Feuilleton Belgravia épisode 7

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Feuilleton Belgravia épisode 7.

Fabuleuse saga en 11 épisodes à découvrir chaque semaine, dans la tradition de Charles Dickens et de Jane Austen, Belgravia déroule l’histoire d’un secret bien gardé, dans l’un des quartiers les plus somptueux de la capitale anglaise.
Dans les années 1840, au moment où l’aristocratie commence à être concurrencée par une classe émergente d’entrepreneurs nouveaux riches, la société londonienne est en pleine mutation. Mais c’est quelques années plus tôt que commence l’histoire, à la veille de la bataille de Waterloo, en 1815, au bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond à Bruxelles, qui va changer pour toujours le destin d’une famille…
Amours contrariées, intrigues de classes sociales, sans oublier l’importance des domestiques : on retrouve dans ce roman tout le talent et le charme de l’auteur de Downton Abbey.

Publié le : jeudi 19 mai 2016
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EAN13 : 9782709657822
Nombre de pages : 45
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Du même auteur

Snobs, JC Lattès, 2007, nouvelle édition 2016.

Passé imparfait, Sonatine, 2014.

Épisode 7

Un homme d’affaires

Lorsque la calèche de Lady Brockenhurst s’arrêta devant la maison d’Eaton Street, la curiosité d’Ellis était à son comble. Postée à la fenêtre du dressing-room de Mme Trenchard, elle embuait la vitre de son souffle, sans perdre une miette de la scène qui se déroulait sous ses yeux. La comtesse, coiffée d’un élégant chapeau à plumes, une ombrelle à la main, se pencha pour donner des instructions au cocher. À côté d’elle, protégée du soleil cuisant par une délicate ombrelle à franges, se trouvait Lady Maria Grey. Elle portait une jupe à rayures bleu clair et blanc, rehaussée d’une veste cintrée de style marin. Son visage était encadré d’un chapeau du même bleu, agrémenté d’un ruban de dentelle couleur crème. En bref, Maria était superbe, ce qui était l’effet recherché. Les deux dames attendirent dans la voiture pendant que le postillon allait sonner à la porte.

Ellis savait qu’on venait chercher sa maîtresse, aussi descendit-elle l’escalier promptement, avec tout ce qui lui serait nécessaire. Mme Trenchard l’attendait déjà dans le vestibule.

— Aurez-vous encore besoin de mes services ce matin, madame ? demanda l’employée en l’aidant à enfiler une pelisse verte.

— Non, merci Ellis.

— J’espère que vous vous rendez dans un lieu agréable, madame.

— Je le pense, oui.

Anne était trop absorbée par sa journée à venir pour prêter attention à la question.

De plus, elle avait réussi à cacher sa destination à James, elle n’allait donc pas la donner à sa femme de chambre.

Bien sûr, Ellis se doutait du lieu où elles se rendaient, mais elle aurait aimé en avoir la confirmation. Mais elle ne laissa rien paraître de sa frustration.

— Eh bien, madame, je vous souhaite une bonne journée.

— Merci.

Anne fit signe au valet de pied, qui ouvrit la porte. Elle aussi avait une ombrelle, en cas de besoin. Elle était fin prête.

Lady Brockenhurst et Maria lui sourirent quand elle monta dans la calèche. Maria avait changé de place pour s’asseoir à côté d’elle, dos aux chevaux, un geste d’une grande courtoisie à l’égard d’une femme de rang inférieur, qui toucha Anne. Apparemment, rien ne pourrait gâcher cette journée. La comtesse n’était pas la personne qu’elle appréciait le plus au monde, mais toutes deux avaient une chose en commun – aucune ne pouvait le nier – et aujourd’hui, elles allaient en un sens célébrer cela.

— Êtes-vous sûre d’être bien installée, ma chère ? s’enquit la comtesse, et Anne acquiesça d’un signe de tête. Alors allons-y.

Le cocher prit les rênes et la voiture se mit en branle.

Caroline Brockenhurst avait décidé de se montrer agréable avec Mme Trenchard. Comme Anne, elle était impatiente de revoir son petit-fils et ressentait plus que jamais de la pitié pour cette femme dont l’existence était sur le point d’être anéantie. Il ne faudrait pas longtemps pour que l’histoire éclate au grand jour, après quoi la mémoire d’Edmund serait sans doute plus chérie encore, tandis que celle de Sophia Trenchard s’en trouverait salie. C’était triste, assurément. Même elle en avait conscience.

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