Existences d'artistes

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Ouvrage issu de la série "La petite histoire", et paru en 1940.

Publié le : lundi 1 janvier 1940
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EAN13 : 9782246798613
Nombre de pages : 336
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OUVRAGES DE G. LENOTRE, DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
A LA LIBRAIRIE GRASSET
Georges Cadoudal (16e édition).
La Petite histoire :
I. — Napoléon (Croquis de l’Epopée), 59e édition.
II. — Femmes (Amours évanouies), 42e édition.
III. — Paris et ses fantomes, 38e édition.
IV. — Versailles au temps des Rois, 38e édition.
V. — La Révolution par ceux qui l’ont vue, 30e édition.
VI. — dossiers de
Police, 30e édition.
VII. — En suivant l'Empereur (Autres croquis de l’Epopée), 26e édition.
VIII. — Sous le bonnet rouge (Croquis révolutionnaire), 20e édition.
IX. — Paris qui disparaît, 29e édition.
X — En France jadis, 31e édition.
XI. — Existences d’artistes (De Molière à Victor Hugo), 22e édition.
XII. — Nos Français, 24e édition.
A LA LIBRAIRIE PERRIN
La Guillotine pendant la Révolution (29e édition).
L
e Vrai Chevalier de Maison-Rouge (30e édition).
Le Baron de Batz (29e édition).
Paris révolutionnaire (48e édition).
Vieilles Maisons, Vieux Papiers, Six Séries (88e édition).
Bleus, Blancs et Rouges (24e édition).
La Captivité et la Mort de Marie-Antoinette (45e édition).
Le Marquis de la Rouerie et la Conjuration bretonne (30e édition).
Tournebut : La Chouannerie normande au temps de l’Empire (1804-1809 (29e édition).
Le Drame de Varennes, Juin 1791 (50e édition).
L’A
ffaire Perlet (9e édition).
Le Roi Louis XVII et l'Enigme du Temple (29e édition).
La Mirlitantouille (19e édition).
Robespierre et la Mère de Dieu (19e édition).
Le Jardin de Picpus (19e édition).
Les Massacres de Septembre (1792) (37e édition).
Les Fils de Philippe-Egalité pendant la Terreur (1790-1796) (25e édition).
La Fille de Louis XVI (1794-1799) (35e édition).
Le Tribunal Révolutionnaire (1793-1795) (38e édition).
L
es Noyades de Nantes (1793) (33e édition).
La Femme sans nom (19e édition).
Prussiens d’hier et de toujours. Deux Séries (13e édition).
Gens de Vieille France (18e édition).
Martin le Visionnaire (1816-1834) (13e édition).
Babet l'Empoisonneuse... ou l’empoisonnée (19e édition).
L’Impénétrable Secret du Sourd-Muet mort et vivant (15e édition).
La Compagnie de Jéhu (16e édition).
La Maison des Carmes.
A LA LIBRAIRIE HACHETTE
Monsieur de Charette le roi de Vendée (15e édition).
La Proscription des Girondins (10e édition).
A LA LIBRAIRIE MAME
Contes de Noel (25e édition).
Histoires étranges qui sont arrivées (20e édition).
A LA LIBRAIRIE FIRMIN DIDOT
Les derniers Terroristes (20e édition).
Les Tuileries.
A LA LIBRAIRIE CALMANN LÉVY
Le Chateau de Rambouillet (22e édition).
La Vie a Paris pendant la Révolution.
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
© Éditions Grasset & Fasquelle, 2012.
9782246798613 — 1re publication
I
MOLIÈRE
ARMANDE
S
i je disposais d’un volume, peut-être tenterais-je de résumer les polémiques suscitées, depuis deux cent cinquante ans, par la question de savoir qui était la femme qu’épousa Molière : elle se nommait Béjard, nul ne l’ignore ; mais de qui était-elle née ?
Il me faut bien brusquer la dissertation et prendre parti pour celle des solutions qui me paraît être la plus acceptable. Et afin d’entrer sans autre préambule dans le plein du sujet on doit d’abord mettre en scène un certain gentilhomme de beau nom et de grande famille, Esprit de Raimond, comte de Modène, « chambellan des affaires de Monsieur, frère du Roi. » Ce personnage semble n’avoir pour rôle que de rendre confus tous les épisodes auxquels il se mêle : d’abord, son nom déroute ; quoiqu’il s’appelât Modène, le comte en question n’avait rien du tout de commun avec les seigneurs d’Este, suzerains du duché italien du même nom. Parfaitement français, son Modène à lui était, — et est encore — une bourgade du Comtat Venaissin, située à deux lieues de Carpentras. Modène avait épousé, — pour sa fortune, — une femme de quinze ans plus âgée que lui, dont il attendait le décès avec une impatience imparfaitement dissimulée. Il aimait la vie joyeuse et n’était pas bourrelé de scrupules ; son histoire mouvementée le démontre surabondamment. Ayant connu à Paris une charmante personne, Madeleine Béjard, dont la vertu n’était pas farouche, il eut d’elle, en 1638, alors qu’elle avait vingt ans, une fille qui fut baptisée
Françoise à Saint-Eustache et dont quoique marié, comme on l’a dit, Modène eut l’effronterie de se déclarer le père. La petite Françoise fut tenue sur les fonts par la dame Marie Hervé, sa grand’mère maternelle et par J.-B. L’Hermite de Vausselle, « gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi », aventurier de noble race qui se trouvait là en famille, ayant épousé une certaine Marie Courtin, cousine germaine de Madeleine Béjard, mère de l’enfant nouveau-née.
Ceci paraîtra déjà quelque peu compliqué : il faut songer que ces Béjard qui eurent sur la destinée de Molière une si décisive influence étaient fort nombreux, que tous, père, frères, sœurs, cousins, cousines figuraient, avaient figuré ou devaient figurer dans la troupe nomade de l’Illustre Théâtre,
et que, à cette époque lointaine, les comédiens en quelque sorte bannis de la Société, ne pouvaient guère s’unir qu’entre eux et se souciaient peu du tintouin, que l’enchevêtrement de leurs alliances homonymiques occasionneraient aux généalogistes de l’avenir.
L’Hermite de Vausselle, encore qu’il se flattât d’appartenir à la famille du fameux prédicateur de la première Croisade, avait donc épousé Marie Courtin, fille de théâtre, elle aussi et, par amour, il s’était astreint à suivre la troupe des Béjard. Après quinze mois de mariage, une fille lui était née en 1636, au cours d’une tournée ; on baptisa l’enfant en passant dans un village de la Beauce et on l’appela Madeleine, prénom de tradition dans la famille des Béjard, ce qui ne contribue pas peu à embrouiller les choses. Mme
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