Fables urbaines

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Fables de la vie, de certains moments, de fragments de vie, scènes et scénettes. Parcelles de vie, d'angoisse, de songe, de rire...à parler, à lire, à dire, à lire et à dire à haute et claire voix, seul ou à plusieurs, pour écouter les sons des mots qui disent un son et ont un sens, et oublier le sens et en écouter le son et faire musique d'une langue, la française!...
Fables, sketches, nouvelles, historiettes imaginaires de choses qui n'existent pas, de choses qui existent et de choses qui auraient pu exister, nouvelles d'êtres qui s'aiment, qui pensent, qui vivent, qui ont existé, qui existent, qui n'existent pas, qui n'existeront pas, qui existeront...
Fables et histoires à lire en picorant au gré de l'humeur et de l'envie, ou nouvelles à lire tout du long d'un seul trait telle une vague qui monte et finie en ressacs sur les parois de nos esprit et sens.
Tison!
Dans la roche rougeoyante passe un parapluie.
Queues de serpents et centaures.
Les parois lisses de la caverne.
Ruissellent de métaux fondus.
— Alors où-vas-tu ruisseau herbu?
Bouillonnement de fers et cuivres!
Volcan chaud!
Agité de grondements et d'éclats de diamants!
— Je vais là et puis là!
Au gré des gués!
— Ainsi soit-il.
P.CEBEILLAC.
Publié le : samedi 25 janvier 2014
Lecture(s) : 32
Nombre de pages : 124
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PHILIPPE CEBEILLAC
FABLES URBAIN ES.
Philippe CEBEILLAC. Apt 32. 1, rue Brothier. 31270 Cugnaux.
Tél : 05 62 20 94 01. 06 13 94 13 73. pcebeillac@sfr.fr
BIOGRAPHIE:
Philippe Cébeillac, né en 1957 dans les CharentesMaritimes. Ecrivain, chercheur,
artiste peintre, photographe, créateur référencé. Pluridisciplinaire.
Etudes en Sciences Politiques, en lettres Modernes. Diplômes : « Centre d'étude et de
Formation Industrielle de Toulouse" (C.E.F.I.T.), "Ecole d'Art, de la Photographie et du
Multimédia" (E.T.P.A.), Licence de Psychologie (Université de Toulouse).
Professeur en mathématiques et méthodologie.
Dés 1979 a commencé sa carrière dans le monde de la presse en créant un
hebdomadaire, puis s'est orienté vers la rédaction de romans, nouvelles et poèmes. En
parallèle il mène à partir de 1980 une carrière de plasticien. Délaisse en 1992 le monde de
l'Art pour enseigner et se consacrer à la peinture, la photographie et l'écriture.
PREFACE
Fables de la vie, de certains moments, de fragments de vie, scènes et scénettes.
Parcelles de vie, d'angoisse, de songe, de rire...à parler, à lire, à dire, à lire et à dire à haute et
claire voix, seul ou à plusieurs, pour écouter les sons des mots qui disent un son et ont un
sens, et oublier le sens et en écouter le son et faire musique d'une langue, la française!...
Fables, sketches, nouvelles, historiettes imaginaires de choses qui n'existent
pas, de choses qui existent et de choses qui auraient pu exister, nouvelles d'êtres qui s'aiment,
qui pensent, qui vivent, qui ont existé, qui existent, qui n'existent pas, qui n'existeront pas, qui
existeront...
Fables et histoires à lire en picorant au gré de l'humeur et de l'envie, ou
nouvelles à lire tout du long d'un seul trait telle une vague qui monte et finie en ressacs sur les
parois de nos esprit et sens.
Tison!
Dans la roche rougeoyante passe un parapluie.
Queues de serpents et centaures.
Les parois lisses de la caverne.
Ruissellent de métaux fondus.
Alors où-vas-tu ruisseau herbu?
Bouillonnement de fers et cuivres!
Volcan chaud!
Agité de grondements et d'éclats de diamants!
Je vais là et puis là!
Au gré des gués!
Ainsi soit-il.
P.CEBEILLAC.
LA PATISSERIE
Un jour mon père qui était un brave homme me prit en voiture et me dit :
Je t’amène à la meilleure pâtisserie de la ville
Je me mis à sourire à cette idée.
 Nous roulâmes quelques temps, nous nous garâmes puis je descendis.  Nous arrivâmes devant la grande pâtisserie ou resplendissaient tout un tas de merveilleuses pâtisseries de toutes les couleurs et de toutes les tailles, toutes plus appétissantes les unes que les autres.
Et il me dit avec un air souriant et bonhomme :
Tu peux les regarder….
LE POINT ZERO
20100123 le cauchemar continue, des millions de chômeurs sont jetés à la rue
en regardant leurs entreprises détruites inlassablement par le système vampirique international
du capitalisme tentaculaire qui a envahi notre planète.
 La série « V » américaine est enfin réalisé, les hommes serpents règnent
partout. Les humains restants tentent de résister mais leur nombre se réduit de jour en jour.
 Deux virus hautement destructeurs pulvérisent toutes les décisions. L’un se
nomme « Veto», l’autre «Lecon ». Maurice Leglu, modeste étudiant en informatique dans sa jeunesse devenu chef de projet dans une entreprise de soustraitance d’une grande
multinationale d’aéronautique fait partie de ceuxlà (des résistants et des nouveaux
chômeurs).
 Il fulmine, il rumine, il enrage, il peste! Il arrive en fin de droits! Il ne percevra
plus ses 1300€ d’indemnités. La faillite le menace. Sa femme est aux abois: doitelle chercher
un autre mari? Doitelle chercher un autre chômeur qui aurait encore droit à ses
droits ?...Doiventils abandonner leurs enfants alors que l’un est dans une école de commerce
à 6000€ par an plus un loyer de 300€ plus la voiture qu’ils leur ont offert pour ses dixhuit ans
à 5990€offrepromotionnelle de l’année 2009qu’ils avaient obtenue en bénéficiant de la
prime à la casse de la voiture de Marine la femme chérie, qui se retrouve sans voiture mais qui
a su profiter d’une occasion de son mari et en acquérir une presque neuve à 5000€ avec un
crédit sur les deux de 275€ mensuels. La situation est insupportable. Et ils ne peuvent rien
dire: que diraient les voisins?!!! Hein! : que diraient les voisins?!!!
La jeune sœur poursuit ses études mais veut rentrer dans un lycée privée qui est
aussi payant.Les charges s’accumulent et ils ne peuvent rien faire... et ils gémissent quand ils
voient ces footballeurs s’en fouttre plein les poches alors que eux envisage de retourner chez
leur parents réciproques plutôt que de sombrer dans l’alcoolisme,la drogue, la délinquance, la
rue, la mendicité !
La vengeance! Soudain! Parcoure son esprit : non! Il ne se laissera pas faire! Il luttera!
Il ne retournera pas chez ses parents! il!
 Des jours et des nuits durant il travaille solitairement sur ses ordinateurs
(achetés à crédits) complotant secrètement contre le monde environnant! Et en plus il venait
juste de faire installer une pompe à chaleur pour la somme modique de 21000€ en bénéficiant
de l’aide de l’état contre le gaspillage énergétique! Les menaces s’accumulent! Il œuvre! Il
travaille! Il calcule! Il essaie! Il tente! Il réfléchit! L’ais je trouvé pense t’il! Aisje trouvé la
vengeance totale?!!!
Maurice Leglu, si tendre, si calme, si bon employé est devenu un monstre. Il
vient d’inventer le virus zéro, le virus qui une fois envoyé par mail détruit tous les
programmes, toutes les informations, tous les systèmes mémoires et rend inutile tous les
ordinateurs ! Il est là dans son atelier fou de joie et de rage! «J’ai trouvé! J’ai trouvé!» . Un
d'acheter de la levure...
chariot...
Un lapin, du thym, de la farine, des œufs... ah! Il ne faut pas que j'oublie
Elle sort de la voiture, regarde autour d'elle, cherchant sur le parking: un
éclair de lucidité éclaire son visage: «je vais l’essayer tout de suite!...».Et il s’envoie un
mail.
PROUT
Porpurotpt!up
pu!t...rouptproP
LE RAVISSEUR
Proutprout ...
Prout prout prout?...
..Prout...ProuetrPuo.t..tt.
Prouettt?...
Pouet pouet prouet...
Prout prout!
Proue...Prout...Proutprout ...
Deux anus s’abordent:Prout, prout!
Elle en trouve un. L’essaye. Une roue se coince. Elle le laisse. En essaye un autre. Il crisse par intermittence. Enfin, celuilà roule parfaitement. De fait: elle sourit,
heureuse d'avoir trouvé ce qu'elle cherche... Elle déteste les chariots qui ne roulent pas bien...
de verres qui s’écartent à son arrivée, elle pénètrePortes automatiques, rideaux
sans effort ni difficulté dans le supermarché.
Cathédrale moderne aux arches cubiques, à la lumière égalisée, couleurs de
réclames et produits qui font effet de rosaces, clarté imposée, normalisée... Sermons
prononcés du haut d'un hautparleur...
Au loin dans un cliquetis de touches, de mécanismes et de paroles muettes
résonne l'Amen de notre temps:
Je paye... je paye...
D'une main elle guide et pousse son chariot, de l'autre elle tient sa liste et lui
jette un coup d'œil par instants...
 Et il avance sur ses petites roues, caisse métallique vide et grillagée.
Remplissant son office, son devoir, au bon vouloir et pouvoir de sa maîtresse ou de son maître
momentané: être rempli...
 Couloirs aux sols lisses, murs de victuailles, chariots qui se croisent et
s'entrecroisent. Et les gens qui se meuvent...
 Parmi des produits amoncelés, un bambin assis dans un chariot regarde sa mère
entasser des boîtes de toutes tailles, des poches plastiques de toutes formes et couleurs. Il
tripote tout cela. Tous ces jouets passagers à la peau appétissante.
 Faudra pas que j'oublie de lui acheter des bonbons, caramels, aime tant, sage à
l'école, gentil, dommage qu'il fasse tant de bêtises, enfin, c'est de son âge... Pourquoi n'en
veutil pas un autre? Le tracas c'est pas pour lui... (Soupir)... le fric! Toujours le fric!... c'est
pourtant mignon un petit, ça ferait de la compagnie à poupon... poupon
Elle sourit
Crèche, irais le chercher
Sourire...
Elle pose un paquet d'oignons dans le chariot, puis elle le dirige vers les
étalages de légumes frais et ensachés et celuici glisse imperceptiblement vers le rayon des
vêtements, d'un coup de poignet et avec fermeté elle le redresse ! Elle prend un paquet de
carottes...
 Et puis un lapin.
 Elle dirige son chariot vers le rayon des viandes conditionnées, il glisse à
nouveau vers les vêtements, comme attiré, aimanté. Elle s'arrête, regarde le chariot puis lève
les yeux et regarde les manteaux, les jupes, les chemisiers, foulards chamarrés... Mouvement
du poignet. Direction les viandes froides entassées par des manutentionnaires vêtus de blanc.
 Faudra bien que je me change ce manteau, lui et sa voiture, tout y passe et moi
je suis là en train de faire des économies. Si j'avais un boulot à temps complet…m'ont bien
dit qu'ils me prendraient bientôt Elle sourit nerveusement.
 Bientôt ! Ça va faire deux ans! Chance d'avoir eu un poste fixe pas celle d'avoir
un autre gosse... continuer les études… Elle palpe et triture et fouille dans ce tas de chairs plastifiées. Cherchant le
lapin désiré avec son poids, son prix, sa date limite de vente et consommation... le lapin qui
l'attend dans un coin du caisson frigorifique, qui l'attend et se cache... elle a du mal à le
trouver puis sous ses doigts il surgit, en ses yeux il lui convient. Il sort et va rejoindre d'un
ultime bond ses camarades végétaux et notamment les carottes, quel hasard...
De la farine, de la levure, pas oublier...
Chariot poussé. Vêtements.S’y dirige, mue par une force inconnue... elle le
retient juste au moment où il entre en contact, par sa structure d'acier brillant, avec un lourd
manteau fait d'une laine épaisse et chaude... elle ne peut s'empêcher de le contempler quelques
secondes, de le toucher, puis, elle serre la barre rouge qui maintient le chariot à ses ordres et le
tourne autoritairement vers l'endroit où se superposent: farines, semoules, purées et féculents
divers...
Chouette ce manteau si je pouvais me le payer!
Elle laisse choir dans la caisse grillagée le paquet de farine recherché.
Des oeufs!
En économisant je pourrais peutêtre, si sur le mois prochain je garde...
Elle s'est immobilisée au milieu d'une allée, toute pensottante. Des gens la
doublent, grognant après cet arrêt gênant la circulation.
Des œufs, ah oui! Des œufs...Œufs et produits laitiers.Le chariot dérape. Elle le retient. Tire de plus en plus fort. Lui, s'échappe. La surprenant ! et va s'échouer contre un sac de cuir aux couleurs fauves.
Elle le sort de cet endroit sans pouvoir s'empêcher de regarder le prix, la forme, les coutures,
la solidité. Sans pouvoir s'empêcher de prendre un instant possession de cet objet par ses sens.
prend une boîte, la pose et prend du beurre, sans reVa aux œufs, garder ni le
prix, ni les dates. Elle lit sa liste et pense au sac, au manteau pendant que son chariot se dirige
vers une île brillante et dorée de métaux travaillés.
Bijoux, cascades de couleurs, colliers, bagues enfilées à un doigt impersonnel
de plastique en attente d'une personnalisation onéreuse. Tire le chariot! Tire dans un sens!
L’attire vers le manteau! Qui l’attire! Le maintient! Serrant la barre d’une main ferme! Dans
l’autre saliste froissée nerveusement!...
Va cogner contre les sacs, ricoche sur les jupes, s'accroche à un foulard,
accrochée à lui.
 Elle le poursuit et il la tire vers un bracelet et elle regarde son prix et le met à
son bras. Elle a juste le temps de l'ôter que le chariot reprend sa course, rebondissant d'objets
tentateurs, de désirs inassouvis en d'insoutenables appels!...
Consommation! Consommation!...
Résonne le glas amplifié électroniquement.
 Jepaye!... rient les disciples modernes de ce culte renouvelé en paye!... je
son évanescence.
Arches cubiques.
Et les hommes et les femmes!
Dards et amandes engourdies, frappent
leurs poitrines portant portefeuilles de leurs poings !
chariot.
Frappent trois coups et signent et payent !
En espèces humaines, froissantes et craquantes!...
Suante et trébuchante elle parvient à orienter vers les caisses de sortie son
Les gens la regardent un instant. Le temps qu'elle paye...
Elle pousse son chariot avec effort. Pose ses marchandises ensachées dans des poches
de plastique opaque dans le coffre de sa voiture.
Puis, d'un coup de poignet elle envoie le morceau de métal roulant rejoindre ses frères
sur les allées du parking.
Croisant d'autres de ses identiques. Tirant d'autres dévots. Poussés par d'autres fervents
pratiquants.
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