Faits l'un pour l'autre (Harlequin Prélud')

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Rachel Robinson a un secret. A seize ans, enceinte, elle s’est opposée à tous : à son petit ami qui ne voulait pas qu’elle garde le bébé, et à ses parents qui la poussaient à l’élever. Au comble du désespoir, mais fièrement, elle a pris sa propre décision : mettre l’enfant au monde, puis rompre tout lien avec lui. Cela, pour le mettre à l’abri — mais de quoi ? Rachel est la seule à le savoir. Depuis, elle refuse de s’engager avec un homme, et rompt chaque fois que l’amour vrai entre dans sa vie. Mais les secrets ne peuvent être éternels, et le jour où Devin Freeman ne lui cache ni combien elle l’attire ni combien elle l’intrigue, la jeune femme sent vaciller l’existence trop sage qu’elle s’impose depuis des années.
Publié le : mardi 1 mars 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280254380
Nombre de pages : 320
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Prologue
Hamilton. Nouvelle-Zélande.
Toutes les filles disaient que Steve O’Connell était le garçon le plus canon du campus, et qu’il aurait vraiment fallu être une pauvre gourde pour refuser de sortir avec lui. Et Rachel en avait plus qu’assez qu’on la considère comme une pauvre gourde.
Elle entrouvrit les lèvres, et Steve répondit par un grondement sourd.
Elle avait seize ans et c’était son premier vrai baiser.
Enfin.
Elle en frissonna de bonheur, et Steve s’enhardit… Mais lorsqu’il vint poser sa main sur sa poitrine, elle eut un petit mouvement de recul.
— Ne fais pas ça.
— Je ne peux pas m’en empêcher, protesta-t-il d’une voix rauque. Tu es si belle…
— Ne dis pas n’importe quoi.
Elle savait qu’elle était ordinaire, mignonne tout au plus. Quant à son look…
Elle considérait l’uniforme du collège comme une bénédiction parce que, grâce à lui, elle se fondait dans la masse. Le reste du temps, elle se trouvait obligée d’obéir à l’idée qu’avait sa mère de la tenue d’une jeune fille convenable : un chemisier strict et une jupe plissée marine ou grise. Elle avait d’ailleurs décidé depuis longtemps déjà que, à la seconde même où elle quitterait la maison de ses parents, elle bannirait à jamais de sa garde-robe les chemisiers stricts et les jupes plissées.
— Mais si Rachel, tu es très belle, insista Steve, la voix vibrant d’intensité. Et intelligente et drôle.
Il se rapprocha de nouveau mais dut percevoir sa nervosité parce qu’il s’arrêta aussitôt et lui offrit un sourire si bienveillant qu’elle eut vraiment l’impression de se comporter en petite fille immature. Mais c’était son premier vrai rendez-vous en amoureux, et elle avait accepté, non sans une certaine appréhension, de suivre Steve dans sa Toyota, de l’autre côté du lac Hamilton. Il n’y avait pas vraiment d’alternative possible, et ils n’auraient jamais pu se voir en ville dans un lieu public, de crainte que quelqu’un n’aille la dénoncer à ses parents.
Elle frissonna de nouveau, sachant comment son père réagirait s’il apprenait qu’elle…
Mais certains risques valaient le coup d’être pris, et elle n’en pouvait plus de vivre à des années-lumière du style de vie des adolescents de son âge.
Ils avaient bu de la bière mais elle avait juste fait semblant de boire la sienne par petites gorgées, tout en surveillant Steve d’un œil inquiet. Heureusement, il s’était arrêté après la première canette. Après il lui avait posé des questions sur un tas de sujets, et il avait écouté — vraiment écouté — ce qu’elle lui répondait. Comme si son opinion avait de l’importance pour lui. Alors qu’en général, c’était toujours elle qui écoutait, même avec Chloé, sa meilleure amie.
Steve lui faisait penser à Holden Caulfield, le héros de son livre favori, L’Attrape-Cœurs. A part que Steve, lui, était très beau. Bien sûr elle savait que ce n’était pas l’apparence physique qui comptait, mais… En plus il lui avait dit que c’était son livre préféré à lui aussi. Ce devait être un signe, non ?
Avant de perdre courage elle se pencha vers lui et lui tendit ses lèvres pour un second baiser…
Cette fois-ci, lorsqu’il prit un sein dans sa main, elle le laissa s’y attarder un peu avant de le repousser.
— Il faut vraiment que je rentre, maintenant, dit-elle à regret. J’ai un examen très important demain matin.
Steve ne parut pas s’en offenser, et acquiesça d’un simple hochement de tête avant de démarrer. Et les derniers doutes de Rachel se dissipèrent…
Lorsqu’il la déposa au bout de sa rue, il lui prit la main et la porta à ses lèvres pour y poser un baiser très doux. Elle fut subjuguée par l’élégance suprême de ce geste.
— Je t’en supplie, murmura-t-il d’une voix rauque, dis-moi qu’on va pouvoir se revoir…
Elle lui sourit, trop bouleversée pour pouvoir articuler un seul mot.
Elle était amoureuse.
Même époque. Long Beach, Los Angeles, Etats-Unis
— Tu as bien ta fausse carte d’identité ? demanda Zander.
Devin vérifia dans la poche de son jean et hocha la tête, sans prêter attention à son frère. Les yeux rivés sur la scène, de l’autre côté du bar, il regardait la strip-teaseuse faire son numéro avec la fascination d’un garçon de seize ans.
A cause du caractère détestable de Zander, l’un des guitaristes les avait plantés moins d’une heure avant la représentation, et c’est pour cette raison que Devin se trouvait là, en remplacement de dernière minute. La strip-teaseuse lui fit un clin d’œil, et il rougit violemment.
Puis il vit Zander échanger un sourire avec le batteur et fronça des sourcils, furieux de s’être fait surprendre.
Son frère lui donna un coup de coude.
— Et tu ne dis pas à maman je t’ai amené ici, hein ?
— Tu me prends pour un idiot ou quoi ?
— C’est à voir…
C’est vrai que l’endroit était plutôt miteux. Inquiétant, même. Le genre de bar dans lequel on pouvait s’attendre que les clients se baladent avec un cran d’arrêt. A peine éclairé et empestant la marijuana. Mais Devin s’en moquait éperdument.
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