Histoire d'A histoire d'O

De
Publié par

Rencontre et naissance d'un premier amour

Publié le : vendredi 23 septembre 2011
Lecture(s) : 185
Nombre de pages : 38
Voir plus Voir moins
Cette publication est accessible gratuitement
 Histoire d’A histoire d’O
Nous habitions tous deux dans la banlieue parisienne, toi au plessis Robinson dans la résidence « Les demeures du Plessis » et moi à Fontenay aux roses dans une cité toit et joie où nous étions une bande de copains et copines. Et parmi ceux-ci Alain dit moumoute qui fut à l’origine de notre rencontre. En effet, vous étiez tous deux en 1èreannée CAP et vous aviez sympathisé. Tu allais d’amourette en amourette et tu souhaitais rencontrer une fille sérieuse…et quelle ne fut pas l’idée à Moumoute de te parler de moi et de faire un pari à celui qui me « sortirait le premier. Alain me parla de » toi mais ne voulut pas me dire ton prénom et te surnommait «duquel du bon sens » Et un beau jour de janvier 1971, froid et ensoleillé, derrière la fenêtre de ma chambre, je t’ai vu arrivé dans l’arrière cour de l’immeuble, un espace vert agrémenté de bancs, toboggan et tourniquet. Grand, beau, brun les cheveux longs, le visage fin, tu ressemblais à « Thierry la fronde », nous ne nous étions jamais vus, mais lorsque nos regards se sont croisés, un sentiment que je
n’avais jamais ressenti jusqu’alors, me fit frissonner.
Par la suite, tu es rentré dans notre groupe, et Alain nous présenta, ton prénom Patrick sonnait doux à mon cœur. Puis de boom en ballade, en partie de billard, nous avons appris à nous connaître. Tu étais gentil, sympa, bien dans ta peau et t’avais de l’humour mais du haut de tes 17 ans tu m’intimidais, j’en avais 15 et surtout tu étais le premier garçon qui s’intéressait à moi. Tu avais une mobylette et t’aimais faire le fandjo. Sur la hauteur de Fontenay se trouvait un panorama arboré avec pelouse et bancs où venaient les familles pour admirer le paysage ou pique-niquer, mais également le C.E.A (centre d’énergie atomique) qui avec son enceinte, formait un circuit idéal pour les deux roues. Beaucoup de grosses cylindrées et des mobylettes venaient le week-end faire des courses et les pompiers du C.E.A intervenaient plus souvent pour secourir les pilotes qu’à l’intérieur de l’entreprise. Et un samedi, nous y sommes montés et vous avez commencé à « tourner , ce qui est devenu un plaisir et » un besoin. Malheureusement un jour pas
comme les autres, peut être la route glissante suite à la pluie de la veille au soir, un virage trop penché sûrement et ce fut l’accident, nous n’avions rien vu mais entendu qu’une moto s’était plantée, nous nous sommes rendus à l’endroit présumé et quelle ne fut pas notre frayeur, c’était toi, allongé par terre, conscient, mais le pantalon ouvert et la hanche abîmée, ne pouvant pas marcher, c’est un copain venu en voiture qui t’a emmené chez tes parents car tu ne voulais pas faire appel aux secours (déjà à l’époque) et nous autres, avons traîné la mobylette en piteux état jusqu’à l’immeuble. Nous avons appris quelques jours plus tard que tu allais bien, qu’il y avait eu plus de peur que de mal, mais que par contre dans la même journée, un autre motard avait perdu le contrôle de son engin et s’était tué.
Une semaine après, rétabli mais boitillant un peu, tu es revenu. N’ayant plus de moyen de locomotion, ce fut l’occasion pour nous tous de faire des sorties pédestres et pendant trois mois tu t’es rapproché de moi, jusqu’à ce premier baiser volé, on discutait, tes mains étaient posées sur le mur comme
pour m’emprisonner et là sans que je m’y attende, tu m’as embrassée, un baiser furtif car je me suis enfuie et tu ne m’as pas revue avant 15 jours.
Lorsque je fus remise de mes émotions et ton baiser berçant mes nuits, je décidais de mettre ma timidité de coté et de te revoir. Patiemment tu m’as conté fleurette et en ce jeudi 21 mai 1971 nous promenant avec nos copains au hasard des ruelles, accompagnés par le chant mélodieux des oiseaux, tu as pris ma main et j’ai su à ce moment là que c’était l’amour. A partir de ce jour, nous avons fait tout notre possible pour être ensemble, ne pouvant pas sortir facilement, dès que tes cours étaient finis, tu venais me chercher à la sortie du collège avec ta Flandria une 49,9 cm3 que ta mère « même pas peur » t’avait achetée entre temps tout en te disant « fini le panorama », et nous partions profiter de ces moments de liberté en amoureux. Tu avais décidé de la transformer. Une corde de plus à ton arc : la mécanique, démontage, remplacement du phare par un plus gros « emprunté » à une autre moto, peinture, pot d’échappement double sortie, elle paraissait
une grosse cylindrée, ce qui nous pensions aller nous faciliter les déplacements Nous avions un lieu de rencontre avec les copains, un petit café sympa « Chez Lolote » où nous faisions des parties de flipper, de baby foot tout en écoutant de la musique au Juke-box. Nous avions tous deux des horaires pour rentrer au bercail et les respections afin de ne pas être privés de sortie !!!! Les semaines passaient délicieusement ponctuées par nos sorties en mobylette lors desquelles nous croisions de temps à autre un car de police et nous devions faire vite pour les semer. Lorsque c’était en me ramenant, tu prenais la rue de l’école des ormeaux qui se finissait en cul de sac par un escalier avec une rampe de chaque coté pour les poussettes et là nous pouvions nous faire la belle laissant les flics « sur le cul ». Nos promenades main dans la main, nos baisers protégés des regards par les branches d’un saule pleureur devant la fontaine ou dans les arbustes de la pépinière »CROUS », lieu sublime que tu  m’as fait découvrir et qui a abrité nombre de nos moments intimes et notre premier JE T’AIME, tous ces moments de l’adolescence qui seront de merveilleux souvenirs. Natif du
Perreux /Marne dans le 9 4 et nostalgique de ces années passées là-bas, tu m’y emmenas me montrer les bords de marne magnifiques avec leurs guinguettes surplombant les rives et la maison où tu avais grandi, mais là ce fut une déception, elle avait été rasée et un immeuble de haut standing s’y dressait, tu eus un pincement au cœur qui fut vite remplacé par un sourire lorsque tu aperçus au loin ton meilleur ami d’enfance Frédéric avec lequel nous avons passé un petit moment, vous, à vous remémorer vos souvenirs d’enfance, moi à vous écouter ce qui était émouvant et nous le quittâmes en lui promettant de revenir le voir. Les grandes vacances arrivaient à grand pas et nous allions être séparés, tu avais prévu de travailler la première quinzaine de juillet pour pouvoir partir en Flandria, camper avec Moumoute dans la résidence secondaire de ses parents située dans le Cher et tu ne pouvais pas annuler, ce projet avait été pris avant que tu me rencontres et c’était ton premier voyage. Le 1erjuillet donc, tu as pris tes fonctions en tant qu’aide plombier dans l’entreprise où travaillait ton beau-frère Jean Claude, et le soir, malgré la
fatigue, tu venais passer un petit moment avec moi sur le banc au coin de la rue André Neyts, celui-ci se trouvait dans un renfoncement et permettait de ne pas être vus par mon père qui ne voulait pas que je te fréquente. Ton cuir te faisait passer pour « un blouson noir » et d’ailleurs il t’avait coursé dans cette rue pour que tu ne me tournes plus autour. Mais il ne t’a jamais rattrapé et on a bien ri ensemble après, mais connaissant mon père, nous avons pris par la suite plus de précaution.
Ton travail s’achevait le 10 juillet, le lendemain nous sommes partis faire les boutiques pour acheter des fringues, sans oublier la paire de clarks (qui était à la mode dans ces années là) tu es sorti satisfait, certes les poches vides mais vêtu « classe » comme tu voulais. Le 13 arriva vite, ce fut les au- revoir et vous avez pris la route avec vos sacs à dos pour 350 kms. Nous nous étions promis de nous écrire tous les jours et c’est ce que nous avons fait, nous racontant nos journées. Pendant ton absence, j’allais rendre visite à tes parents et avec ta mère nous nous installions sur le balcon pour discuter de toi entre autre, en
même temps elle tricotait, elle était hyper douée et faisait de très beaux ouvrages pour ses petits enfants. Cette séparation nous a créé quelques problèmes car nous avions été chacun de notre coté au bal du 14 juillet, je n’avais dansé avec aucun garçon mais tu ne voulais pas le croire et toi tu avais dansé avec des filles, mais je devais accepter car il n y avait rien de mal. Devant partir avec mes parents en vacances comme chaque année chez mes grands-parents et ceux-ci ne voulant pas me laisser à l’appartement avec mon frère aîné, je t’ai demandé par lettre d’user de stratagèmes pour revenir plus tôt afin que l’on se voit avant mon départ, pour mettre les choses au clair afin qu’il n’y ait pas d’ambiguité concernant notre relation. Ce que tu as fait et tu es revenu en ce bel après midi du 26, lorsque tu m’as vu sous le porche, ton visage ne s’est pas illuminé comme on aurait pu penser mais au contraire il s’est assombri, sur le moment je n’ai pas compris pourquoi, mais d’un seul coup ça a fait tilt, ma tenue vestimentaire ne te plaisait pas, je portais un short et des collants noirs et je vis dans ton regard que le 14 juillet resurgissait dans ta mémoire, je
fis volte face et courus enfiler vite fait un pantalon et redescendre l’escalier quatre à quatre et là tu retrouvas ton sourire, mais les reproches fusèrent. Pourtant lorsque tu m’as rencontrée, je me maquillais un peu, portais des vêtements féminins, mini jupe, petit décolleté… mais depuis que nous sortions ensemble, tu n’acceptais plus ce genre de tenue et si par mégarde, j’oubliais, je devais remonter me changer. Bref, le 1eraoût arriva et nouveau départ, prenant la route à 5 h du matin, nous nous sommes quittés la veille au soir avec des étreintes à n’en plus finir, tellement ce mois nous paraissait long. Le temps passa agréablement entre les visites chez les oncles et tantes, les petits coups de main à la ferme pour emmener les vaches et les cochons aux champs. Toi de ton coté, tu sortais avec mon frère Gérard cinéma, billard et tous les jours nous nous écrivions. Et nous fumes heureux de nous retrouver en cet fin d’été avant de reprendre avec un peu de regret notre scolarité toi en seconde année de CAP Constructeur métallique et moi en première année BEP sténodactylo.
Cette rentrée se déroula pour le mieux, changement d’école, nouvelles connaissances et nous formions toujours à l’immeuble une bande de copains qui souhaitait se rassembler le plus souvent possible mais sans aller trop loin, et par ce fait le gardien un homme d’une quarantaine d’années qui nous appréciait et qui voyait que nous étions sérieux nous proposa de nous prêter un local afin d’y faire notre lieu de rencontre. Nous étions tous heureux de cette opportunité et dès que nous avions un moment libre, nous en profitions pour préparer cette pièce En premier, pour ne pas gêner les voisins avec la musique, nous avons entrepris d’isoler la pièce, chacun ramenait des plaques de boite d’œufs en carton que nous collions sur toutes les parois, recouvertes ensuite avec du papier alu. Nous y avons passé du temps mais le résultat était là, puis nous sommes passés à l’ameublement récupération d’un canapé, un meuble bar qui entre parenthèse faisait lit. On y reviendra par la suite, et ni d’une ni de deux vous êtes partis avec Jean Claude dit Bouboule et vous avez ramené le mobilier, à pied du Plessis Robinson à Fontenay (très
insolite à l’époque). Puis ce fut le tour d’une platine et de jeux de lumière et notre boite de nuit privée était enfin prête. On a fait l’ouverture un samedi tous ensemble en faisant notre première boom, on s’en est donné à cœur joie, surtout toi qui adorais la musique et tout autant la danse : le rock le slow langoureux, le madison et même les danses de nos parents, valse , tango tout y passé, tu bougeais bien ton corps et t’en redemandais. Il n’y avait pas beaucoup de danseurs dans le groupe mais tout le monde s’éclatait. Beaucoup de soirées suivirent avec quelques débordements dus à l’alcool (sangria faîte maison), le gardien suite à des plaintes nous rappela à l’ordre. Le jeudi après midi, nous allions rendre visite à ta sœur Ludivine qui habitait la Butte Rouge avec son mari et leur fille Charlotte, ta soeur était très gentille et malgré ses soucis, d’une humeur toujours joyeuse. Pendant qu’elle allait travailler nous lui faisions quelques tâches ménagères (ménage, repassage, vaisselle), une petite anecdote à ce sujet, l’évier faisait en même temps vide-ordure, imaginez un peu les déchets et la plonge, c’était pas top et encore moins hygiénique.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant