Fortune, amour et gloire

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Les malheurs d’un trentenaire, une jeune femme perdue. La déchirure de deux êtres pourtant faits l’un pour l’autre. Une société qui déraille et des événements incongrus. Ce récit vous plonge dans le fabuleux destin de Pascal Dugrain. Prêt à tout pour reconquérir l’élue de son cœur, le bonhomme fuit, survit et vit, tout simplement… S’il y avait une peau de banane au coin d’une rue, il glisserait dessus et retomberait sur la tête. Si les commerciaux disparaissaient, il ne serait pas tant méfiant. Si les femmes n’existaient plus, il s’ennuierait davantage. S’il n’appréciait pas l’existence, il s’en moquerait moins souvent.
Publié le : jeudi 10 mai 2012
Lecture(s) : 24
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748384604
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748384604
Nombre de pages : 232
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Charly Mour
FORTUNE, AMOUR ET GLOIRE
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117629.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
I Le train roulait vers la capitale depuis de longues heures. Pascal Dugrain sétait installé dans une voiture de seconde classe. Sa tête était appuyée contre la vitre. Malgré le vacarme général, il sendormit, plongé dans une sorte dintemporelle obscurité. Le visage dAngélique Maupat, son seul et unique amour, apparut soudain. Elle lui sourit et lui tendit la main, linvitant à le rejoindre dans la pénombre qui les entourait. Doucement, Pascal Dugrain la suivit. Il sentit le poids de son corps accompagner ses pas. Le couple sengouffra dans les ténèbres silencieuses. Ils étaient libres. Rien ni personne ne semblait pouvoir les séparer.
* * *
La région où Angélique et moi avions grandi était semblable à toutes les autres régions situées en campagne profonde. Il ny avait ni cinéma, ni parc dattraction, ni discothèque, rien de vraiment comparable aux agglomérations. La jeunesse avait pour habitude dy végéter.Notre beau village était très calme mais depuis quun nouveau maire y avait élu domicile, un chantier monumental se développait. Le centre-ville fut complètement rénové. Tout près de léglise, le maire nous gratifia dune intrigante fontaine en bronze aux formes contemporaines et atypiques. Les routes furent regoudronnées, de petits pavés y furent placés, et beaucoup de fleurs vinrent embellir lensemble de la cité. La population campagnarde était totalement comblée par les transformations de leur village.
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FORTUNE, AMOUR ET GLOIRE
Je venais de fêter récemment mes vingt ans, jétais bien dans ma peau mais pas pour autant épanoui. Javais toujours été un peu rondouillard, je mesurais un petit mètre soixante-dix, je commençais déjà à perdre mes cheveux, et ma sévère myopie me contraignait à porter dépais binocles qui me conféraient un certain air dintellectuel non déplaisant. Jusque-là, la vie ne mavait pas encore réservé de bonnes surprises sur le plan sentimental. Pourtant, jattendais patiemment mon tour, convaincu quil allait finir par arriver. Un été, la canicule sétait emparée de la région. Nous suffoquions terriblement sous des températures avoisinant les quarante degrés. Accablé, je transpirais malgré le déodorantdont les publicités vantaient pourtant les mérites à outranceappliqué sous mes aisselles humides. Ne pouvant échapper à ces satanéesauréoles ayant le don de faire fuir les femmes, je mastreignais chaque jour à limiter ma gestuelle pour ne pas compromettre déventuelles chances de séduction. Comme tous les soirs, le bistro le plus convivial du village attirait les habitants désireux de se distraire. Cétait le seul bar où la musique nétait pas trop forte et supportable. Les garçons pouvaient y jouer au baby-foot ou au billard, et les filles dansaient dans leur coin, accompagnées de leurs occasionnels cavaliers. Je décidai de my rendre pour décompresser de ma pénible journée, seulement auparavant, il me fallait retirer de largent à un distributeur de billets. À quelques pas du centre-ville, dans une ruelle déserte, alors que jintroduisais ma carte dans la machine, un gamin me tapa sur lépaule. Le gosse devait avoir une dizaine dannées. Ses lèvres volumineuses nétaient pas en harmonie avec son visage dur, et son allure de timide bohème lui conférait un air inquiétant. Je demandai au môme ce quil voulait mais il resta muet. Soudain, il sortit un couteau et me menaça. Sur le moment, je ne sus que faire. Jétais tenté de prendre la fuite cependant le petit naurait sans doute pas peiné à me rattraper pour me faire la peau. Il saisit les billets qui sortirent du
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distributeur tandis que je le regardais affolé. Je pensais que le gamin allait senfuir sans mennuyer davantage, pourtant, il me mit un violent coup-de-poing dans la figure. Je mécroulais au sol. Mes lunettes heurtèrent le bitume. Je sentis une vive douleur à la tempe. Ce fut le noir le plus total pendant quelques secondes. Le voyou choisit ce moment pour disparaître lâchement avec tout largent. Personne ne le repéra. Je ramassai mes binocles déformés et les remis sur mon nez. Je me sentais humilié et ridicule. Je navais pas su me défendre face à ce gosse, terrorisé par sa lame tranchante. Je me demandais bien pourquoi les voyous sen prenaient si souvent à moi. Ce nétait pas la première fois que je me faisais agresser. Certes je naimais pas me bagarrer et je baissais la tête chaque fois que je croisais un groupe de rebelles, mais mon comportement ne pouvait pas tout expliquer. Je cherchai des réponses mais nen trouvai pas la moindre. Jen conclus que mon karma devait être la cause de cet acharnement. Je payais le prix de mes vieilles filouteries. Je constatai lénorme hématome autour de mon il et me résignai à retourner vers ce maudit distributeur. Je marchai doucement en direction du bar, mes dernières pièces en poche. Ce fut dans ce lieu que je rencontrai Angélique pour la première fois. Assise seule à une table, passant la main dans ses cheveux raides et blonds, elle semblait perdue dans ses pensées. Quant à moi, je sirotais un jus de fruits, tranquillement accoudé au comptoir depuis lequel je lépiais. Sa beauté mavait charmé mais jétais incapable de me diriger vers elle. Mes petites jambes refusaient manifestement dobéir aux exigences que leur imposait mon cur. Je me contentai alors de la regarder. Mon coquard attira lattention du barman, puis celui de certains clients, et finalement, il finit par éveiller lintérêt dAngélique, qui mobserva avec de grands yeux ébahis.  Tas une sacrée gueule ! me dit-elle. À cet instant, mon il au beurre noir, ma silhouette bedonnante et mon petit ventre rond dut certainement lui évoquer un animal étrange de la famille du Panda. Malgré la
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souffrance que jendurais, il nétait pas question de me laisser attendrir par ses magnifiques yeux bleu azur et son sourire irrésistible. En réalité, Angélique ignorait à qui elle avait affaire. Les moqueries ou tentatives de déstabilisation ne maffectaient pas. Le fait quelle se soit ainsi adressée à moi mavait donné du courage. Je terminai le fond de ma boisson, la laissai sur le rebord du bar, puis me dirigeai vers elle sans dire un mot. Nerveux, dans un élan de folie, je massis à sa table.  Et la tienne, elle tinspire quoi ? lui répondis-je afin de tester sa réaction. Cest alors quAngélique se mit à sourire de plus belle, pour mon plus grand plaisir. Qui ta fait ça ? reprit-elle dune voix mielleuse. Déjà suffisamment mal à laise, je nosai pas lui répondre. Lui avouer quun enfant venait de magresser maurait fait passer pour un jeune homme fébrile, incapable de la protéger, ce qui naurait pas été du meilleur effet. Je baissai la tête, gêné.  Tu fais partie de cette minorité de mec battu par leur copine ? ajouta-t-elle. Je compris quAngélique était une femme intelligente et pleine dhumour. Jen fus ravi. Je redressai timidement le visage et enchaînai.  Je nai pas de copine, mais ça ne mempêche pas dêtre fier de ma vie, que je trouve au passage, très intéressante. Ce mensonge mavait permis détablir les prémices dune longue, tumultueuse et passionnante relation avec lamour de ma vie.
* * *
Pour dire la stricte vérité, jétais loin dêtre satisfait de la vie que je menais. Dun tempérament indiscipliné, je ne voulais rien faire comme tout le monde. Après avoir décroché avec brio mon bac à dix-sept ans, je me privai des études que mes parents ne pouvaient pas me payer avec leurs modestes revenus dagriculteurs. Je dus accumuler les petits boulots pour me
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