Feuilleton Belgravia épisode 10

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Feuilleton Belgravia épisode 10.

Fabuleuse saga en 11 épisodes à découvrir chaque semaine, dans la tradition de Charles Dickens et de Jane Austen, Belgravia déroule l’histoire d’un secret bien gardé, dans l’un des quartiers les plus somptueux de la capitale anglaise.
Dans les années 1840, au moment où l’aristocratie commence à être concurrencée par une classe émergente d’entrepreneurs nouveaux riches, la société londonienne est en pleine mutation. Mais c’est quelques années plus tôt que commence l’histoire, à la veille de la bataille de Waterloo, en 1815, au bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond à Bruxelles, qui va changer pour toujours le destin d’une famille…
Amours contrariées, intrigues de classes sociales, sans oublier l’importance des domestiques : on retrouve dans ce roman tout le talent et le charme de l’auteur de Downton Abbey.

Publié le : jeudi 9 juin 2016
Lecture(s) : 4
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782709657853
Nombre de pages : 45
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Titre de l’édition originale : JULIANFELLOWESSBELGRAVIA Publiée par Weidenfeld & Nicolson, Grande-Bretagne. Un ebook Weidenfeld & Nicolson.
À l’exception des personnalités historiques, tous les personnages de ce livre sont fictifs, et toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé est purement fortuite.
JULIAN FELLOWES’S est une marque non déposée de Julian Fellowes, utilisée par The Orion Publishing Group Limited sous contrat.
BELGRAVIA est une marque déposée de The Orion Publishing Group Limited.
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© 2016, éditions Jean-Claude Lattès pour la traduction française. Première édition juin 2016.
ISBN : 978-2-7096-5785-3
www.editions-jclattes.fr
DUMÊMEAUTEUR
Snobs, JC Lattès, 2007, nouvelle édition 2016. Passé imparfait, Sonatine, 2014.
Épisode 10
Le passé ressurgit
Dans la bibliothèque du club de l’Armée et de la Marine, situé à St James’s Square, John Bellasis était assis dans un profond fauteuil en cuir et buvait du café tout en lisant pour la première fois lePunch,un nouveau magazine dont il avait beaucoup entendu parler. Vêtu d’un pantalon jaune pâle à la dernière mode, d’un gilet bleu turquoise, d’une chemise blanche et d’une redingote noire, il avait particulièrement soigné son apparence. Cet après-midi-là, il attendait un ami, Hugo Wentworth, et tenait à lui faire bonne impression, afin que ce dernier ne se doute pas qu’il traversait une mauvaise passe.
Wentworth était membre de ce club qui s’était ouvert seulement quatre ans plus tôt, en 1837, année qui avait vu la jeune reine Victoria accéder au trône. En tant qu’officier du e 52 régiment d’infanterie légère, il était éligible, mais John ne l’enviait pas. Comme l’adhésion au club se limitait aux militaires de carrière, John trouvait les conversations des plus plates, lorsqu’il fréquentait les lieux. Quant à la nourriture, elle laissait beaucoup à désirer. Ce n’était pas pour rien que le capitaine Higginson Duff avait appelé le club « The 1 Rag ». Au retour d’une période de service, il avait qualifié le médiocre souper qu’on lui avait servi de «Rag and Famish affair». Or le Rag and Famish était une sordide maison de jeu, bien connue du père de John et tristement célèbre pour ses dîners infects et ses salles d’une propreté douteuse. La remarque était donc insultante. Pourtant les membres avaient choisi de la prendre avec humour et depuis le club avait été surnommé « The Rag ». — Bellasis ! Te voilà ! s’écria Hugo Wentworth d’une voix tonitruante, en pointant John du doigt. Sur ce, il traversa le salon, resplendissant dans son uniforme, et le tapis turc ne suffit pas à étouffer le martèlement de ses lourdes bottes. — John, tu es splendide. Tu as le chic pour t’habiller. — Je t’en prie, répliqua John. Chacun sait qu’aucune tenue civile ne peut rivaliser avec le prestige de l’uniforme, mon cher Hugo. — Dis-moi, est-il trop tôt pour prendre un verre de madère ? — Il n’est jamais trop tôt pour ce genre de choses, répondit John, tout en se demandant combien de temps encore ils devraient échanger des banalités avant d’évoquer l’affaire qui l’avait amené en ces lieux. — Parfait, dit Hugo, puis il fit signe à un serveur, qui s’approcha. Du madère, s’il vous plaît. Pour deux. — Alors, quoi de neuf ? dit John en prenant son mal en patience.
— Je viens juste d’apprendre que je pars pour les Bermudes, annonça Hugo d’un ton plus grave. Je dois dire que ça ne m’enchante guère. Je ne supporte pas la chaleur. Enfin, qui vivra verra… Au fait, j’ai vu l’annonce de tes fiançailles dans leTimes. Félicitations. C’est une jeune femme charmante.
— Oui, j’ai beaucoup de chance.
— Et le mariage est pour quand ?
— Bientôt, je pense.
1. Mot signifiant aussi bien « haillon » que « blague » en anglais.
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