faits d'hivers

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Il était une fois une femme jolie et rêveuse qui était écrivain. Elle vivait avec sa famille de nobles ruinés dans un manoir étrange qui semblait copier ses humeurs ou les diriger. Elle, qui n'avait jusque là fait que survoler les viscicitudes de l'existence, va être confrontée à une série noire, ainsi que la vie l'inflige parfois : tourbillon maléfique auquel elle devra faire front sans y avoir été préparée. C'est une histoire de secrets de famille, de désastres et de mort, de destruction mais aussi d'amour et de renouveau : mutation dont l'héroïne ne ressortira pas intacte...
Publié le : lundi 13 juin 2011
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EAN13 : 9782748194548
Nombre de pages : 295
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Titre
Faits d’hiver
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Titre Madeleine Chavy
Faits d’hiver
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
En couverture : Aquarelle représentant un chemin de campagne sous la pluie, Madeleine Chavy © Madeleine Chavy © Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9454-3 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748194548 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9455-1 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748194555 (livre numérique)
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. La solution est dans l’impasse… (Proverbe chinois) À celles et ceux, ils se reconnaîtront, qui m’ont apporté leurs critiques et encouragements dans l’entreprise de cette histoire. Et en souvenir de la Tranchardière. Ce roman est purement fictif : toute similitude avec des personnes ou patronymes serait donc complètement fortuite.
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La 4 l hors d’âge serpentait entre les haies de la départementale ponctuée de bouses. Prise de hoquets, elle cala en plein virage. Éléonore s’acharna sur la clé de contact, l’accélérateur et sans vraiment d’espoir sur le démarreur en lâchant un chapelet de jurons de plus en plus sonores ; par la suite elle se traita d’abrutie car la jauge indiquait un réservoir vide. Elle s’en trouva soulagée, préférant encore cela à n’importe quelle autre panne dont ce tas de rouille menaçait au quotidien. Se battant contre la portière elle s’en extirpa et fila vers le Ponceau parmi les bancs de brouillard. Dans la cour, plus que par des aboiements menaçants, l’absence de lumière l’inquiéta. Elle se saisit d’une fourche posée contre le hangar et, tenant le chien en respect, appela : « Bonnet !… Bonnet ! », priant pour que l’interpellé soit dans les parages et qu’il l’entende au-delà des vociférations du molosse. Il y eut un grincement de freins dans son dos, elle devina
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Faits d’hiver
plus qu’elle ne vit l’homme descendre de vélo tout en enjoignant fortement son animal de la boucler. La bête obtempéra avec le tangible déplaisir des sujets sûrs de leur droit et qui ont fait correctement leur boulot. Fourche et vélo furent remisés dans la grange. Qu’est-ce qu’y se passe, Léo, que tu te perds jusqu’ici ? Viens donc boire un coup. On te voit jamais là : ça s’arrose ! Son salut viendrait de lui et, quoique n’ayant aucune envie de s’attarder, elle n’osa le contrarier. Il en va ainsi avec ses sauveteurs : on ne va pas leur reprocher d’avoir les ongles noirs ou de mal s’exprimer. Ou les deux. D’un geste familier il racla ses pataugas sur la grille du seuil et alluma. Résignée, elle entra à sa suite et alla s’asseoir à la table de formica. Sur le manteau de la cheminée la collection complète de ses livres, dix en tout, était alignée. Au-dessus, un fusil de chasse était accroché et ce voisinage obscurément la gêna. Après avoir lavé et frotté ses larges pognes sur ses jambes de salopette, Bonnet sortit du buffet deux verres à moutarde et une grande bouteille nue : Le ratafia à Maman ! Je connais. Ils trinquèrent : apéritif maison pas souvent de sortie et madérisé avec le temps, mais le whisky n’ayant pas cours ici il fallait faire avec.
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