Histoires profanes

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L’auteur qui a déjà publié chez le même éditeur un roman et un spicilège de poémes, nous propose ce recueil de nouvelles. Très en vogue dans les pays anglo-saxons et au japon, la nouvelle n’est pas un « petit roman ». C’est un genre à part entière avec ses codes et ses contraintes. Jean-Claude Caillette nous propose une trentaine d’histoires très variées sur le fond comme dans la forme. Vous serez amusé par l’humour décalé, attendri par la poésie des textes, surpris par des chutes imprévisibles. L’humour même noir est présent. Il sert à masquer la réalité , c’est à dire notre inexorable fin...
Publié le : jeudi 12 juillet 2007
Lecture(s) : 128
EAN13 : 9782304006223
Nombre de pages : 249
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Titre
Histoires profanes
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Titre Jean-Claude Caillette
Histoires profanes
Nouvelles
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00622-3 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304006223 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00623-0 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304006230 (livre numérique)
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JOURS SANS PLUIE
Après l’effondrement de la montagne, l’année quinze d’un siècle non identifié, le village le plus au sud de tout ce qui était connu ne comptait plus que douze habitants ; cinq hommes, quatre femmes et trois enfants. Une grande partie des terres avait été emportée par le fleuve de boue. Seul, subsistait un troupeau de chèvres qui pâturaient sur le versant opposé lors du sinistre. Les survivants enterrèrent les morts que l’eau découvrait en se retirant, réquisitionnèrent les maisons vides en bon état, s’approprièrent de nouvelles parcelles de terrains et se partagèrent les chèvres désormais en surnombre. Ceci fut fait inégalement en raison de la loi du plus fort et du plus rapide. La vie reprit malgré tout. Considérant que nos actions nous lient à notre destin aussi sûrement que le soleil se lève, Sidoine, le boulanger, et sa femme, Judicael, adoptèrent les deux plus jeunes orphelins.
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Histoires profanes
Un soir, Germont, mis quelques hardes dans une brouette, s’invita à dîner chez Bertrande et y resta. Comme il n’était pas homme à porter de petits sentiments, il lui fit la vie belle et Bertrande la lui rendit. Plus tard, Anguerran, l’ancêtre, qui avait beaucoup de passé et de moins en moins d’avenir, descendit des hautes terres pour accepter la soupe de Saturnine sa fille, avec qui il était fâché depuis des lunes. Au nom de l’ordre et de la paix des ménages, les femmes poussèrent Angel, adolescent de dix-sept ans, dans les bras d’Emeline qui exhibait ses seins à qui voulait les voir. Romaric dont l’age était plus en rapport ne fut pas prétendant, sa déficience étant de notoriété public. Il crachat sa déception dans son mouchoir et s’en fut. Germont et Sidoine donnèrent de leur temps et même un peu plus pour initier les puceaux. Aux volets souvent fermés de leur maison, on sut bien vite qu’Angel et Emeline s’appréciaient fort. A l’issue d’une grande veillée, Germont fut admis chef de la communauté. Il hérita en outre de la fonction de juge et d’exécuteur des sentences. A tout hasard, il éleva une potence près de l’ancien cimetière. Par la suite, il ajouta un grand miroir ramassé intact dans les décombres afin que chacun
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