Feuilleton Belgravia épisode 8

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Feuilleton Belgravia épisode 8.

Fabuleuse saga en 11 épisodes à découvrir chaque semaine, dans la tradition de Charles Dickens et de Jane Austen, Belgravia déroule l’histoire d’un secret bien gardé, dans l’un des quartiers les plus somptueux de la capitale anglaise.
Dans les années 1840, au moment où l’aristocratie commence à être concurrencée par une classe émergente d’entrepreneurs nouveaux riches, la société londonienne est en pleine mutation. Mais c’est quelques années plus tôt que commence l’histoire, à la veille de la bataille de Waterloo, en 1815, au bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond à Bruxelles, qui va changer pour toujours le destin d’une famille…
Amours contrariées, intrigues de classes sociales, sans oublier l’importance des domestiques : on retrouve dans ce roman tout le talent et le charme de l’auteur de Downton Abbey.

Publié le : jeudi 26 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782709657839
Nombre de pages : 45
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Couverture : Julian Fellowes Belgravia
Page de titre : Julian Fellowes Belgravia

Du même auteur

Snobs, JC Lattès, 2007, nouvelle édition 2016.

Passé imparfait, Sonatine, 2014.

Épisode 8

Ressources passées et futures

Au moment d’entrer chez ses parents, John Bellasis s’arma de courage. Il ne savait pas au juste pourquoi la maison de Harley Street lui déplaisait tant. Peut-être parce qu’elle faisait si piètre figure, comparée au splendide palais de sa tante à Belgrave Square, et lui rappelait que ses origines n’étaient pas aussi distinguées qu’elles auraient dû l’être. Ou peut-être était-ce seulement parce que ses parents l’ennuyaient à mourir. C’étaient des gens insipides, sans éclat, englués dans des problèmes qu’ils se créaient eux-mêmes, et à vrai dire il lui tardait parfois que son père quitte la scène, ce qui aurait fait de lui l’héritier direct de son oncle. Quelle qu’en soit la raison, une certaine lassitude l’envahissait dès qu’il pénétrait en ces lieux.

Une invitation à déjeuner chez ses parents n’excitait guère son enthousiasme et, d’habitude, il aurait inventé quelque prétexte pour y échapper : rendez-vous urgent, obligations auxquelles il ne pouvait se dérober. Mais il était une fois de plus en manque d’argent, aussi n’avait-il pas d’autre choix que de se montrer courtois envers sa mère, qui faisait toujours preuve d’indulgence à son égard et lui refusait rarement quoi que ce soit. Il ne s’agissait pas d’une grosse somme, mais il avait besoin d’un petit supplément pour tenir jusqu’à Noël, sans compter qu’il lui faudrait aussi rémunérer Ellis et Turton. En l’occurrence, c’était un bon investissement, se disait-il avec confiance. Une petite mise de départ, qui lui rapporterait gros ; du moins l’espérait-il.

Il ne savait pas exactement quelles informations le majordome et la femme de chambre pourraient glaner, mais son instinct lui disait que les Trenchard cachaient quelque chose. Tout éclaircissement au sujet de Charles Pope et de ce qui le liait à eux serait donc le bienvenu. John comptait davantage sur le majordome, dont la vénalité ne lui avait pas échappé ; c’était une prédisposition qu’il repérait facilement. En outre, Turton jouissait d’une plus grande liberté de mouvement chez les Trenchard que celle d’une simple femme de chambre. Il pouvait rôder à sa guise dans la maison et avait donc plus de chances de mettre la main sur des éléments-clés, qui resteraient hors de portée de la petite domesticité. Le territoire d’une femme de chambre était nettement plus réduit. Bien sûr, lors de leur rencontre, quand John lui avait suggéré de fouiller dans les papiers de M. Trenchard, Turton avait feint l’indignation mais, là encore, il était stupéfiant de voir combien une offre de six mois de gages pouvait être convaincante.

En entrant dans le petit salon situé à l’avant de la maison, John trouva son père en pleine lecture du Times, assis sur une chaise à haut dossier près de la fenêtre. Il avait encore l’espoir d’échapper à ce morne déjeuner familial, s’il pouvait trouver sa mère et aborder sans détour avec elle cette question financière. Encore fallait-il qu’elle soit à la maison.

— Mère n’est pas là ? demanda-t-il en parcourant la pièce du regard.

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