Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 10,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Haute-Ville, Basse-Ville

De
600 pages
Oeuvre originellement publiée en 1998 sous le titre Un viol sans importance. Édition revue et corrigée par l’auteur. Par un beau soir de juillet, en plongeant dans la rivière Saint-Charles, un garçon découvre le corps d’une jeune femme. L’indignation populaire s’enfle au gré des informations et des indiscrétions: fille de charpentier, membre de la chorale de la paroisse Saint-Roch, désireuse de se faire religieuse, elle aurait subi les «derniers outrages» et des brutalités inouïes. Que fait la police? Rien, semble-t-il. Ou plutôt, murmure-t-on, elle s’efforcerait de soustraire les coupables à la justice. Quelques beaux garçons de la Haute-Ville ne sont guère inquiétés, pourtant des indices les relient au crime. Des noms circulent; des publications évoquent même les circonstances du drame. Et voilà que le policier enquêteur chargé de l’affaire disparaît pour toujours dans les entrailles de Saint-Michel-Archange, l’immense asile de Beauport. Se pourrait-il que la vertu et la vie d’une pauvre fille de la Basse-Ville pèsent, dans la balance de la justice, moins lourd que la quiétude des familles aisées de la Grande Allée et de leur progéniture? C’est compter sans la faculté d’indignation de Renaud Daigle, avocat récemment revenu à Québec et prêt à tout pour découvrir la vérité…
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Jean-Pierre Charland Auteur du best-sellerLes Portes de Québec
Haute-Ville, Basse-Ville
Extrait de la publication
Extrait de la publication
HauteVille, BasseVille
du même auteur
Un viol sans importance, roman, Sillery, Septentrion, 1998. La Souris et le Rat, roman, Gatineau, Vents d’Ouest, 2004. Un pays pour un autre, roman, Sillery, Septentrion, 2005. L’été de 1939, avant l’orage, roman, Montréal, Hurtubise HMH, 2006. La Rose et l’Irlande, roman, Montréal, Hurtubise HMH, 2007. Les Portes de Québec, t. 1,Faubourg Saint-Roch,roman, Montréal, Hurtubise HMH, 2007. Les Portes de Québec, t. 2,La Belle Époque,roman, Montréal, Hurtubise HMH, 2008. Les Portes de Québec, t. 3,Le prix du sang,roman, Montréal, Hurtubise HMH, 2008. Les Portes de Québec, t. 4,La mort bleue,roman, Montréal, Hurtubise HMH, 2009.
Extrait de la publication
Jean-Pierre Charland
HauteVille, BasseVille
Roman historique
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Charland, Jean-Pierre, 1954-Haute-Ville, Basse-Ville e 2 éd. Publ. antérieurement sous le titre: Un viol sans importance. Sillery, Québec : Septentrion, 1998. ISBN 978-2-89647-208-6 I. Titre. II. Titre: Un viol sans importance. PS8555.H415V56 2009 C843’.54 C2009-941322-1 PS9555.H415V56 2009
Les Éditions Hurtubise bénéficient du soutien financier des institutions suivantes pour leurs activités d’édition : – Conseil des Arts du Canada ; – Gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au dévelop-pement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) ; – Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) ; – Gouvernement du Québec par l’entremise du programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres. Conception graphique : Geai Bleu Graphique Graphisme : René St-Amand Illustration de la couverture : Polygone Studio Maquette intérieure et mise en page : Andréa Joseph [pagexpress@videotron.ca]
Copyright © 2009, Éditions Hurtubise inc.
ISBN 978-2-89647-208-6
e Dépôt légal : 3 trimestre 2009 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives du Canada
Diffusion-distribution au Canada : Distribution HMH 1815, avenue De Lorimier, Montréal QC H2K 3W6 Téléphone : (514) 523-1523 Télécopieur : (514) 523-9969 www.distributionhmh.com
Diffusion-distribution en Europe : Librairie du Québec/DNM 30, rue Gay-Lussac 75005 Paris FRANCE www.librairieduquebec.fr
Imprimé au Canada www.editionshurtubise.com
Extrait de la publication
Liste des personnages
Bégin, Armand :vieil ami du père de Renaud Daigle ; père de Michel Bégin. Bégin, Michel : étudiant à l’Université Laval, ami d’Henri Trudel. Berthe :tenancière du bordelAu Chat. Caron, Germaine : amie de Blanche Girard et vendeuse au magasin THIVIERGE. Daigle, Renaud :avocat ; à son retour d’Angleterre, il devient professeur de droit constitutionnel à l’Université Laval. Descôteaux, Philippe-Auguste :premier ministre du Québec. Fecteau, Gérard :de dix ans, il découvre le corps de gamin Blanche Girard au parc Victoria. Fitzpatrick, Samuel :ministre des Ressources naturelles, père de William. Fitzpatrick, William :étudiant à l’Université Laval, ami d’Henri Trudel. Gagnon, Maurice :lieutenant à la police municipale de la Ville de Québec. Il est chargé de l’enquête sur la mort de Blanche Girard. Gauthier, Alcide :gardien au parc Victoria. Germain, Euclide : père adoptif de Blanche Girard ; père de Joseph, Hector et Ovide, trafiquants d’alcool. Germain, Hector :l’un des trois fils d’Euclide et de Joséphine Germain ; trafiquant d’alcool. Germain, Joseph :l’un des trois fils d’Euclide et de Joséphine Germain ; trafiquant d’alcool.
7
Extrait de la publication
haute-ville, basse-ville
Germain, Joséphine :mère adoptive de Blanche Girard. Germain, Ovide : l’un des trois fils d’Euclide et de Joséphine Germain ; trafiquant d’alcool. Client duChat,il est aussi homme de main à l’emploi de certaines personnes. Girard, Blanche :orpheline, vendeuse. Girard, Edmond :oncle de Blanche Girard. Grace, John :commis ; soupirant de Germaine Caron. Lafrance, Romuald :étudiant à l’Université Laval, ami d’Henri Trudel. Lapointe, Ernest :membre du Parti libéral du Canada, député libéral fédéral de la circonscription de Québec-Est. Lara :voir Virginie Sanfaçon. Lavigerie, Thomas : avocat, membre de la mouvance conservatrice. Marceau, Jean-Jacques :à l’Université Laval, ami étudiant d’Henri Trudel. Marion, Marie-Madeleine :sœur de Blanche Girard. McPhail, Helen :d’un père irlandais et d’une mère orpheline canadienne-française ; étudiante à l’Université McGill. gr Neuville, M Louis-Marie :recteur de l’Université Laval. Richard, Raoul :imprimeur, éditeur de l’hebdomadaireFranc-Parleur, auteur deLa Non-Vengée. Ryan, Daniel : chef de la police municipale de la Ville de Québec, supérieur hiérarchique direct du lieutenant Maurice Gagnon. Saint-Amant, Jacques :à l’Université Laval, ami étudiant d’Henri Trudel. Sanfaçon, Virginie :prostituée du bordelAu Chat. Trudel, Antoine : ministre dans le cabinet Descôteaux, père d’Henri Trudel. Trudel, Élise :fille d’Antoine Trudel et sœur d’Henri. Trudel, Henri :; étudiant à l’Universitéd’Antoine Trudel  fils Laval.
Extrait de la publication
Chapitre 1
Blanche ne sentait presque plus rien. Au début, cela avait été atroce. Elle avait eu tellement honte quand elle avait senti leurs mains sur son corps, sur son ventre, ses fesses, ses seins. Ils avaient commencé dans l’auto. Parfois une main se glissait sous sa robe, lui pinçait les cuisses. Elle se débattait, bien sûr, mais sans trop savoir comment s’y prendre pour leur échapper. En essayant de s’éloigner d’eux, elle avait glissé jusque sur le plancher de la voiture, ils l’avaient alors coincée là avec leurs pieds, continuant de la toucher partout. Ils lui avaient placé un drap sur le visage, pour étouffer ses plaintes. De toute façon, elle n’essayait pas de crier à pleins poumons. Elle aurait eu bien trop honte s’ils s’étaient arrêtés devant des gens : personne ne devait la voir dans cette position. Elle voulait qu’ils s’arrêtent, bien sûr, pour la laisser descendre, pas pour la donner en spectacle. Sa honte s’était muée en véritable terreur quand les voitures, celle où elle se trouvait et l’autre qui roulait devant, s’étaient arrêtées près d’une maison isolée, située au milieu d’un bouquet de grands arbres. D’autres garçons descendus de la seconde voiture s’étaient joints aux premiers pour se moquer d’elle. En fait, ils étaient quatre à se presser contre elle, à la projeter vers l’un de leurs camarades lorsqu’elle essayait de fuir. Quand l’un la poussait brutalement, lui faisant perdre l’équilibre, un autre la rattrapait juste avant qu’elle ne tombe, toujours en l’agrippant. Bientôt, elle avait entendu le tissu de sa robe craquer, ce qui avait provoqué l’hilarité de ses tortionnaires. Par la suite, en la bousculant, ils ne semblaient plus avoir d’autre objectif que de lui arracher ses vêtements.
9
haute-ville, basse-ville
D’abord la robe disparut, puis la camisole. Les rires et les cris des quatre garçons couvraient chacune de ses plaintes, de ses protestations, de ses supplications. « Je dois crier, se dit-elle, on va m’entendre. » Mais elle ne produisit qu’un grognement vite étouffé par la main de l’un des garçons. « Allons dans la grotte », fit celui-là. La poussant, la portant à demi, ils l’amenèrent derrière la maison. Il y avait là une pente abrupte qui débouchait sur une porte en bois découpée dans le talus. Celle-ci s’ouvrit, ils la poussèrentde toutes leurs forces à l’intérieur. Comme la porte était basse, elle se cogna brutalement la tête au linteau. À demi assommée, elle se retrouva sur le plancher de terre battue, dans une assez grande pièce encombrée de quelques caisses, de bouteilles et d’étagères. « Un caveau à légumes », se dit-elle, hébétée. C’était la grotte dont ils avaient parlé. La soirée ne faisait que commencer.
5
La veillée mit longtemps à se terminer. Le samedi soir, on trouvait au bordel ces solitaires effrayés à l’idée de retrouver une maison ou un appartement vide. Ils devenaient bavards tout d’un coup ; dans un autre contexte, on aurait presque pu dire sentimentaux. Bien après minuit, leChatvida des se derniers traînards. Après plusieurs heures à se faire passer sur le ventre, les filles commencèrent par une toilette en profon-deur. Elles se retrouvèrent ensuite dans la grande pièce du rez-de-chaussée, plus ou moins vêtues, pour se détendre un peu avant d’aller dormir. La plupart prirent un grand verre d’alcool, histoire de s’anesthésier. Lara fut la dernière à descendre, après avoir longuement frotté son sexe et ses seins. À peine sortie de sa chambre, elle entendit grommeler dans la petite pièce située au fond du corridor. Curieuse, elle passa la tête par la porte entrebâillée. Elle aperçut Ovide Germain, étendu en travers du lit, sur le dos. Des taches de sang marquaient le devant de sa chemise
10