Feuilleton Belgravia épisode 3

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Feuilleton Belgravia épisode 3.

Fabuleuse saga en 11 épisodes à découvrir chaque semaine, dans la tradition de Charles Dickens et de Jane Austen, Belgravia déroule l’histoire d’un secret bien gardé, dans l’un des quartiers les plus somptueux de la capitale anglaise.
Dans les années 1840, au moment où l’aristocratie commence à être concurrencée par une classe émergente d’entrepreneurs nouveaux riches, la société londonienne est en pleine mutation. Mais c’est quelques années plus tôt que commence l’histoire, à la veille de la bataille de Waterloo, en 1815, au bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond à Bruxelles, qui va changer pour toujours le destin d’une famille…
Amours contrariées, intrigues de classes sociales, sans oublier l’importance des domestiques : on retrouve dans ce roman tout le talent et le charme de l’auteur de Downton Abbey.

Publié le : jeudi 21 avril 2016
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782709657785
Nombre de pages : 45
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Du même auteur

Snobs, JC Lattès, 2007, nouvelle édition 2016.

Passé imparfait, Sonatine, 2014.

Épisode 3

Liens de sang

Lymington Park n’était pas le fief le plus ancien de la dynastie Bellasis, mais c’était incontestablement le plus illustre. Les premiers membres de la lignée appartenaient à l’aristocratie terrienne et vivaient dans un modeste manoir du Leicestershire. Au début du xviie siècle, grâce au mariage d’un Bellasis avec une riche héritière, le domaine de Hampshire entra dans la famille, qui prit dès lors ses quartiers à Lymington, dans le sud de l’Angleterre. Puis, au plus fort de la Première Révolution anglaise, le roi Charles Ier leur promit un comté en échange des fonds dont il avait tant besoin. Cette promesse fut honorée par le fils du monarque décapité, revenu triomphalement sur le trône à l’époque de la Restauration. Le deuxième comte décida que la demeure n’était plus appropriée à leur rang et voulut faire édifier un immense palais palladien par William Kent. Mais un revers de fortune au début de l’Empire ne lui permit pas d’achever ce projet. Finalement, le grand-père du comte actuel sollicita les services de George Stewart dans les années 1780 pour agrandir le manoir d’origine. Il en résulta une demeure que l’on ne pouvait qualifier de chaleureuse, encore moins de confortable, mais qui respectait la tradition et convenait à leur rang.

Ainsi, lorsque Peregrine Bellasis, cinquième comte de Brockenhurst, traversait son grand salon, s’installait dans sa riche bibliothèque, le chien à ses pieds, ou montait l’escalier où s’alignaient les portraits de ses ancêtres, il avait le sentiment de vivre dans une demeure digne de sa noble et ancestrale lignée. Son épouse, Caroline, était parfaitement à même de la diriger, ou du moins d’engager des gens de maison compétents, et même si son enthousiasme pour la propriété, comme les autres plaisirs de son existence, avait disparu dans la tombe avec le corps de son fils, elle savait parfaitement faire illusion et tenir son rôle de comtesse.

Mais ce matin-là, son esprit était ailleurs. Elle remercia Dawson, sa femme de chambre, qui venait de déposer le plateau du déjeuner sur ses genoux, tout en regardant un troupeau de daims se déplacer gracieusement dans le parc sous ses fenêtres. Elle sourit et l’étrangeté de la sensation la saisit.

— Tout va bien, madame ? demanda Dawson avec une pointe d’inquiétude.

Caroline acquiesça.

— Tout à fait bien. Merci, Dawson. Je vous sonnerai dès que je serai prête à m’habiller.

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