Heureusement que mes 18 ans ne durent qu'un an

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Un vieux sage chinois a dit un jour : « On n’a dix-huit ans qu’une fois dans la vie donc profitons-en bien. » Et ça, Tanguy, le jeune personnage principal, le voudrait bien. Mais voilà, les événements récents autour de sa personne ne lui donnent pas vraiment l’occasion de se réjouir à l’aube de la majorité. La rupture douloureuse avec ses amis, sa relation plus que tendue avec la société occidentale, les piètres prestations du RACS Couillet, son club de foot préféré, et surtout, la quête de la femme de sa vie : autant de sujets qui seront plus d’une fois matière à réflexion au cours de ses 18 ans. Son ego pour le moins envahissant tentera bien de lui remonter le moral, mais c’est surtout en se livrant sans retenue aux lecteurs, en les confrontant avec ses petits soucis quotidiens ou avec sa vision bien à lui des choses, qu’il tentera de se reconstruire. Il le fera toujours avec beaucoup de générosité, d’émotion et même d’humour.

Mais Tanguy est avant tout un singulier personnage comme il n’en existe pas deux, et rien que pour ça, il mérite que je lui consacre un roman entier.


Publié le : dimanche 1 janvier 2006
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9999998723
Nombre de pages : non-communiqué
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« Chère Marie, Ta première réaction en lisant cette lettre pourrait logi-quement être : “Mais bon sang, pourquoi Tanguy me remet-il une lettre pour me dire quelque chose alors qu’il est juste en face de moi…” Et en effet, cela pourrait sembler étrange, mais si j’ai préféré cette manière-là, ce n’est pas par timidité (sinon j’aurais été me cacher dans les toilettes après t’avoir remis cette lettre), ce n’est pas non plus pour ne pas attirer l’attention des gens autour de nous, mais bien par facilité, pour m’expliquer le plus clairement possible. Une deuxième réaction, tout aussi normale que l’initiale, pourrait ensuite être : “Mais sacrebleu, qu’est-ce que Tanguy veut me dire de si important ? ” Eh bien, là où je veux en venir, j’ai mis beaucoup de temps à décider quand, où, et comment je te l’annoncerai. Pendant tout un temps, je me suis même dit que ce n’était pas encore le moment propice pour te le raconter, mais depuis le soir du bal, je suis déterminé à t’en parler, qui sait, grâce à la magie du bal. Je pourrais te l’écrire de cinquante manières différentes en Anglais, mais je préfère te l’écrire avec cette simple phrase en Français, et pourtant tellement universelle : Je t’aime… Si tu n’es pas encore tombé e en arrière de stu-péfaction, je te prie de continuer à lire pour que je puisse m’expliquer plus en détail. Tout d’abord, je suppose que tu comprends bien pourquoi j’ai tellement attendu pour te le dire, étant donné les circonstances qui font que, depuis un petit temps déjà, tu as un petit ami. J’ai d’ailleurs un peu l’impression d’être maladroit et pathétique de te l’avoir annoncé, mais je ne le ressens pas tout à fait comme un acte de désespoir pour autant… En parlant de désespoir : j’en ai connu pas mal le jour où j’ai appris que tu n’étais plus un cœur à prendre… Ce jour-
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là, je me suis pris une incroyable claque en pleine figure, dont je croyais bien ne jamais m’en remettre. Si à cet instant, j’avais vidé mon sac auprès de toi, là, mon acte aurait vraiment é désespéré. Cependant, je ne l’ai pas fait, mais je ne suis pas resté inactif pour autant : j’en ai parlé en long et en large à Benoît. Je me suis totalement confié à lui et il m’a régulièrement donné de précieux conseils. Et finalement, après de longues semaines de réflexion durant lesquelles mes pensées n’étaient obnubi-lées que par toi (ce qui explique la baisse considérable de mes points à l’école et de mes centres d’intérêts habituels comme le foot ou la politique au Botswana), je me suis décidé à te mon-trer mes vrais sentiments… Et maintenant que je viens de le faire, ce sera tellement facile de te demander si toi aussi, tu res-sens la même chose pour moi, et ce sera également tellement simple de te dire que tu me plais à tous niveaux, que tu as des yeux incroyablement irrésistibles, que tu es une fille si marrante, spontanée, et avec un caractère bien trempé, que je me sens tellement bien en ta compagnie, mais là encore, les circons-tances font que toutes ces belles paroles sont inutiles… Mal-heureusement, car du plus profond du cœur, le moins que l’on puisse dire, c’est que je suis totalement bleu de toi. Moi qui pensais avoir enfin trouvé le sentiment d’être vraiment amoureux grâce à Claudia, une fille que je connaissais à peine, mais qui, au décompte, m’a fortement déçu et blessé ! Dans ce cas-ci, il n’y a pas eu besoin de mariage pour me rendre la vue, après que cet amour m’ait aveuglé. Je me dis maintenant que ce n’est qu’envers toi que j’ai trouvé ce vrai sentiment amoureux… Et permets-moi encore, en guise de conclusion, d’écrire : Marie, je t’aime du plus profond du cœur… » Voilà donc cette fameuse lettre… Je dois malgré tout avouer que je vous ai légèrement menti en ayant juré que je recopierai la lettre dans son état original. En la relisant tant de mois après, je n’ai en effet pas pu m’empêcher de modifier l’un ou l’autre élément. Je n’ai pas touché au contenu, et par consé-quent, les sentiments intenses dont était chargée cette lettre
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ont été conservés, comme vous l’avez probablement constaté. Car, même si j’ai dû ravaler ma salive en remarquant, moi aussi, à quel point mes émotions exprimées étaient extrêmes, et à la limite même, exagérées, je ne peux renier ces sentiments que j’ai eu, un jour, pour Marie. Surtout qu’en écrivant ces quelques mots, je pensais vraiment ce que j’écrivais. Non, ce que j’ai dès lors changé à la lettre, c’est l’orthographe et la grammaire: ahurissant combien de fautes se trouvaient dans l’original ! Et dire que j’allais remettre cette lettre dans cet état à Marie ! Le style de la lettre était aussi exécrable. J’avais tenté un savant mélange d’humour et de sérieux, ce qui n’a donné comme résul-tat final qu’un texte ridicule. Dans une phrase, je fis une blague à trois francs six sous, et dans la suivante, je lui parlai d’amour avec un sérieux de pape : de la pure connerie. Remarquez que, pour l’instant, je suis en pleine phase d’autodérision en vilipendant la qualité de ma propre lettre et je dois dire, qu’une fois de plus, cette autodérision a été bonne conseillère. Grâce à ça, j’ai appris qu’il valait mieux ne plus jamais récrire de lettre d’amour venant du bout de mon stylo (Mont Blanc, série limitée en plus…) En compensation de cette autodérision, je me dois cependant de faire preuve d’un peu de narcissisme en mettant en verve les (rares) bons élé-ments de cette lettre. Par exemple, cette magnifique phrase : « Je pourrais te l’écrire de cinquante manières différentes en Anglais, mais je préfère te l’écrire avec cette simple phrase en Français et pourtant tellement universelle : Je t’aime… » Bien trouvé quand même ! Reconnaissez-le ! Oui oui, n’hésitez pas à caresser mon ego ! Je sais, si je voulais maintenir un peu de suspense, je ne devrais pas vous le dévoiler, mais je ne peux m’en empêcher : je vous confie d'ores et déjà que cette ingénieuse combinaison de resto+lettre a échoué. Je n’ai aucun mal à vous le révéler déjà maintenant, car ça n’a jamais été dans mes intentions de garder la blinde de suspense dans ce roman.
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