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Et si le silence et l'absence ne changeaient rien

De
227 pages
A quelques mois d'intervalles deux hommes vont traverser la vie de Léna. Ces deux personnalités vont lui sembler dans un premier temps comme clonées, en réalité c'est leur manière d'aborder et de se comporter avec elle qui se ressemblent. Eléments surprenants de cette histoire ces hommes ont des similitudes de par : leur physique, leurs engagements dans leur vie professionnelle et associative, leurs loisirs et, qui plus est, bizarrerie de la vie portent quasiment le même prénom…Ces deux hommes dynamiques et pourvu d'un charisme certain vont perturber la vie bien rangée de cette femme indépendante.
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2 Titre
Et si l’absence et le
silence ne changeaient
rien

3 Titre
Ivy Socki
Et si l’absence et le
silence ne changeaient
rien

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-8414-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748184143 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8415-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748184150 (livre numérique)
6





. .

8






À eux…
9 Chapitre 1

CHAPITRE 1
11 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien






Je remonte les stores roulants de la baie
vitrée du salon, il est sept heures, j’ai l’habitude
de me lever tôt.

Sport ce matin ?

Marc-Antoine doit venir me chercher vers
dix heures.

Ai-je le temps d’aller faire mon jogging ?

Mon sac de voyage est prêt. Plein à craquer !
Mon amoureux va encore se moquer, pour une
nuit et quelques heures, cet amoncellement de
vêtements, il faut ce qu’il faut…

Bon, j’avale vite fait un thé, je chausse mes
tennis, mon baladeur MP3 dans la main ; la
musique me permet de m’évader, et de donner
le meilleur de moi-même dans ma quête de
l’effort physique. J’aime aller courir, la nature au
petit matin est si belle.
Je longe la Sèvre, le soleil caresse mon visage
et jette des rayons dorés qui se reflètent sur
13 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
l’eau, les canards glissent le long de la berge, des
brindilles craquent sous mes pieds, je me sens
bien comme si le monde m’appartenait, et je
sais que cette toute petite performance sportive
va m’apporter ce bien être si particulier ; un
plaisir proche de celui que l’on ressent lors de
l’extase procurée par une relation physique
réussie, les endorphines en seraient à
l’origine paraît-il.

Toujours est-il que je vais me sentir
euphorique, avec ce sentiment de puissance qui
va me permettre d’aborder la journée avec
bonne humeur, et je vais ainsi me débarrasser
d’une bonne partie de mon stress.

Au fil des foulées que j’aligne les unes
derrière les autres, je pense à ce week-end qui
s’annonce prometteur.

Marc-Antoine et moi partons dans le Golfe
du Morbihan, cette contrée que je connais pour
m’y être rendue un certain nombre de fois.

Bien que n’étant pas d’origine bretonne,
j’avoue que cette région est magnifique. Situé
sur la façade Atlantique, au sud de l’Armorique,
ce Golfe constitué d’une petite mer intérieure et
parsemé de différentes îles apportent un
dépaysement certain.
14 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
De plus, j’adore sentir la proximité de l’eau.
L’océan m’apporte ce côté vivifiant qui fait,
que, j’ai toujours l’impression de mieux respirer,
et puis le climat est plus proche du Sud-Loire
que celui du reste de la Bretagne, mais malgré
tout je crois qu’il pleut un peu plus souvent que
dans mon Sud-Loire ! Un peu chauvine ?
Probablement…

Bref, nous sommes invités à une
manifestation qui rassemble des sponsors de
différents clubs sportifs.

En l’occurrence, Marc-Antoine, toujours
enclin à participer à une multitude d’activités,
parraine le club de football de la ville dans
laquelle nous résidons.

Notre couple, qui vient d’aborder sa
troisième année de vie, a trouvé un équilibre qui
nous satisfait.

Épris tous deux d’indépendance, nous avons
su mettre en place une relation basée sur la
confiance et le respect.
Tendre et attentionné, il sait me rassurer sur
ce que je suis, sur ce que je dégage.

Mais, il n’y va pas par quatre chemins quand
il s’agit de me remettre à ma place.
15 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien

Je ne suis pas en reste, et il est encore, à ce
jour, surpris par mon aptitude à balancer
certaines vérités.

« Comme de la guimauve, tu es… m’avait-il
dit au début de notre rencontre, tu parais dure
et rude, faite d’aspérités… puis on découvre
une femme pleine de douceur, de tendresse et si
romantique, surprenante ! »

Ces mots, je les avais déjà entendus quelque
temps auparavant, mais formulés différemment :
“une carapace de fer au cœur tendre”, je savais
donc ce que Marc-Antoine voulait dire.

Notre complicité est évidente, jeux de mots,
jeux de mains ; notre relation est ludique,
l’ennui en est exclu. Nous retrouvons dans
notre binôme, des jeux amoureux, de la
tendresse, de la complicité, des rires, des joies,
des colères, des coups de gueule, le manque de
l’autre, de sa voix, de ses mots, de ses baisers,
de sa présence !

Sensations reconnaissables lors des premiers
émois d’un amour naissant, amour qui durera
ou pas ; mais sensations exaltantes, porteuses
d’espoir, d’énergie !

16 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
Deux personnalités qui s’expriment sans
modération, qui balancent, qui cassent, qui
savent jouer de la vie et qui pratiquent
l’autodérision avec dextérité. Et c’est pourquoi
nous nous comprenons si bien.

Nous avons tous deux certains traits de
caractère communs, un mode comportemental
en adéquation, et tout cela génère une
compréhension mutuelle, une indulgence
certaine l’un envers l’autre.

De plus, les griffures de la vie nous ont
rendu prudents et, lui comme moi, avons vécu
le début de notre histoire au jour le jour.

Marc-Antoine, d’emblée, m’avait annoncé la
couleur « Carpe diem » m’avait-il dit, “Diantre,
avais-je pensé, gare à toi, ma fille”.

Avant cette rencontre, j’avais eu une
fâcheuse tendance à m’investir affectivement à
vitesse grand V, avec une quête d’amour qui
devait vraisemblablement effrayer mes amants.

Cette fois-ci, il fallait tempérer mes émois
amoureux et la sagesse aidant, je montrais
davantage de raison que de déraison, ce qui
semblait surprendre mon compagnon,
visiblement habitué à être adulé.
17 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
À peine sortie de ma douche, la sonnerie du
téléphone retentit.

« Allô ?
– Bonjour Lena, alors tu es prête ? »

C’est ma copine Charlotte, toujours prompte
à s’inquiéter de mes humeurs, de mes coups de
blues, c’est avec elle, et d’autres aussi, que je
partage une partie de mes délires.

« Quasiment prête à prendre la route avec
mon amoureux et à sortir mes griffes dès
qu’une des panthères que nous allons croiser
jettera vers lui un regard trop appuyé… Je
plaisante !
– Ah ! oui ? Il t’a donné récemment
l’occasion de titiller ta jalousie ?
– N’importe quoi ! Où t’as vu que j’étais
jalouse ? enfin, je crois ne point l’être, d’autant
que je n’ai guère d’illusion sur la faculté des
hommes à être fidèle.
– Toi, pas jalouse ? Menteuse, dis que tu te
maîtrises, que tu enfouies au fond de toi tes
colères, tes pulsions, tes inquiétudes.
– Bon, cela va, yes, je suis peut-être un peu
de mauvaise foi ! de toute façon que je
m’aperçoive de quelque chose et je lui rends la
monnaie de sa pièce.
18 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
– Là, je te retrouve dans cette réflexion… tu
es heureuse de passer ce week-end avec lui ?
– Oui, il est vrai que nous n’en avons peu
partagé ces derniers temps, et celui-ci est un peu
différent, nous verrons si c’est une bonne
chose. Et toi, tu en es où avec Nicolas ?
– Pas terrible, je crois que je vais lui dire que
nous n’allons pas continuer ensemble, c’est con,
je viens de lui prêter un de mes bouquins !
– Oh ! »

Je l’entends rire, et elle ajoute :
« Oui, ma réflexion est idiote mais cela m’est
venu à l’esprit spontanément ! Trêve de
plaisanterie, la prochaine fois que je rencontre
quelqu’un qui semble m’intéresser, je lui
demande s’il aime les animaux et s’il me répond
qu’il ne supporte pas les poils de chats, je laisse
tomber tout de suite. Il faut que je me rende à
l’évidence, c’est inutile que j’insiste quand je
détecte un maniaque ou si j’ai affaire à un
allergique… Je vais intégrer ces éléments dans
la colonne “les moins”. »

Je réprimais difficilement mon envie de rire,
« T’as raison, autant bien cerner le
personnage tout de suite, tu gagneras du temps,
pour parler plus sérieusement, si tu ne te sens
pas bien avec lui, il vaut mieux mettre un terme
à la relation maintenant, au bout de trois
19 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
semaines c’est plus facile de rompre, d’expliquer
que tu t’es trompée…
– Je vais essayer d’attendre une ou deux
semaines pour être certaine de ma décision,
quoique je ne sais même pas si je vais pouvoir
attendre jusque-là, bon, que cela ne gâche pas
ton week-end, on s’appelle dès que l’une ou
l’autre à une anecdote à diffuser ?
– Ok, bye, bise ! »

Deux jours plus tard, elle lui aura donné son
congé !

Vite, je file dans la salle de bain.
Marc-Antoine sonne à la porte d’entrée
quand je viens de terminer de me préparer.
Peut-être en ai-je fait trop ce matin, car je me
sens un peu énervée, il a fallu me presser un
peu ? Quid du bénéfice de cette montée
d’endorphines ?

Il m’embrasse goulûment.

« Bien dormi, ma chérie ? J’ai regretté de ne
point pouvoir passer la soirée près de toi, me
lança-t-il d’un air coquin… Mais il me fallait
bien assumer mes responsabilités paternelles, je
puis t’assurer que je saurai être davantage
présent durant ce week-end. »
20 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
Je notais son air gaillard, que ses mains
caressantes confirmaient.

« Je crains souvent que tu ne sois agacée
d’une disponibilité trop en dents de scie à ton
égard !

Je m’esclaffe !
– Ne t’inquiète pas outre mesure, j’aime aussi
parfois me retrouver seule, et puis tu as une
telle trouille de la routine, que tu serais
incapable de partager toutes tes journées et
toutes tes nuits avec moi, et moi, j’aurai peur de
ne pouvoir respirer. Toi, tout comme moi
avons aussi besoin de nous reposer de temps en
temps.

Il se mit à rire.

– Il est vrai que la soirée pantouflarde d’hier
m’était nécessaire, tu sais que tu m’épuises, ma
chérie !
– N’inverse pas les rôles, je t’ai toujours dit
que tu en faisais trop. »

Nos rires fusent, aujourd’hui, encore, nous
sommes capables d’avoir ce ton léger qui
pigmente notre relation.

21 Et si l’absence et le silence ne changeaient rien
Il est bel homme, et il le sait. Mais je suis
aussi consciente de ma capacité à séduire,
équilibre latent !

Il est plein d’humour, moi aussi, mais j’ai un
humour caustique ou parfois de l’humour noir
si les circonstances s’y prêtent.

C’est une forte tête et je suis une
emmerdeuse obstinée et spontanée…

Nous ne mâchons pas nos mots, et cela nous
a joué des mauvais tours, et nous en joue
encore, même si nous nous essayons, tour à
tour, à tempérer l’autre.

Nos similitudes nous rapprochent, et notre
complicité tant intellectuelle que physique fait
de notre liaison : une histoire pleine d’espoir !

Marc-Antoine s’attarderait bien, mais il nous
faut être aux environs de onze heures trente à
Arradon, où nous sommes attendus.

La météorologie prévoit une fin de semaine
ensoleillée et chaude.

Je suis heureuse de l’accompagner car nous
allons avoir l’opportunité de retrouver un
22