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Histoires au coin du feu

De
242 pages
Vingt-trois nouvelles, autant d'étapes pour un voyage à travers les époques et les pays les plus variés; de l'Antiquité jusqu'à notre époque moderne, en passant par le Moyen-âge, de l'Afrique à l'Amérique, de la vieille Égypte à la Russie, voici les aventures dramatiques de héros – jeunes et moins jeunes – confrontés aux aléas de la vie... Rocambolesques, fantastiques ou oniriques, toujours emplies de tendresse, ces "Histoires au coin du feu" présentent des personnages de la vie quotidienne qui vivent un destin extraordinaire, et dont le récit, écrit dans un style simple et direct, évoque les histoires toujours renouvelées que les anciens narraient, naguère, à la veillée, au coin du feu.
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IDDN.FR.010.0118946.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2013
Lhistoire de Serguei, seigneur russe Le prince Serguei vivait solitaire, dans sa somptueuse datcha des bords de la Mer Noire. Il meublait les longues heures de son existence dans des plaisirs intellectuels, senfermant dans sa chaude bibliothèque, enfoncé dans un fauteuil confortable. Les livres, dans de rares éditions qui mettaient en valeur des reliures richement enluminées, sétageaient sur les rayons du sol au plafond. Seule la cheminée où brûlaient de fortes bûches de bois, faisait barrière à létalement des ouvrages sur les murs Là, livré à lui-même et à ses pensées, hélas, bien sou-vent moroses, le prince développait jour après jour, sa culture artistique et humaniste. Il savait quil trouverait dans ses lectures la diversion de ses soucis, le plaisir de connaître dautres horizons, dautres pensées, dautres théories philosophiques, et en outre le divertissement dont il avait besoin pour se sentir encore vivant, malgré lâge qui inexorablement lui parlait déjà de fin de vie. Il savait que la meilleure thérapie contre la mélancolie était encore lactivité cérébrale et intellectuelle, car elle le faisait sortir de lui-même et lentraînait dans des univers de culture où sa nature curieuse se complaisait. Parfois, Serguei attelait sa troïka de chevaux à un solide traineau quil lançait à toute allure sur les prairies ennei-gées ; il traversait les rivières glacées, glissait sans à coups sur le lac semblable à un miroir Il lui semblait que sa course folle avait pour but de rattraper le temps perdu et de lui faire revivre sa belle jeunesse quand il était en
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pleine possession de ses moyens et quand il pensait que la vie naurait pas de fin. Il se sentait à nouveau léger, le monde lui appartenait et son cur senflammait au contact de lair froid mais tellement vivifiant. Il vivait seul dans sa datcha, sans famille et sans do-mestiques. Il soccupait de ses chevaux, et une fois par semaine, allait visiter ses nombreuses fermes où des dizai-nes de moujiks travaillaient pour lui. Il nétait pas dur envers eux, et leur laissait la liberté dentreprendre tous les travaux nécessaires au fonctionnement de la propriété, tout en nexigeant que le revenu le plus modeste pour lui-même. Il avait par ailleurs une fortune considérable qui dormait dans les coffres de plusieurs banques. Comme il se savait à labri du besoin, il ne voyait pas dintérêt à brimer les paysans et à les pressurer, sachant bien que la pauvreté était générale et sans solution Dailleurs, les moujiks lui en étaient reconnaissants, et lappelaient « no-tre bon maitre », dévoués à sa cause et empressés à le servir du mieux quils pouvaient. Parfois, à un rythme irrégulier, mais que la coutume plaçait au moins à une fois par mois, les seigneurs voisins venaient le voir, oh ! Pour une visite rapide, car ils eurent vite compris que Serguei nétait pas un hôte convivial, et quil les recevait par politesse et non par goût. Et puis, à son tour il devait par obligation de savoir-vivre, assister à leurs réceptions, où lennui dominait, du moins cétait ce quil pensait. Il ne supportait pas, ou très mal, les bavarda-ges oiseux et futiles, ce qui, pour lui, caractérisaient la bêtise humaine. Seule la richesse des échanges lui conve-nait ; hélas ! Lors de ces réunions, en aucune façon, il ne retenait quoi que ce soit dintéressant ou de positif. Il détestait plus que tout, lassiduité de certaines fem-mes qui navaient de cesse de lui parler, de vouloir danser
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