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Titre de l’édition originale : JULIANFELLOWESSBELGRAVIA Publiée par Weidenfeld & Nicolson, Grande-Bretagne. Un ebook Weidenfeld & Nicolson.
À l’exception des personnalités historiques, tous les personnages de ce livre sont fictifs, et toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé est purement fortuite.
JULIAN FELLOWES’S est une marque non déposée de Julian Fellowes, utilisée par The Orion Publishing Group Limited sous contrat.
BELGRAVIA est une marque déposée de The Orion Publishing Group Limited.
© The Orion Publishing Group Limited 2016. Tous droits réservés. La reproduction, le stockage et la transmission de cette publication sous quelque forme et par quelque procédé que ce soit, même partiels, sont interdits sans l’autorisation écrite de l’éditeur ; la même condition s’applique à la circulation sous forme reliée ou avec toute autre couverture que celle de l’éditeur.
© 2016, éditions Jean-Claude Lattès pour la traduction française. Première édition juin 2016.
ISBN : 978-2-7096-5786-0
www.editions-jclattes.fr
DUMÊMEAUTEUR
Snobs, JC Lattès, 2007, nouvelle édition 2016. Passé imparfait, Sonatine, 2014.
Épisode 11
Héritage
Caroline Brockenhurst contempla sa visiteuse avec stupeur. — Je ne comprends pas, murmura-t-elle enfin. Anne n’en était pas surprise. Il s’agissait d’une nouvelle étourdissante. Elle avait longuement réfléchi au meilleur moyen d’exposer la situation et en était venue à la conclusion qu’il valait mieux tout lui relater d’une traite. — Nous savons maintenant que votre fils Edmund était légalement marié à ma fille Sophia avant son décès. Charles Pope est son fils légitime. En fait, il ne s’appelle pas Charles Pope, mais Charles Bellasis et, pour être exact, il est le vicomte Bellasis, héritier de son grand-père. James Trenchard était rentré à la maison ce jour-là au comble du bonheur. Il avait dans la main la preuve qu’il attendait. Ses avocats avaient fait enregistrer le mariage, et il avait été accepté par le Comité des Privilèges. Certes, cette dernière procédure n’était pas encore finalisée, mais les hommes de loi avaient examiné les preuves et ne prévoyaient aucune difficulté. En d’autres termes, il était inutile de garder le secret plus longtemps. Anne avait décidé d’en aviser immédiatement Lady Brockenhurst. Elle s’était donc rendue à pied à Belgravia où elle l’avait trouvée seule. À présent, tout était dit.
Caroline Brockenhurst s’assit en silence, l’esprit agité d’une foule de pensées. Edmund s’était-il vraiment marié sans le leur avouer ? Avec la fille du ravitailleur de Wellington ? Au début, elle ressentit une profonde indignation. Comment une telle mésalliance avait-elle pu se produire ? Cette fille devait être une débauchée. Certes, Sophia était belle. La duchesse, sa sœur, le lui avait maintes fois répété, mais la jeune fille était forcément une intrigante. Puis une vérité plus importante s’imposa à elle. Peregrine et elle avaient un héritier légitime. Un héritier travailleur, talentueux et intelligent. Bien sûr, il devrait abandonner le commerce sur-le-champ, mais cela ne poserait pas de problème. Il pourrait employer ses talents à l’administration de Lymington et de leurs autres domaines. Sans oublier les propriétés de Londres, dont personne ne s’était occupé depuis au moins un siècle. Il aurait tant à faire ! Elle se concentra de nouveau sur sa visiteuse. Toutes deux n’étaient pas amies, pas exactement, mais elles n’étaient pas non plus ennemies. Elles avaient une chose bien trop précieuse en commun.
— Et il ne sait rien ? Charles, je veux dire.
— Non. James voulait s’assurer qu’aucun obstacle ne viendrait tout gâcher.
— Je vois. Eh bien, nous lui enverrons un message demain à la première heure. Venez dîner demain soir. Nous lui annoncerons alors la nouvelle tous ensemble.
— Et Lord Brockenhurst ? Où se trouve-t-il en ce moment ?
— Il est à la chasse. Dans le Yorkshire. Il sera de retour demain, d’après ce qu’il m’a dit. Je vais lui envoyer un télégramme pour lui confirmer de revenir à Londres et de ne pas aller dans le Hampshire. (Elle marqua une pause.) Vous dites que M. Trenchard a réussi à faire enregistrer le mariage, mais comment a-t-il justifié le nom de famille de votre fille sur l’acte
de naissance ?
Anne sourit.
— Un mari est le père légal de tous les enfants nés pendant son mariage.
— Même si le père est mort ?
— Si un enfant naît dans les neuf mois qui suivent le décès du mari, celui-ci est légalement considéré comme le père, même si l’épouse n’a pas pris le nom marital et si l’enfant ne porte pas le patronyme du père.
— Un mari ne peut-il pas répudier un bébé ?