Gil

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L’été de ses dix-huit ans, un jeune pianiste reconnaît une chanson que diffuse un autoradio. Il se met à chanter.
Une voix monte, des orages éclatent.
Publié le : mercredi 31 décembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782818021255
Nombre de pages : 240
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Gil
DUMÊMEAUTEUR
Les merveilles du monde, P.O.L, 2007 Georges Aperghis. Avis de Tempête, Intervalles, 2007 Le Patron, P.O.L, 2009 Carrare, P.O.L, 2011
Célia Houdart
Gil
P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris 6
Pour l’écriture de ce livre, l’auteur a bénéficié d’une bourse de création du Centre national du Livre et du programme Missions Stendhal.
© P.O.L éditeur, 2015 ISBN : 9782818021248 www.polediteur.com
Orfeo che trasse al suo cantar le fere
Orphée qui de son chant apprivoisa les bêtes féroces
1.
La route depuis la gare dessinait un long trait net à travers la forêt. Du vent agitait doucement la cime des arbres et courbait les ronces. Soleil haut, nuages épars. Le goudron tacheté de pastilles jaune pâle et d’ombres mouvantes exhalait une odeur de solvant que Gil trouva acide. La signalétique au sol venait d’être retracée en blanc luminescent et l’on pouvait encore voir l’axe du marquage tracé à la craie. Sur le bascôté, une fine bande magnétique de cassette audio sortie de son boîtier et accrochée à une branche laissait flotter ses longs cheveux bruns brillants audessus d’un parterre de fougères.
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Gil attendait d’avoir dépassé le rond point avant de s’engager dans la forêt. Le sac en plastique rigide dont il serrait la poi gnée, en se balançant, lui piquait les mollets à travers la toile de son pantalon. Les champs de blé et de colza, le crépi clair des ensembles pavillonnaires, le mou vement de houle des câbles arrêté par la brusque plongée dans le noir d’un tunnel, toutes les images qui s’étaient formées lors du trajet en train sur la rétine des yeux de Gil s’interposaient encore entre le paysage et lui. Une moto traversa le rondpoint. Le motard était un homme de petit gabarit, vêtu d’une combinaison de cross avec plas tron, protègecoudes et genoux. Son visage était caché par une visière gris fumé. Il rou lait à faible allure, ajusta d’une main gantée son casque en tirant sur la mentonnière. Gil prit la direction de Thomery et un chemin sur la droite qui était un raccourci vers le village. Le sol sablonneux était tapissé de plantes sèches et odorantes. De minuscules mouches et des papillons bleus à reflets de métal se posaient sur les fleurs.
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