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Faut il tuer le Chef ?
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Gaëlle Brunetaud
Faut il tuer le Chef ? Comment survivre à l’Entreprise
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9790-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748197907 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9791-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748197914 (livre numérique)
6
. À l’amie qui cherchait le crime parfait À mon père, qui m’a aidé à le trouver À ma grand-mère Colette, qui aime lire la vie entre les crimes
8
PROLOGUE
On entre par un trou étroit, tailladé dans la brique. Tout autour sont taggés des pendus, des hommes décharnés, des corps éventrés – chirurgie à tombeau ouvert. Et puis des signes abscons, figés en rouge, en noir, en vert. L’embrasure ouvre sur un couloir sombre et plein de toiles d’araignées. On se méfie. À ce petit jeu là, d’autres se sont retrouvés en pleine jungle, lancés dans une course d’orientation et pourchassés par des trafiquants d’armes. Nous ne pouvons pas nous parler parce que nous ne pouvons pas nous entendre. Nos voix sont couvertes par les hurlements de balises cardinales métalliques, ces bouées qui font peur aux enfants et dévient la route des marins qui, sans elles, seraient peut-être venus s’écraser contre les rochers. Au fond, une toute petite porte. Nous ne savons pas encore où nous sommes. Nous n’osons ni parler ni bouger. Enfin, quelqu’un finit par ouvrir cette porte. De l’intérieur.
9
Faut il tuer le Chef ?
Après l’angoisse, l’extase. Une salle immense pleine de recoins garnis de coussins en velours vieux rose, rouge ardent, vert bouteille et lie de vin. Des tapis, des vieux fauteuils mous dans lesquels on s’enfonce jusqu’à sombrer, des masques, des plumes, des miroirs et des tableaux dorés. Maria-Callas chante Carmen et enchaîne avec Rigoletto. Les alcôves parfumées abritent des lits à baldaquins couverts de coussins, d’édredons, d’oreillers. On a tellement envie de s’y vautrer que personne n’ose rentrer. Nous ne comprenons pas. Etait-ce l’enfer, figuré dehors ? Et ici, le paradis ? Quel message veut-on nous faire passer ? Les pendus vont-ils ressurgir en criant des alcôves envoûtées ? Je me demande dans quel traquenard nous nous sommes fourrés. Les sociétés qui organisent des séminaires d’entreprise ont une imagination inouïe. Ce n’est ni rêve, ni un cauchemar. Nous sommes une bonne centaine de collaborateurs, rassemblés aujourd’hui par le hasard du recrutement et les lubies de nos dirigeants. Soudain, des cris, une dispute violente, quelqu’un tombe. La cacophonie arrête net nos tergiversations. On nous dit que le chef vient d’être assassiné. Il faut retrouver le coupable. Au plus vite.
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Un pour Un
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