Essais - Livre II (traduction en français moderne)

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Au livre III des Essais, Montaigne déclarait :

« J’écris ce livre pour peu de gens et pour peu d’années. S’il s’était agi de quelque chose destiné à durer, il eût fallu y employer un langage plus ferme : puisque le nôtre a subi jusqu’ici des variations continuelles, qui peut espérer que sous sa forme présente il soit encore en usage dans cinquante ans d’ici ? » (III, chap. 9, § 114)


Il ne croyait peut-être pas si bien dire...

Qui peut en effet aujourd’hui, hormis les spécialistes, lire Montaigne dans le texte original ? Les éditeurs modernes ont tous, d’une manière ou d’une autre, tenté de « toiletter » le texte en ajoutant des accents, en harmonisant la ponctuation selon nos habitudes d’aujourd’hui : ils ont fait ainsi un texte qui ressemble à du français moderne, mais n’en est pas, et demeure toujours aussi difficile d’accès au plus grand nombre.

Quel dommage, pour un texte que l’on se plaît à considérer comme une œuvre majeure de notre littérature !


J’ai donc pensé qu’il était nécessaire d’en donner une véritable traduction.

Le lecteur dira si j’ai eu raison.


GdP

Publié le : samedi 1 janvier 2011
Lecture(s) : 71
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782918067115
Nombre de pages : non-communiqué
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Chapitre 1 : Sur l'inconstance de nos actions

1. Ceux qui s'emploient à examiner les actions humaines ne rencontrent jamais autant de difficultés que lorsqu'il s'agit de les rassembler et de les présenter sous le même jour. C'est qu'elles se contredisent de telle façon qu'il semble impossible qu'elles fassent partie du même fonds. Dans sa jeunesse, Marius se trouvait ainsi être tantôt le fils de Mars et tantôt le fils de Vénus.
2. Le pape Boniface VIII prit, dit-on, sa charge comme un renard, s'y comporta comme un lion, et mourut comme un chien. Et qui pourrait croire que c'est Néron, le symbole même de la cruauté, qui s'est exclamé : « Plût à Dieu que je n'eusse jamais su écrire ! » alors qu'on lui faisait signer, selon l'usage, la sentence d'un condamné — tant il avait le cœur serré d'envoyer un homme à la mort.
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