Hétérhomos

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Ce texte, rédigé entre janvier 2014 et le mois d’août de la même année, vient de trouver une confirmation tragique dans les événements qui ont secoué l’opinion française au tout début de l’année 2015.

Deux options s’ouvrent alors au lecteur : y voir un raccourci quelque peu hâtif vers des conclusions alarmistes, ou bien tenter d’y déchiffrer l’agenda, fortement prémonitoire, des mois et années à venir ? Une chose est cependant certaine : une fois la dernière page tournée, il y a de fortes chances qu’il sente lui venir, sinon l’envie, du moins la curiosité de regarder son milieu humain en se demandant : est-ce que je le vois tel qu’il est ou tel qu’on m’a appris à le voir ?


Publié le : jeudi 30 juillet 2015
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EAN13 : 9782332927125
Nombre de pages : 270
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ISBN numérique : 978-2-332-92710-1

 

© Edilivre, 2015

Hétérhomos

 

 

“Lorsque les Dieux veulent nous punir,
Ils exaucent nos prières.”

O. W.

– Maintenant que t’as un peu récupéré…

– Ne me parle pas encore de ma mère, s’il te plaît ! Laisse-moi, tout d’abord, reprendre mon souffle.

– Dans ce cas, je me contente de te faire un petit topo de la situation. Tu dois avoir complètement décroché, après une si longue absence. Right ?

– Ben… fatalement.

– Au fait, te souviens-tu du petit Adrien ?

– Un peu, oui ! Je m’en suis occupé en tant que fille au paire. T’as oublié ?

– Oublié ! T’es marrante, toi ! Ça fait une éternité que madame a pris la tangente, même pas daigné nous dire adieu… Bon. Je voulais surtout t’apprendre qu’il va se marier.

– Adrien ! Si jeune ! Dix-neuf ans à peine, je crois ? C’est ça ? Je connais l’heureuse élue ?

– Son père.

– C’est pas drôle, tu sais ? Je viens tout juste de débarquer, après pas moins de sept heures de vol, sans compter le trajet Bukavu, Kinshasa : toute une épopée ; plus de soixante-dix heures, effectué en grande partie de nuit, tous phares éteints et à vitesse réduite, pour des raisons de sécurité… Alors laisse-moi respirer un petit peu, s’il te plaît !

– Ecoute, darling, c’est pas que je tienne à te brusquer mais va falloir te secouer et plus vite que ça ; les choses ont pas mal changé depuis, tu sais ? Et puis…

– J’ai besoin d’une petite pause, Rolland ! Je te rappelle que j’ai passé près de dix-sept ans dans un monde où le rythme quotidien est tout autre ; je reviens du fin-fond du continent africain, où je me suis consacrée à une tache qui n’est vraiment pas de tout repos…

– Ah ça, pour prendre ton temps, tu l’as pris ! Sans te préoccuper le moins du monde des soucis que pouvaient se faire les potes à ton sujet. Ta pauvre mère… alors là, n’en parlons pas… True or not ?

– C’est à dessein que je n’en ai fait part à personne ; je tenais à faire une césure, à me couper du charivari parisien. J’en avais marre de la vie qu’on menait ici, avec nos discussions oiseuses, bistrot, disco, bringue, avortement aux frais de la sécu et belotte et rebelotte et les demi-mondanités et le trente-sixième flirt de la saison… A la fin, j’en avais ma claque ; je me suis tirée. Et voilà qu’à peine débarquée, mon ex, le der des ders, m’annonce sans crier gars, que l’enfant qu’il m’est arrivé de porter dans mes bras il y a près de dix-sept ans de ça, se prépare à convoler en juste noce avec son paternel ! Tu trouves pas que c’est un peu violent ? Non ?

– Calme-toi, darling !

– Je t’en dispense, du “darling” ! Essaie plutôt de m’expliquer un peu plus clairement ce qui se passe ; parce que là, je commence à halluciner, figure-toi ! D’ailleurs, je suis sûr que tu me racontes des bobards.

– Pas du tout ! Et je te rappelle, à mon tour, que nous sommes en 2031 et qu’on a autre chose à faire qu’à s’encombrer des restes de reliques cathos, avec leur fatras de morale moisie. Je préfère te l’annoncer tout de suite – quitte à te choquer –, ça t’évitera de disjoncter un peu plus tard. Wake up, darling !

– Tu peux pas causer français, comme tout le monde ?

– C’est ce que je m’efforce de faire depuis ton arrivée, Christine ! C’est comme ça qu’on parle now a days ; je veux dire « de nos jours ». Mais pourquoi es-tu si agressive, au fait, toi qui prétends avoir besoin de calme ?

– Excuse-moi. C’est la fatigue, le voyage, et… tous ces changements ; j’arrive pas encore à focaliser correctement.

– A propos de changement, tu vas pas me dire que t’as même pas remarqué qu’Air France s’appelle désormais France Air ? C’est avec eux que t’as voyagé ? Didn’t you ?

– Je n’y ai pas fait attention. C’est vrai que les hôtesses ne parlaient la plupart du temps qu’en anglais… Maintenant que j’y repense… Le fait est que les fatigues du voyage Bukavu – Kinshasa, en taxi collectif, s’ajoutant aux difficultés de toutes sortes qui en ont émaillé le trajet, m’ont pas mal secouée. Pour ne rien dire de la panne d’électricité qui nous attendait à l’aéroport de Kinshasa ; on a pratiquement embarqué à la lumière de bougies ; le pays fait face à une grave crise d’énergie en ce moment. En fait, depuis pas mal de temps déjà. Et, pour couronner le tout, on a été accueilli par un orage comme on en voit rarement ; c’était la nuit en plein jour. Et les nuits, là-bas, quand ça tombe, diurnes ou nocturnes, c’est plutôt abrupte ; on n’y voit plus grand chose. Tu peux t’imaginer l’ambiance. Si, en plus, faut se poser des questions sur le prestataire de services…

– En tout cas, prépare-toi à « frangliser », ma chérie ; l’anglais, c’est la langue dans laquelle on s’adressera à toi une fois sur deux, même en entrant dans une boulangerie. Tu sais que nous sommes devenus le musée du monde entre-temps ? 196 millions de visiteurs par an. Not less. Tout repose sur le tourisme. Le ministère en charge y a mis toute la gomme. Forcé et contraint, remarque : l’industrie, à part les poids-lourds du CAC 40, qui s’en tirent plus ou moins bien, c’est le désert intégral. Ou presque ; les derniers outils sont en train de rejoindre les collections pour amateurs de vieilleries ; nous faisons à peine le poids de la Bavière ; the germains ont tout pris en main, avec leur dumping et leurs méthodes à la rebrousse poils… L’euro a fini par nous coûter bougrement cher, baby !

– Tu veux dire que les français font avec ? Comme ça ?

– Personne ne les y a obligés, as far as I know. Pardon ! Je veux dire « à ce que je sache ». Mais tu pleures ! Reprends-toi, darling ! Tu ne vas prendre ça au tragique, tout de même ! Tiens, Sers-toi ! La boîte à kleenex est là ; help yourself !

– C’est… C’est surtout le décalage, et…

– De mon côté, je te promets que je vais faire un effort supplémentaire pour causer french. Tu sais que j’adore discutailler avec toi, quels que furent nos désaccords, dans le temps. Tes prouesses rhétoriques, ça m’a beaucoup manqué. Indeed ! Vraiment ! Je me souviens, t’étais tout le temps là à te poser des questions sur un tas de choses… Mais revenons plutôt à notre subject.

– Oui, à Adrien, s’il te plaît. Je veux dire… Il y a inceste, enfin !

– Mais c’est quoi l’inceste, si ce n’est une catégorie morale ? La toute première sur laquelle se fondent les religions monothéistes – toutes, sans exception –, qu’elles imposent en tout premier lieu aux people. Ou bien t’as égaré tes capacités à raisonner, quelque part au fin-fond de l’Afrique ? N’importe comment, un décret de loi est en préparation en ce sens.

– Tu prétends que l’inceste va être réellement aboli !

– On descend plus du singe, or what !

– Sûrement pas de Jupiter, par pleine lune, en tout cas ! Mais qu’est-ce que ça a à voir avec…

– Hé bien, darling, les gens ont fini par piger que l’inceste est un principe strictement moral, aussi étroitement apparenté aux vieilles croyances religieuses que le singe l’est à l’homme. T’as oublié qu’y a pas si longtemps que ça les Pharaons prenaient leur sœur pour épouse ; une tradition qui était du reste commune à plus d’une civilisation – avant que le monothéisme ne vienne y mettre son fucking grain de sel.

– Et les désordres génériques qui en résulteraient, qu’est-ce que t’en ferais ?

– Eh ben, là, nous sommes d’accord ! C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il sera permis à un père d’épouser son fils, à une mère de faire de même avec sa fille ; à deux sisters de contracter mariage. Idem pour deux frères. Mais pas à un frère de prendre sa sœur pour femme, ni à une mère de se lier à son fils par les liens du mariage. Pas plus qu’un père ne peut le faire avec sa fille. Le législateur n’est pas con à ce point. Is he ?

– Comment ça, le législateur ? Tu viens de parler de décret de loi en préparation !

– Yes ! Mais ça revient au même ; la présidente socialiste, récemment élue, veut aller au plus pressé tout en assurant son coup, sa majorité étant quelque peu restreinte… Mais majorité quand bien même. Disons que j’ai un peu anticipé sur la chose. En tout cas, les textes de loi complémentaires sont en préparation. Elle en a fait son cheval de bataille, au fait. « l’union-libre », que ça s’appelle. N’importe comment, en ce domaine, les socios tiennent leurs engagements, quoi qu’il arrive. Sur as hell !

– En effet ! Ça me rappelle le connard de Hollande et son « mariage-pour-tous ». Celui-là, avec sa tête de hibou ahuri et sa gueule d’homo refoulé…

– Un peu de respect pour les morts, please !

– Les morts ! Qu’est-ce qu’il lui est arrivé, à ce con ?

– Eh ben, il a été assassiné par sa copine. Tu te souviens de Julie Gaillet, ou Caillet ?

– Mais pourquoi, bon Dieu !

– Justement ! C’est là que tu viens de faire de la prémonition à rebours, en quelque sorte.

– Explique-toi !

– Elle l’a surpris au lit avec son ex-copain ; un playboy du genre pousses-toi-que-je-m’y-mets.

– Tu veux dire qu’il est devenu réellement pédé, le Hollande ?

– Va falloir remettre ton vocabulaire à jour, baby ! On dit « homo », à la rigueur – avec ce que cela comporte de respect.

– Cesse de me donner du « baby », s’il te plaît ! Si j’ai bien compris, tous les deux étaient réversibles ? L’ex, tout comme le nouveau ! La pauvre Julie ! Elle n’est pas vernie, celle-là !.

– Hou la la ! Tu vas me faire plaisir de réviser d’urgence ta façon de t’exprimer, my dear ! « Homo », « hétéro »… C’est dépassé, tout ça ! Aujourd’hui, y a plus que des S.F. ou des S.J. Communément appelés les S.J.F ; le reste…

– Les S.F. ou S.J. ! Mais qu’est-ce que c’est que ce baragouin !?

– Des Sex-fun, ou des Sex-joy. Ou, si tu préfères, des Sex-amateurs et des Sex-jouisseurs. Approximativement, quoi. Y a même des shows pour ça ; je veux dire des séances de vulgarisation, en vitrine – genre Galerie Lafayette… This kind of thing. You know !

– Comment ça, des séances en vitrine ?

– Réveille-toi, mon chou ! Les tabous ont été largués, définitivement balayés, les uns après les autres ; le « mariage-pour-tous » nous a ouvert une voie royale ; les collèges, je veux dires les Sex-Colleges, qui préparent à des diplômes hautement qualifiés, dans ce genre de filières, font leur pub live en performant des act up en vitrines, destinés aux pré-ados, en particulier. Ça relaie l’école.

– Tu veux me faire croire que des hommes s’enculent au vu et au su du passant, maintenant !

– Come on ! Surveille ton langage, please ! T’es pas qu’un peu déphasée, c’est vrai, mais… Tout de même ! C’est pas une raison de se mettre à dénigrer les gens de la sorte ! What the hell !

– Quoi, alors ? Ils se contentent de pratiquer des fellations, ou quelque chose comme ça ?

– Mais non ! Ils s’enculent, si tu veux. Okay ? Mais ça ne se dit plus de cette façon. C’est « Love and live », à présent.

– Tu sais… Moi, les langues étrangères…

– C’est pas plus grave que ça ; tu as fait latin et grec ancien et consacré près de deux décennies à la préservation des espèces en danger d’extinction – j’en ai eu vent quelque mois après ton départ, pour la première et dernière fois. En somme, tu as passé le temps à faire causette aux gorilles et autres plantigrades ; nos modes de communication, c’est plus ton truc, quoi. Okay ! Never mind !

– N’exagérons rien ; je sais ce que signifie love, ou bien live. Il me reste encore quelques notions. C’est plutôt la façon dont tu présentes la chose… Je veux dire… Mais revenons, s’il te plaît, au mariage père-fils, sœur-sœur… Je t’avoue que ça m’angoisse, tout ça.

– C’est, justement, pour cette raison que j’essaie de t’expliquer, si tu m’en laissais le temps ! Le barrage des traditions rétrogrades a sauté, baby ; « le mariage-pour-tous » y a pratiqué une brèche décisive. Le reste a suivi. The whole bloody thing is down !

– Mais c’est fou !

– M’enfin, tu pédales en rétro, ou quoi ! A force de vivre avec des primates…

– Epargne-moi ton humour à la con et dit-moi plutôt comment tout ça est survenu ?

– Plus précisément : Quand cela va « survenir » ? – pour reprendre ton expression. Je te dis que le décret va être signé incessamment. Dans les jours qui viennent. La présidente, Najet-Vallaud-Belkacem en a fait l’idée phare de sa compagne électorale ; appuyée en cela par 90 % des intellectuels, la totalité des médias et une majorité, quoique toute relative, des citoyens de ce pays. D’ailleurs nous sommes en retard de plus de deux ans sur les pays scandinaves ; une honte pour la patrie des droits de l’homme, si tu veux mon avis ! Wouldn’t you say that ? Wouldn’t you say it !

– Je rêve !

– Adrien et son père se préparent à en être les premiers bénéficiaires. Disons, parmi les élus de la première heure. C’est un grand jour, baby !

– J’ai la berlue, là !

– Il s’agit de te remettre au plus vite dans le bain, ma belle ! Bon. Tu conviens que la seule valeur qui vaille, c’est bien la liberté, tout de même ? Right ?

– Jusque là, ça peut aller…

– Okay ! Mais, au fait, il t’est arrivé de faire l’amour, au moins ? Je veux dire, là-bas, dans ton africain jungle ?

– Te voilà tout à coup bien discret ! Je ne suis pas devenu bonne sœur pour autant, tu sais ! J’avais un ami ; le guide que j’ai rencontré les premiers mois de mon arrivée sur place. Originaire du Haut-Congo.

– Et il n’a pas considéré utile de te renseigner sur l’évolution du monde, ton guide ? That’s pretty silly !

– Il n’en était pas plus informé que moi. Il vivait de la forêt, dans la forêt. D’ailleurs, c’est moi qui l’ai rencontré par hasard ; c’est pas lui qui est venu me chercher à l’aéroport avec pancarte à la main et sourire aux lèvres, si tu veux savoir. Et puis, sa fonction consistait principalement à servir de guide aux guérisseurs et herboristes de nos tribus, dans leurs quête de plantes médicinales ; mais aussi de s’enquérir de l’état de la faune et de la flore, ainsi qu’à prospecter les voies de préservation possibles des espèces les plus vulnérables, ne serait-ce que pour tenter de limiter un tant soit peu les dégâts que causaient les braconniers et trafiquants de tous genres.

– Mais pourquoi en parles-tu au passé ? T’as pas l’intention d’y retourner, à ta forest ?

– II est mort en défendant les derniers gorilles dans les derniers réduits de forêt encore debout ; tué par des assassins noirs au service de commanditaires occidentaux, pour le bénéfice de consommateurs asiatiques. Tu ne le sais peut être pas, mais depuis que les tous derniers éléphants et rhinos ont disparu de cette région du monde, y a plus de trois an de ça, ces messieurs ont découvert que les canines de singe, en poudre, ça revitalise la libido. Retour au sexe, comme tu vois. Ç’est rassurant, n’est-ce pas ?

– Désolé ! Sorry !

– Pour mon ami ou pour les espèces radiées de la surface de la terre ?

– Je comprends ton chagrin. J’en suis infiniment désolé, Christine.

– Sûrement pas autant que moi. Inutile de préciser par ailleurs que lui et moi pratiquions l’amour que vous avez apparemment appris à mépriser entre-temps, si j’ai bien compris.

– Faut vivre avec son temps, Christine. Come on ! C’est pas de ma faute si les hétéros sont out ! Admets quand même que ça traîne depuis l’aube de l’humanité, ce genre de pratiques. La présidente, elle-même – je veux dire la Najet Vallaud – vit en triplette, avec sa sœur et la fille, adolescente, de cette dernière. On fait semblant de ne pas le savoir, mais beaucoup de gens sont au courant et pas mal d’entre eux s’en félicitent. Il est plus que temps d’aller de l’avant, baby ! De passer à autre chose.

– Les rapports hétéros, c’est passé de mode, quoi. Et dire que j’ai à peine trente-huit ans ! Toi, par contre, t’es plus dans ta prime jeunesse, n’empêche que t’as l’air d’être parfaitement dans le coup. Bravo !

– S’agit pas de ça, dear ! Ton ironie n’est pas à la hauteur de la situation. Tu piges pas que la liberté prime tout, de nos jours ? Y a que ça qui compte. C’est que nous continuons à faire face aux forces de la réaction, toujours aussi décidées à nous barrer le chemin. Ces gens ne reculent devant rien, pour préserver ce qu’ils appellent les bases d’une society soit-disant saine.

– J’ai surtout compris qu’il fut un temps où les Ayatollah campaient du côté de Téhéran. Aujourd’hui, c’est ici qu’ils tiennent le haut du pavé, au nom de déesse liberté. C’est ça ?

– L’humanité s’est battue des siècles durant pour se libérer du carcan des contraintes, pour en arriver là où nous en sommes, by God ! Et voilà qu’au lieu de t’en réjouir, tu te mets à faire la blasée ! Je te croyais plus intelligente que ça ! Honest ! D’ailleurs t’a intérêt à t’adapter, darling ; les gays gouvernent désormais ce pays ; leur nombre connait une croissance exponentielle. Et ils ne plaisantent pas avec ces choses-là. Je te prie de le croire ! Tu te retrouveras avec un procès sur le dos, vite fait, baby. Watch out ! Et les juges sont, en grande partie, des leurs ; pas besoin de te faire un dessin.

– C’est bien ce que je pensais : une U.R.S.S, nouvelle mouture, avec substitution de « l’homocoïtus » au prolétaire idéal. Pas vrai ?

– T’as intérêt à surveiller ton langage. Believe me ! Il va t’arriver tes emmerdes, sinon ! Je te le promets.

– Tu veux dire que nous nous sommes entre-temps judiciarisés à l’américaine ; pour un oui, pour un non on se retrouve devant un tribunal ? De mieux en mieux ! Le tout sous la houlette des forces de progrès que sont vos gens de gauche, j’imagine ?

– Il s’agit de rapports de forces, merde ! Après tout, la politique, ça se résume à ça. Et puis, l’essentiel n’est-il pas que l’oppression machiste prenne fin ? Permets-moi de te dire à ce propos, que, ce coup-ci, c’en est fini et bien fini du vieil ordre patriarcal. Over and gone !

– M’enfin, on n’était pas si malheureuses que ça, nom de Dieu ! La seule vraie oppression dont souffraient les femmes, à l’époque, c’était qu’on les payait, en moyenne, 15 à 20 % en dessous des salaires attribués à leurs collègues masculins et qu’elles étaient partout sous-représentées.

– De ce côté-là, ça n’a malheureusement pas beaucoup évolué. Autant le reconnaître. Disons que c’est un peu lent. Mais n’est-ce pas, encore une fois, que l’important, c’est la liberté ?

– Attends ! C’est du Hollande réchauffé que tu me ressers là ?

– Je te rappelle qu’il a été assassiné. Shit !

– Tu m’y feras penser, à l’occasion ; j’enverrai des fleurs à Julie.

– Quinze ans après sa mort ! You must be kidding ! Et puis, tu sembles oublier que c’est précisément elle qui l’a zigouillé, le Hollande !

– C’est pour la féliciter d’avoir éliminé un con. Y a pas prescription en la matière, que je sache ! Au fait, combien a-t-elle pris ?

– Elle s’en est tiré avec du sursis, finalement. Les femmes et les intellos de renom ont jetés toutes leurs forces dans la bataille ; Valse, devenu entre-temps premier-ministre, et Tobira ont fait le reste ; la garde des sceaux ; tu t’en souviens ? La justice a fini par s’incliner. That was it. On lui a trouvé toutes sortes de circonstances atténuantes – crime passionnel etc… – auxquelles le jury a été plus que sensible. N’importe comment, tout le monde était d’accord pour admettre qu’il fallait surtout pas jeter de l’huile sur le feu et que l’important c’était d’aller vers the total émancipation de la society ; les gays en tête, si possible, en tant que forces de progrès. Ne pas se laisser entraver dans sa marche par un événement de circonstance. D’autant plus qu’entre-temps… Le pauvre Hollande…, sa cotte de popularité flirtait avec les bouches d’égout… Enfin, tu sais comment ça se passe quand les médias te lâchent… En un rien de temps, l’avenir est dans le rétroviseur ; by by sweety !

– C’est gaie la vie moderne ! Soit dit sans jeu de mots ; le guide bégayant de la gauche caviar qui se fait trucider dans sa phase « reconquête du peuple » au ras des caniveaux ; pas étonnant qu’il n’en voyait plus que le derrière, le bon peuple ! – son souci majeur. A propos, maintenant que les tabous ont été balayés et les pratiques sexuelles parfaitement maîtrisées… Disons qu’à présent que vous avez fait le tour du corps : les chattes d’abord, les culs après, la bouche ensuite ou en même temps – les oreilles et les narines n’étant pas particulièrement érogènes – qu’est-ce qui vous reste à explorer ? Passer aux animaux domestiques ? Ou bien y est-on déjà ? Quand on est à court d’idéaux érotico-révolutionnaires, tu sais, hein…

– Ho, ho, ho, ça va, mère la morale !

– Excuse-moi, je suis à bout. Depuis que j’ai reçu ton message m’annonçant le décès de ma pauvre lesbienne de mère, je suis à cran. Elle n’avait plus que moi. Fallait que je revienne pour la mettre sous terre. Et ne me dit surtout pas que les enterrements aussi, c’est passé de mode ! Parce que là, je vais en piquer une crise de nerfs.

– Ne crie pas, enfin ! Come on !

– Je te demande pardon ; je suis vraiment au bout du rouleau.

– Forget it ! Pour revenir aux enterrements… Effectivement, y a de moins en moins de cadavres à inhumer…

– Arrête de me charrier s’il te plaît ! Je te dis que j’en peux plus !

– Mais je suis sérieux ! Honest !

– Tu ne vas pas me raconter qu’entre-temps les gens ont accédé à l’immortalité, quand même !

– Bien sûr que non ! Mais, depuis deux ans au moins, on a passé des accords avec le Tchad, le Malawi…, ainsi qu’avec pas mal d’autres pays où sévissent des famines chroniques, et ça fait déjà plus de six mois qu’on leur livre nos…

– J’entends mal, là ! Vous avez délocalisés l’inhumations des dépouilles humaines pour des raisons de rentabilité ! Dis-moi que je délire !

– Pas du tout. Mais en cas où tu ne le sais pas – et ça à l’air d’être effectivement le cas…

– Mais d’où veux-tu que je sache quoi que ce soit, nom de nom ! Je suis passée en coup de vent à ce qui reste d’aéroport, à Kinshasa, encore bouleversée par la nouvelle du décès de ma mère, qui m’est parvenue par miracle, lors de la cérémonie funéraire qu’on organisait à l’occasion de la commémoration du décès de mon ami ; je n’avais ni le temps ni l’occasion, encore moins l’envie de communiquer avec qui que ce soit. Et comme je vis dans une région quasi inaccessible, loin de votre civilisation de merde et de ses mémorables trouvailles…

– Calme-toi, enfin ! L’essentiel, c’est que les gens du consulat de France à Bukavu se soient arrangés pour te transmettre mon message. Well, c’est déjà pas mal !

– Je t’en remercie encore une fois. Mais parle-moi plutôt des dépouilles…

– Ben, y a pas que les forest qui disparaissent à vue d’œil, darling ; y a pratiquement plus de poissons, non plus ; les océans ont été vidés par les usines flottantes de l’Occident et quelques autres pays. Pour ne rien dire des déversements massifs de métaux lourds, plomb, mercure, cadmium, arsenic et que sais-je encore, qui ont fini par rendre la consommation de la ressource halieutique plus qu’aléatoire… L’O.N.U, la F.A.O, le P.N.U.D, Greenpeace et toutes les organisations concernées ont beau tirer le signal d’alarme, ça n’a strictement servi à rien. Face au développement démographique… Il aurait fallu, entre autres mesures, imposer un planning familial à la chinoise. Et encore ! En tout cas, les démocraties s’y sont catégoriquement refusé. Toujours est-il que ce sont des pans entiers des sociétés africaines côtières, mais aussi antillaises, océaniques et autres, qui sont décimés par la famine. Literally ! Les effets du dérèglement climatique se faisant en outre de plus en plus dévastateurs, je te laisse imaginer la suite… A quelle autre denrée de substitution aurait-on bien pu recourir ? Bon gré mal gré, on s’est résigné au conditionnement de cadavres humains. C’est même en passe de devenir une des formes d’aide majeures aux pays du Third-world. Je veux dire, au « Tiers-monde ». Avec la multiplication des populations, qui y est encore plus accentuée qu’ailleurs… Les choses ne s’arrangent pas beaucoup de ce côté-là non plus, hélas ! C’est qu’entre-temps on a dépassé les huit milliards d’habitants sur cette planète. Que veux-tu qu’on fasse d’autre, dans ces conditions, à part innover en matière d’aide ?

– Je suis en plein cauchemar, là !

– T’es surtout prisonnière de vieux schémas. Après tout, des cadavres – d’animaux, ceux-là –, ça fait des millénaires qu’on en consomme. Ça ne nous a jamais dérangés, à ma connaissance ! Right ? De la viande c’est de la viande. Tu vas pas me dire le contraire ?

– Dans un sens, c’est vrai. N’empêche que c’est horrible !

– Tout juste une question de point de vue. That’s all ! Tu serais la première à t’y résoudre si le spectre de la famine te mettait la main à la gorge. Allons bon, tu te remets à pleurer ! Je me fais un trait, tiens ! Tu veux qu’on se le partage ; c’est tout ce qui me reste. Ça va te détendre. Crois-moi !

– Non, merci.

– Tu aimais bien pourtant, à l’époque ! J’en profite pour t’apprendre que la conso de coc a été dépénalisée, depuis. Il est permis d’avoir jusqu’à trois grammes sur soi et autant de pilules d’amphétamine.

– Je sais plus où j’en suis, là ! J’ai peur de lâcher prise, Rolland !

– Si ça peut te consoler, les français de culture musulmane refusent de suivre le mouvement – je parle du conditionnement de dépouilles. Mais pas que. Un problème supplémentaire, soit dit entre nous. D’ailleurs, ils se sont complètement coupés du reste de la communauté nationale, formant des genres de Bantoustans englobant la plupart des banlieues du pays. Indépendants de fait. De plus en plus en porte-à-faux avec nous autres ; voyant dans chacune de nos avancées une de leur défaite… On s’en rendait pas vraiment compte. Mais c’est pas pour ça qu’on va se laisser faire, merde ! Le hic, c’est qu’il sont pas loin des dix millions à présent… Ils se font appeler « les léopards », rapport aux taches que constituent les banlieues sur la carte du land. Je veux dire du pays. Et je te prie de croire qu’elles s’élargissent d’inquiétante manière, ces taches. Ils mènent de temps à autres des razzias jusque dans les city-centers. C’est, au demeurant, le seul rapport à peu près humain qu’ils entretiennent encore with us, heu…, avec nous. Remarque, le même phénomène est à l’œuvre un peu partout en Europe : Angleterre, Holland, Suède, Allemagne et j’en passe…

– Mais qu’est-ce qui a conduit à un tel développement, enfin !?

– Devines.

– J’ai pas le cœur à m’amuser, Rolland ! Sois pas pénible !

– Ben… ici, chez nous… beaucoup de facteurs et notamment le « mariage-pour-tous », aussi surprenant que cela puisse te paraître. Disons que ça a été l’élément déclencheur. Incontestablement. Il leur est apparemment resté en travers de la gorge. Ça été tout d’abord une résistance passive, diffuse, lente ; une sorte de mécontentement sourd, à peine perceptible…, puis, peu à peu, avec les années, les rapports se sont détériorés, pour finir par s’envenimer carrément, all of the sudden. Et là, dernièrement ; je veux dire il y a environs deux ou trois ans, tout a basculé. Leur sachem trône à la mosquée de Paris. Il fait ce qu’il peut pour les exhorter à la paix. Je crains cependant que ce soit mal parti. Enfin, on verra bien. Let it be ! T’as intérêt à blinder ta porte, au fait. Beware ! Heureusement que la plupart d’entre eux n’ont pas le droit de vote, ils choisiraient, sinon, le bulletin F.N, en bloc. Sans le moindre état d’âme. Normal, remarque : c’est le parti le plus en pointe dans la lutte contre le progrès. Ces messieurs dames – mahométans à divers degrés – et cathos et compagnie –, considérant que la direction qu’à prise le pays constitue ni plus ni moins qu’une remise en cause des fondements mêmes de leur putain de holly society et de leur family de merde !

– Mais c’est vous qui avez merdé sur toute la ligne, Rolland ! Tu n’a réellement pas conscience de ça ? Faire table-rase de tout critère moral… Mais c’est démon, enfin ! Je savais bien que ça finirait mal. Mais que ça arrive à ce degré de déliquescence, c’est… En fait, tout ça était en germe dans votre putain de « mariage-pour-tous » ; pour une fois nous sommes d’accords. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Une course à la jouissance débridée, qui ne pouvait qu’aboutir à pareil désastre. A l’époque, tu refusais catégoriquement d’en discuter avec moi. « Ma gentille petite réac » que tu me lançais chaque fois que j’abordais le sujet. Remarque, tu ne faisais que te conformer à la démarche que vous dictaient vos médias, déjà largement aux mains des cercles de gauche.

– C’est pas uniquement de jouissance qu’il s’agit, merde ! Bon, oublions tout ça et dites-toi bien que nous sommes entrés dans une ère nouvelle, Christine. A new era ! Ce qui compte, c’est la fin des préjugés. Fini les brimades. Love and peace. La gauche a gagné de justesse, certes, n’empêche que tout le reste c’est de la foutaise. Bull shit, que je te dis !

– Mais c’est un cauchemar, Rolland ! Une dégringolade dans l’animalité !

– Précisément, darling ; jamais l’humanité ne s’est à ce point réconciliée avec sa matrice originelle ; plus de barrières artificielles : rien que des êtres de chair et de sang ; nous nous sommes, tous, rejoints dans la liberté totale, baby ! Plus de père, plus de sister ni de mère ou de frère, plus d’hommes, ni de femmes… Rien que des êtres épanouis. Freedom for all and the hell with the bloody fucking God almighty !

– Un absolutisme libertaire qui conduira un peu plus sûrement à la dissolution de l’être humain dans le cloaque d’un assouvissement suicidaire, mon pauvre Rolland ! En mettant toute autre considération de côté, en démantelant l’identité de l’individu, vous le plongez, à plus ou moins brève échéance, dans la désorientation et le désarroi le plus complet. L’Homme ne peut avoir l’institutionnalisation de ses pratiques sexuelles pour unique boussole, nom d’un chien !

– L’amour total, Christine ! L’amour ! L’amour ! L’amour ! Y a que ça de vrai. Crois-moi !

– C’est ça ! Du « Prolétaires de tout pays unissez-vous », du XX siècle, nous passons sans transition à « pères, fils, mères, filles, hommes, femmes à vos bittes et vagins ! Go ! » Quel bond en avant, camarade ! Et que je t’encule à mort, et que tu me la suces à t’en faire péter les gencives et vogue la galère ! La gauche dans tous ses états, quoi. C’est à ça que se résume votre civilisation, maintenant ?

– Enculer, enculer, enculer… T’as que ce word à la bouche ! Je te répète que c’est d’amour qu’il s’agit, merde, Christine !

– Ben voyons !

– Tu vas pas me dire que tu ne serais pas heureuse d’avoir autour de toi des gens merveilleusement disponibles, tout le temps disposés à t’aimer ? Comme ça, d’entrée de jeu, sans devoir passer par la case « impôt social » ni se soucier des antiques « qu’en dira-t-on ? »

– Tu peux être un peu plus explicite, s’il te plaît ? « impôt social », les antiques « qu’en dira-t-on » ? C’est…

– Je te dis que les gens se sont délestés des complexes qui leur empoisonnaient l’existence, Christine ! You got it ? Je te donne un exemple : le premier time que j’ai emménagé dans cet appartement, il y a un peu plus d’un an de ça, mon voisin d’en bas, un type de mon âge, m’a tout suite invité. Just like that ! Le jour même. Sans chichi aucun. « T’es le bienvenu. Joints-toi à nous. » Une heure plus tard on faisait ça à quatre, avec ces deux enfants de quinze ans. Des jumeaux, un garçon et une fille. On était, tout simplement, biens ensembles. On avait envie de s’éclater. Quel mal y a-t-il à ça, fucking hell ! Du moment qu’on était tous consentants !

– Tu vas me dire que t’es fière de baiser avec une gamine de quinze ans !

– Autant t’informer, à ce propos, que la majorité civile est, précisément, passée de dix-huit à quinze ans, et la liberté sexuelle ramenée à treize.

– Et moi qui croyais que tu couchais pas avec les femmes ! Remarque, la petite voisine à peut être une source de jouvence à la place !

– Ce que tu peux être vieux jeu, ma pauvre chérie ! Le père, oui ; il se paie volontiers du bon temps avec les deux. Moi par contre, les orifices poilus, ça m’a toujours laissé froid ; je leur préfère la fleur de lotus. T’es bien placée pour le savoir, après tout !

– Je m’en souviens en effet. Même si ce n’est pas vraiment le motif qui m’a fait prendre mes cliques et mes claques et foutre le camp, alors que je venais de te mettre le grappin dessus, avec la ferme intention d’inaugurer une existence un peu plus stable que celle que j’avais menée jusqu’alors, monsieur l’artiste. Au fait, je t’en remercie à postériori ; j’ai failli passer à côté de ma vie.

– Je m’attendais pas à celle-là ! True ! Heureusement que tu ne m’en veux plus pour ça. Ça m’aurait chagriné. Really ! Parce que… Déjà qu’à l’époque, les chattes, ça me disait strictement rien. Pour être honnête avec toi, rien qu’à penser qu’il fut un temps où je rêvais de tripatouiller le « marais velu », j’en ai des nausées. Outright ! Je n’ai jamais vraiment eu le courage de l’avouer aussi franchement, mais puisqu’on y est, je ne vois pas pourquoi je dois m’en priver. J’espère que ça ne te choque pas plus que ça.

– Merci pour l’explication de texte, en tout cas ! Au fait, t’as pas prétendu, au tout début de notre discussion, que les rapports père-fille étaient interdits ?

– C’est toujours vrai. Heureusement ! Mais l’interdit, c’est fait pour être transgressé de temps à autre ; tu le sais bien ! Come on ! C’est d’autant plus jouissif. De toute façon, ils font attention, les deux : contraceptifs et tout. Ils sont pas irresponsables à ce point ! Le fait est que la petite en redemande à tous les coups. Faut dire que lui, non plus, n’est jamais en reste, remarque. Comme tu vois, les traditions… tout comme les inhibitions à la con… Out and good rid, que je te dis ! C’est parti, tout ça, Christine ! Fuuiiit, une garde-robe qu’on aurait dépoussiérée ! C’est d’ailleurs de plus en plus vrai partout ailleurs dans le monde libre ; the new family n’a jamais été aussi décomplexée, aussi intimement unie. Fini la mentalité rétrograde, style XX siècle. It’s gone baby ! Faits-toi une raison. Ou plutôt : réjouis-toi !

– Je vois, je vois… Un petit coup pour l’Homme, un grand pas pour l’humanité…

– T’es vraiment devenue réac, ma parole ! Ou alors tu te dessèches sur pied ? Tu nie l’amour, à présent ? C’est triste, tu sais ? Sad. Fucking sad !

– A propos d’amour, j’en ai parlé à une mante religieuse, juste après le repas post-coïtale qu’elle a fait de son amant : la passion dévoreuse… J’dis pas…

– Ah bon ! Tu nous ravales au rang de… !

– C’est pas plutôt toi qui disait, pas plus tard qu’il y a un moment, qu’on a le mérite de nous être enfin réinsérés dans l’ordre naturel, d’avoir renoué avec la matrice originale – ou quelque chose de ce genre ? Ou bien je divague, peut être ?

– Mais tu mélanges tout ! That’s not fair !

– Si tu le dis, Barbe-bleue !

– Je vois que tu verses carrément dans le sarcasme !

– Y a pas plus d’amour que de beurre au cul, Rolland ! Pas dans le sens où tu le vois. Ou bien trouves-tu que ta passion pour la blanquette de veau ressemble beaucoup à ce que ressent le pauvre animal au moment où on l’abat afin de préparer à monsieur son plat préféré ?

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