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Fuite en avant

De
113 pages
L'histoire d'un quidam paumé dans une société qu'il trouve perdue ! Heureusement il a de petites joies, mais qui hélas sont altérées par d'irrévocables chagrins ! "Trois heures du matin, la pluie s'abat sur le parvis. Comme d'habitude, comme toujours, comme jamais. La prochaine fois un imper, puis basta. Passer pour un con et après, rien, comme hier. Puis pas de ciré, la pluie ne dure pas ici rien ne dure jamais longtemps dans la vie ni la haine ni l'amour, ou plutôt si une chose la mort est éternelle heureusement. La vie oui une fois comme ça pour essayer, mais on ne m'y reprendra plus."
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2 Titre
Fuite en avant

3Titre
Stephane Puille
Fuite en avant

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01094-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304010947 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01095-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304010954 (livre numérique)

6 . 8






Trois heures du matin, la pluie s’abat sur le
parvis. Comme d’habitude, comme toujours,
comme jamais. La prochaine fois un imper, puis
basta. Passer pour un con et après, rien, comme
hier. Puis pas de ciré, la pluie ne dure pas ici
rien ne dure jamais longtemps dans la vie ni la
haine ni l’amour, ou plutôt si une chose la mort
est éternelle heureusement. La vie oui une fois
comme ça pour essayer, mais on ne m’y
reprendra plus. Trois heures dix à cette montre
achetée dans un magasin. Une grande enseigne
vous savez de celles qui vous vendent le
bonheur à une tune en tête de gondole. La
pilule miracle pour mincir pour l’été, que les
méméres emperlousées puissent mouiller la soie
fine de leur lingerie coquine, au contact d’un
jeune Italien percé et gominé. L’autre rayon
celui d’à côté, celui où s’étalent les produits bio.
Connerie, foutaise, baliverne, l’eau qui tombe
n’est pas bio, alors expliquez-moi je veux savoir
je ne veux pas mourir con. Mais il y en a tant
d’autres, des rayons. La galerie de la mort,
l’étalage infernal, les vitrines poly-phosphatées,
que sais-je encore. Je n’y connais rien à leur
9 Fuite en avant
singerie byzantine, bleue, jaune, verte !
Finalement c’est la féerie moderne les supers,
hypers. Hier c’étaient les marchands de coco
dans les squares qui faisaient rêver les gosses.
Mais à force d’être ignorés, ils ont disparu du
paysage, rayés, finis, tout comme les marchands
de ballons. Pauvres mômes il leur reste la Star
Ac’et la Nouvelle Philosophe Loana ! Terrible !
La montre a pris l’eau, toujours les tics, mais
plus de tac. Tic… Tic… Tic… Mieux vaut une
montre arrêtée au moins elle est à l’heure deux
fois par jour. On va dire trois heures trente pas
d’importance, non aucune ! Que vais-je faire,
pas un bistro pour noyer sa honte dans un
alcool trop fort, et surtout très mauvais. Mais
bon peu importe le flacon pourvu qu’il y ait
l’ivresse. Histoire d’oublier cinq minutes.
Oublier quoi au fait ? La vie, pas besoin, elle
s’oublie d’elle-même. La mort on oublie jamais
on s’habitue c’est tout. M’oublier moi, voilà ce
qu’il faut que j’omette de ma tête. Il va falloir
boire plus que d’habitude alors chouette, j’aime
bien ! Vous n’aimez pas vous, prendre une
cuite, et vomir dans une gerbe immense au pied
de la statue d’un maréchal de France ? Non ?
Menteur ! Bande de lâches ! Salauds de pauvres
d’esprit. Où vais-je bien pouvoir me finir, plus
de troquet. Plus de pote debout à cette heure-ci,
ils bossent demain les gueux, pour être raides
comme des piquets le vingt du mois. Ça
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s’appelle la vie. L’homme jusqu’à cinq ans croit
au Père Noël ensuite il va voter. Moi je vous le
dis tout ça finira mal, un jour l’homme ne
voudra plus vivre. À peine né il se laissera
crever pour ne plus subir toutes ces avanies, ces
brimades, ces saloperies. Encore mieux ne pas
naître. Une solution, la solution ! Partir c’est
mourir un peu, mourir c’est partir beaucoup.
Trois heures quarante cinq sans doute, me voici
dans la rue des Petites-Vertus. Il y a encore de-
ci de-là quelques vendeuses d’amour, plus très
fraîches, plus très fiables. Elles ne pratiquent
plus que le furtif de la porte cochère. Pour un
demi-rouquin, ou une poignée de piastres, cette
créature de rêve vous retire à tout jamais le goût
du sexe et de l’humanité. Bizarre… il y en a une
pas comme les autres sous l’enseigne du bar hic.
Jeune pas vulgaire, étrange… pourtant si, elle
tapine, comment expliquer sinon sa présence en
ces lieux. Sans doute une Slave à qui on a vendu
du rêve : casting, mannequinat, argent, réussite.
Résultat elle se tape des pue-la-sueur qui rêvent
de plaisirs chimériques que leur femme leur
refuse. On ne sait pourquoi. La présence de
cette poupée russe fait plaisir à l’œil ! Il est au
moins quatre heure du mat’, où vais-je, à gauche
pour rallier le bar de l’Auvergnat qui ouvre à
cinq plombes et m’y jeter un verre de gnôle, un
brûle-boyaux que seuls les infâmes ivrognes,
comme moi, peuvent avaler dans leurs glottes
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