Folies de Dieu le Diable

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Gustave Borgewells a-t-il existé? Si c'est le cas, l'auteur lui ressemble probablement par quelque procédé d'une intimité complexe... Les folies sont un abrégé des forces déchirant Borgewells et l'auteur, dans ce carnet supposé, de nombreux textes indisciplinés se suivent et se soutiennent. On croit y deviner la présence de Gustave Borgewells remâchant ses idées grises dans quelque indistinct creuset. Creuset d'une création plus que jamais cruelle. Les Folies sont le premier des carnets de Gustave Borgewells.
Publié le : vendredi 9 novembre 2007
Lecture(s) : 43
EAN13 : 9782304002362
Nombre de pages : 133
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Folies de Dieu le Diable
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Manuel Grisel
Folies de Dieu le Diable
Liqueur d'Histoires
Nouvelles
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00236-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304002362 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00237-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304002379 (livre numérique)
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. Bienvenue. Bonjour. Salut. Hé !Dieu, cherchant à débuter son Œuvre.
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PRÉAMBULE,OU LAPERÇU DUN CARNET
Je n’ai pas un mot à dire. Je n’ai pas un mot à dire sur ce qui fut, que fut, que fit Borgewells. L’illustre Borgewells. Quelques croquis pris sur le mort perpétuaient l’espèce, et la douleur ravivée de son commencement, ici, sur le blanc marbre de la page, la dernière, qui saluait le maître. La disparition du maître. La page, vierge, commençait le domaine indicible de l’homme qui poursuivait l’auteur, et c’est là, curieusement, furieusement, qu’un plus susceptible induisait la plus miraculeuse des présences, dans la traînée silencieuse du verbe du dieu détruit. Je n’ai pas un mot à dire sur l’exemplaire du texte aujourd’hui parcouru. Depuis quelques heures, je peux dire Je en toute connaissance de cause. C’est un geste avenu, cousu, su ; un geste revenu. Des entrailles à nu de la chose recalcifiée s’élève la brûlure d’un fumet lent. Soufre et poudre de sang.
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Folies de Dieu le Diable
J’ai l’exemplaire entre les mains, et le calame en mesure : écrire pourfend l’histoire. L’exemplaire est un petit carnet, culture d’annotations plus ou moins mûries, où l’on distingue les tout premiers jalons de l’œuvre à venir, et qui deviendra Borgewells. L’exemplaire entre les mains, qui me confère l’exemple. C’est la fenêtre ouverte sur la chose, où les traits devinés sont encore épatés. Leur grossièreté fait la netteté de l’interprétation. La chose est cultivée à l’image, déjà, du livre lustral qui baignera l’imagination stupide des lecteurs, qui commencera virginale et finira livide. Prix de deux pâleurs, l’œuvre râle, et l’œuvre au fond détale. La fuite est infinie, tout au moins d’une mesure qui nous échappe. Messieurs, voici, voici là l’initialement-obsolète premier prix en petit plat du majeur enfugueur de las. De toutes discordances, aucune ne manqua. Les voici réunies, en ce manoir géant, devisant du bon prix venu du plus offrant. Il fait soir, chers amis, convives, dites : à sept heures – tenez, gobez-en l’aperçu, je ris, j’en ris, j’en suis – vous le prendrez. Borgewells est à vous, peut-être, enfin, déjà : quoi qu’il en soit, misez vos sous, et admirez ! Borgewells était livré, pieds et points rimés. Et j’en fus, des lieurs. Ce soir-là, je volai l’opuscule au plus offrant, d’un coût de poing dans la mâchoire. Qui m’aurait damné ?
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