Gribouillis de pensées

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« Je voudrais relater le bonheur, les instants qui pétillent, qui vous poussent à vivre et qui inexorablement vous comblent de quiétude, d’harmonie.
Je voudrais un livre simple, léger...
Je voudrais vous donner à vivre un instant de pur bonheur et voir briller dans vos yeux lorsque vous refermerez ce livre, une esquisse de sourire et cette soif de vivre qui m’oppresse.
Je ne veux pas de larmes ! Aucune larme... ».


Publié le : jeudi 12 juin 2014
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EAN13 : 9782332689528
Nombre de pages : 326
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ISBN numérique : 978-2-332-68950-4
© Edilivre, 2015
Des mots pour panser mes maux…
A Thierry, A Philippe G.,
dicace
Préface par le Docteur Bourceau
Mino DERIVE quel drôle de nom !
« DERIVE ; comme un bateau emporté par le courant »… mais Mino ne divague pas, elle tire des bords, ne se perdra pas. Elle n’a pas voyagé, mais son voyage à elle est plus riche de tous les problèmes de notre société. Elle constate, analyse et s’engage. Sa planète est organisée par la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, valeurs chères aux traditions familiales et à son Languedoc natal. Elle vous emmènera dans un voyage sincère, celui de l’humain dans son intimité, dans notre intimité. Acteur passager de cette existence hors norme, je témoigne : Julie existe, on ne peut l’oublier. Médecin généraliste, habitué dans son cabinet, aux plaintes qui se dévident, aux douleurs qui se répandent, Mino, elle, est droite, directe dans son corps tordu, cassé. Les problèmes sont multiples mais pour elle il y a toujours une solution : nous les analysons tous les deux, elle écoute et participe ; nous décidons. Cette relation médicale empreinte de respect et d’humanisme se fortifie avec les années et lui permet de soutenir son mari, Michel, jusqu’à la limite de ses forces. La neutralité du médecin ne se tolère que par son altruisme et sa générosité, il observe mais ne juge pas, n’influence pas, il est un des acteurs d’une pièce qu’il n’a pas écrite et parfois devenant spectateur il est bouleversé, impuissant… la pièce est finie… il se retire.
Non, on ne peut l’oublier, elle est Femme, femme de conviction, elle s’impose et si ses engagements vous dérangent, « c’est tant mieux ! » Dira t elle !
Leçon de courage et de volonté pour certains à défaut de physique elle aura une tête. Leçon de vie, de sensibilité et de sentiment pour d’autres, vous l’accepterez avec ses défauts et non que pour ses qualités.
* * *
Un grand merci au Docteur Bourceau pour cette préface qui est le témoignage de notre complicité qui dure malgré la distance, puisque désormais ma vie est ailleurs…
Avant-propos
Je me décide à coucher des mots sur du papier, à écrire à un moment charnière de ma vie. Ce n’est pas une autobiographie, c’est un roman qui comprend des bribes de mon vécu. Je voudrais relater le Bonheur, les instants qui pétillent, qui vous poussent à vivre et qui inexorablement vous comblent de quiétude, d’harmonie. J’ai peur de ne pas savoir trouver les mots, les bons, les justes. J’ai peur d’être trop tissée dans la souffrance, la douleur, la névrose et de ne pas savoir vous communiquer l’émotion, l’espoir que je voudrais une fois dans ma vie partager avec vous. Je voudrais inventer des mots imprégnés de tendresse, de douceur, porteurs de toutes les caresses que je n’ai jamais consenties, porteurs de tous les baisers jamais déposés, porteurs de toutes les étreintes et de tout mon amour, au risque de paraître trop sentimentale… Je voudrais un livre simple, léger… Je voudrais vous donner à vivre un instant de pur bonheur et voir briller dans vos yeux lorsque vous refermerez ce livre, une esquisse de sourire et cette soif de vivre qui m’oppresse. Je ne veux pas de larmes ! Aucune larme…
Narratrice :
Cettefois-ci, c’est la bonne je me lance, c’est troublant de se trouver devant cette page vierge. Ce livre, je l’ai dans la tête depuis longtemps. Oui, je vais l’écrire ce livre. Il ne sera pas construit de manière classique. Il ne dévoilera pas tout, il ne suivra pas la chronologie des évènements. Il ne parlera que des choses importantes pour moi et tant pis si mon échelle de valeur ne correspond pas à celle attendue par le lecteur. Je passerai du coq à l’âne, alternant les périodes, rebondissant sur des mots. Je dois casser le rythme, pour réduire l’émotion. La narratrice interviendra régulièrement pour mettre « son grain de sel », quand elle le jugera opportun. Ce ne sera pas un livre d’une portée philosophique, il ne donnera qu’un humble et bref aperçu des questions qui me préoccupent. Tout sera sujet à questionnement, à remise en cause et peut-être polémique ?
* * *
Saint Pargoire, petit village du Languedoc, pittoresque avec sa circulade, ses porches, ses rues étroites autour d’une impressionnante église aux allures de cathédrale tant elle est importante par sa taille. Un village à la forme d’un escargot. Il est 15h30, il fait très chaud. Des petites filles jouent à la marelle dans la rue. Un peu plus loin des jeunes garçons jouent avec un ballon.
Caroline dit : « Allez Julie, c’est à ton tour de jouer ! »
Julie : « Zut, j’ai encore mordu la ligne »
Caroline : « Ce n’est pas grave, recommence »
Julie recommence. Julie ne mord pas la ligne cette fois-ci et elle passe la main à Isabelle. Isabelle lance la pierre, saute sur un pied et gagne la partie. Sur la place, les garçons font beaucoup de bruit. Ils se bousculent, ils se disputent le ballon. Il fait très chaud, une chaleur moite, avec un immense ciel bleu d’une intensité typique du Midi de la France. Même les cigales sont au rendez-vous, elles donnent le « La », à cette pièce qui se joue là sous nos yeux, elles ponctuent les événements. Les adultes ne sont pas dans la rue, il fait trop chaud. La plupart sont à l’abri dans leur garage, « leur magasin » comme ils disent ici. Le magasin, c’est le refuge lorsque la chaleur grimpe, arrière cuisine, lieu de travail, la pièce la plus fraîche en ces temps où il n’y a pas la climatisation. C’est la grande période de récolte du raisin de table, ils sont là à trier les raisins cueillis dans les vignes le matin même. Trois femmes sont assises et avec des ciseaux pointus elles ôtent les grains pourris ou trop verts, l’une d’entre elles les dispose dans un plateau, après que les deux autres aient préparé les grappes. C’est un travail minutieux, un travail méticuleux, pas question d’enlever la pruine, cette couche qui donne au raisin un aspect poussiéreux, mais qui assure sa conservation naturelle. Il ne doit pas briller pour la commercialisation. La femme saisit les grappes triées par la queue, range savamment sa grappe horizontalement sur un côté du plateau, prend une autre grappe la pose délicatement au-dessus de celle-ci et recommence ainsi jusqu’à obtenir une rangée verticale, puis procède de même de l’autre côté en prenant soin de laisser un espace entre les deux rangs. Une fois les deux rangs remplis de part et d’autres du plateau, elle pose 3 carrés de papier blanc ou rose (semblable à du papier de soie) en travers, en les laissant légèrement chevaucher et par dessus, elle pose les plus belles grappes de raisins, « les rivières » comme ils disent ici, pourquoi ?
Aujourd’hui, c’est du Muscat de Hambourg, demain ce sera peut-être de l’Italia, de l’Alphonse Lavallée, du Cardinal, du Danlas, du Servant ou autres. Les hommes approvisionnent les « trieuses » et font la manutention, ils enlèvent les plateaux rabattent les papiers d’emballages sur les grappes pour les protéger pendant le transport et fixent le papier à l’aide d’un élastique disposé en croix sur le plateau. Lorsqu’ils sont ainsi prêts à être expédié, ils les posent sur la balance pour vérifier que le poids minimum requis est respecté.
Assises à l’ombre dans un coin du garage, trois grands-mères, tricotent tout en papotant. L’une d’elles est la « Mamé » de Julie, la plus âgée des trois, les deux autres sont des voisines venues lui tenir compagnie. Les garçons se disputent, ils se rêvent en Platini. Et hop, voilà un coup franc ! Hop, voilà un tir au but bien ajusté ! Les petites filles portent des vêtements réalisés par leurs mamans dans des coupons de tissus, la plupart en vichy. Tunique Grands carreaux jaune et blanc pour Julie pantalon crème, Robe petits carreaux rose et blanc pour Caroline et une robe dans un tissu fleuri pour Isabelle. Paul, Jacques, Eric et Didier sont en short et tee-shirt sans marque. A 16h chaque gamin rentre chez lui prendre son goûter, une tartine de beurre avec une bille de chocolat pour les uns, un verre de lait froid avec de la grenadine et un petit gâteau sec, une tartine avec de la confiture réalisée par « Mamé » pour les autres. Les adultes s’accordent une pause café ou de la bière pour les hommes.
* * *
Je vais avoir douze ans, je suis dans la salle à manger où se trouve mon lit. C’est « ma chambre », je suis entrain de lire. Je dévore les livres, en ce moment c’est la série des Agatha Christie. Dans la pièce à côté, il y a la cuisine avec une grande cheminée. Ma mère m’appelle : « Julie, veux-tu venir ? » Je m’exécute et je la rejoins dans la cuisine. Je dis bonjour à l’amie de ma mère qui est là, elle s’appelle Evelyne. Evelyne me dit : « J’ai un cadeau pour toi ». J’ouvre le paquet, je dévoile un coussin composé de carrés ornés de roses réalisées au crochet. Les couleurs sont lumineuses. Evelyne me dit : « c’est Théo qui te l’envoie, mais surtout n’en parle à personne » Je lui demande de dire simplement merci à Théo pour son cadeau. La conversation continue entre les deux adultes : « C’est bizarre ce goût qu’a Théo pour le crochet… » Julie ne participe pas à la conversation, elle est là, spectatrice de sa propre vie. Elle observe, elle écoute de loin en loin les propos et son esprit vagabonde vers Théo. Comment expliquer ce qu’elle ressent ? Elle est submergée de bonheur, il a pensé à elle. Ce cadeau, il l’a concocté pour elle. Exclusivement pour elle. Les roses ne sont-elles pas les messagères de l’amour ? Elle est interpellée par cette révélation, c’est leur secret à tous les deux. Pas sûr que sa mère et Evelyne aient compris le message contenu dans ce présent. Pas sûr qu’elles aient mesuré le trouble de Julie, mais peut-être est-ce mieux ainsi ? A cet instant là, il est devenu la première pièce de son jardin secret, jardin secret… ultra secret, beau secret. Julie est une petite fille effacée qui ne jouit de bonheur, de liberté que dans son imaginaire.
* * *
Julie joue à la marelle. Mais bizarrement, elle ne saute pas à cloche-pied comme Caroline et Isabelle. Julie se contente de marcher. C’est déjà une prouesse pour elle, que d’avancer en essayant de garder son équilibre, sans mordre les bords. Caroline et Isabelle sont gentilles, parfois elles ferment les yeux lorsqu’elle mord légèrement la ligne. C’est grâce à cela que Julie gagne au moins une partie. Il ne faut pas la décourager… Julie préfère les jeux de société, elle adore jouer au scrabble, au mot le plus long, au pendu. Mais Caroline et Isabelle aiment bien les jeux d’actions. Caroline joue très bien du piano, sa mère a eu un début de carrière de cantatrice. La maman de Caroline est gaie, elle chante tout le temps : « Rossignol, Rossignol de mes amours… ». Caroline adore danser, c’est sa mère qui leur a appris à elle et à Julie. Tangos, valses, javas n’ont pas de secret pour elles. Julie arrête là tes délires. Coupe court à ton imaginaire. Tu n’as jamais appris à danser, tu ne danseras jamais. Julie, tu n’as pas joué comme tout le monde à la marelle, tu n’as pas sauté à la corde, couru. Tu as observé le monde. Tu as vécu des joies à travers celles des autres, tu as essayé de les imiter. Tu as toujours voulu agir aussi bien, voire mieux qu’eux ou qu’elles. Tu n’es qu’une pauvre pantomime !
* * *
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