français moderne, mais n’en est pas, et demeure toujours aussi difficile d’accès au plus grand nombre.

Quel dommage, pour un texte que l’on se plaît à considérer comme une œuvre majeure de notre littérature !


J’ai donc pensé qu’il était nécessaire d’en donner une véritable traduction.

Le lecteur dira si j’ai eu raison.


GdP

Publié le : samedi 1 janvier 2011
Lecture(s) : 48
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782918067047
Nombre de pages : non-communiqué
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Chapitre 1 : Sur ce qui est utile et ce qui est honnête

1. La façon la plus courante d'amadouer ceux qu'on a offensés, lorsque, prêts à se venger, ils nous tiennent à leur merci, c'est de susciter en eux, par notre soumission, la pitié et la commisération. Et pourtant, la bravade, la constance et la détermination, qui en sont l'inverse, ont parfois produit le même effet.
2. Édouard, le Prince de Galles, qui régna si longtemps sur notre Guyenne, personnage dont la condition et le destin ne manquent pas de grandeur, avait été gravement offensé par les Limousins. En s'emparant de leur ville, il ne se laissa pas attendrir par les cris du peuple, des femmes et des enfants abandonnés au massacre, implorant sa pitié et se jetant à ses pieds. Mais comme il avançait plus avant dans la ville, il aperçut trois gentilshommes français qui, faisant preuve d'une hardiesse incroyable, soutenaient à eux seuls l'assaut de son armée victorieuse. La considération et le respect que lui inspirèrent un courage aussi remarquable émoussèrent sa colère ; et après avoir accordé sa miséricorde à ces trois-là, il l'accorda à tous les autres habitants de la ville.
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