Feuilleton Belgravia épisode 11

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Feuilleton Belgravia épisode 11.

Fabuleuse saga en 11 épisodes à découvrir chaque semaine, dans la tradition de Charles Dickens et de Jane Austen, Belgravia déroule l’histoire d’un secret bien gardé, dans l’un des quartiers les plus somptueux de la capitale anglaise.
Dans les années 1840, au moment où l’aristocratie commence à être concurrencée par une classe émergente d’entrepreneurs nouveaux riches, la société londonienne est en pleine mutation. Mais c’est quelques années plus tôt que commence l’histoire, à la veille de la bataille de Waterloo, en 1815, au bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond à Bruxelles, qui va changer pour toujours le destin d’une famille…
Amours contrariées, intrigues de classes sociales, sans oublier l’importance des domestiques : on retrouve dans ce roman tout le talent et le charme de l’auteur de Downton Abbey.

Publié le : jeudi 16 juin 2016
Lecture(s) : 2
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782709657860
Nombre de pages : 45
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Titre de l’édition originale : JULIANFELLOWESSBELGRAVIA Publiée par Weidenfeld & Nicolson, Grande-Bretagne. Un ebook Weidenfeld & Nicolson.
À l’exception des personnalités historiques, tous les personnages de ce livre sont fictifs, et toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé est purement fortuite.
JULIAN FELLOWES’S est une marque non déposée de Julian Fellowes, utilisée par The Orion Publishing Group Limited sous contrat.
BELGRAVIA est une marque déposée de The Orion Publishing Group Limited.
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© 2016, éditions Jean-Claude Lattès pour la traduction française. Première édition juin 2016.
ISBN : 978-2-7096-5786-0
www.editions-jclattes.fr
DUMÊMEAUTEUR
Snobs, JC Lattès, 2007, nouvelle édition 2016. Passé imparfait, Sonatine, 2014.
Épisode 11
Héritage
Caroline Brockenhurst contempla sa visiteuse avec stupeur. — Je ne comprends pas, murmura-t-elle enfin. Anne n’en était pas surprise. Il s’agissait d’une nouvelle étourdissante. Elle avait longuement réfléchi au meilleur moyen d’exposer la situation et en était venue à la conclusion qu’il valait mieux tout lui relater d’une traite. — Nous savons maintenant que votre fils Edmund était légalement marié à ma fille Sophia avant son décès. Charles Pope est son fils légitime. En fait, il ne s’appelle pas Charles Pope, mais Charles Bellasis et, pour être exact, il est le vicomte Bellasis, héritier de son grand-père. James Trenchard était rentré à la maison ce jour-là au comble du bonheur. Il avait dans la main la preuve qu’il attendait. Ses avocats avaient fait enregistrer le mariage, et il avait été accepté par le Comité des Privilèges. Certes, cette dernière procédure n’était pas encore finalisée, mais les hommes de loi avaient examiné les preuves et ne prévoyaient aucune difficulté. En d’autres termes, il était inutile de garder le secret plus longtemps. Anne avait décidé d’en aviser immédiatement Lady Brockenhurst. Elle s’était donc rendue à pied à Belgravia où elle l’avait trouvée seule. À présent, tout était dit.
Caroline Brockenhurst s’assit en silence, l’esprit agité d’une foule de pensées. Edmund s’était-il vraiment marié sans le leur avouer ? Avec la fille du ravitailleur de Wellington ? Au début, elle ressentit une profonde indignation. Comment une telle mésalliance avait-elle pu se produire ? Cette fille devait être une débauchée. Certes, Sophia était belle. La duchesse, sa sœur, le lui avait maintes fois répété, mais la jeune fille était forcément une intrigante. Puis une vérité plus importante s’imposa à elle. Peregrine et elle avaient un héritier légitime. Un héritier travailleur, talentueux et intelligent. Bien sûr, il devrait abandonner le commerce sur-le-champ, mais cela ne poserait pas de problème. Il pourrait employer ses talents à l’administration de Lymington et de leurs autres domaines. Sans oublier les propriétés de Londres, dont personne ne s’était occupé depuis au moins un siècle. Il aurait tant à faire ! Elle se concentra de nouveau sur sa visiteuse. Toutes deux n’étaient pas amies, pas exactement, mais elles n’étaient pas non plus ennemies. Elles avaient une chose bien trop précieuse en commun.
— Et il ne sait rien ? Charles, je veux dire.
— Non. James voulait s’assurer qu’aucun obstacle ne viendrait tout gâcher.
— Je vois. Eh bien, nous lui enverrons un message demain à la première heure. Venez dîner demain soir. Nous lui annoncerons alors la nouvelle tous ensemble.
— Et Lord Brockenhurst ? Où se trouve-t-il en ce moment ?
— Il est à la chasse. Dans le Yorkshire. Il sera de retour demain, d’après ce qu’il m’a dit. Je vais lui envoyer un télégramme pour lui confirmer de revenir à Londres et de ne pas aller dans le Hampshire. (Elle marqua une pause.) Vous dites que M. Trenchard a réussi à faire enregistrer le mariage, mais comment a-t-il justifié le nom de famille de votre fille sur l’acte
de naissance ?
Anne sourit.
— Un mari est le père légal de tous les enfants nés pendant son mariage.
— Même si le père est mort ?
— Si un enfant naît dans les neuf mois qui suivent le décès du mari, celui-ci est légalement considéré comme le père, même si l’épouse n’a pas pris le nom marital et si l’enfant ne porte pas le patronyme du père.
— Un mari ne peut-il pas répudier un bébé ?
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