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Mélanie CHAMBRIN
Humeurs noires
© Mélanie CHAMBRIN, 2016
ISBN numérique : 979-10-325-0033-0
Courriel : contact@laboutiquedesauteurs.com
Internet : laboutiquedesauteurs.cultura.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Esprit canin
Rufus fixait la pendule. Il avait déjà rangé toutes ses affaires, refermé ses dossiers et enfilé son manteau. Dans dix petites minutes, au plus, il pourrait enfin rentrer chez lui. La journée avait été longue et il n’avait qu’une hâte, se retrouver seul, au calme. Il attendait juste les résultats d’analyses qu’on lui avait promis pour la soirée avant de prendre la route. Une fois le mail tant désiré reçu, il lança une impression de la pièce jointe.
L’imprimante se mit à ronronner et Rufus se leva pour attraper les papiers qui en sortaient. Il jeta un coup d’œil aux conclusions et glissa le rapport dans sa pochette en poussant un grognement. L’enquête s’avérait de plus en plus complexe.
Il partit sans prendre la peine de saluer les quelques collègues qui restaient. Le décès de sa mère deux mois auparavant l’avait secoué. Lui qui avait toujours été solitaire et discret était devenu un peu bourru. Puis les meurtres avaient commencé et l’avait plongé encore un peu plus dans son malaise. Cinq en trois semaines. Son équipe et lui n’étaient pas formés pour ce type de crimes. Celle du peloton de gendarmerie de haute montagne d’Oloron à qui ils prêtaient main forte non plus. Entre l’horreur qu’il devait affronter et les heures supplémentaires dues au sous-effectif, Rufus était épuisé. Il dormait peu et mal. La grande maison de sa mère lui paraissait bien vide maintenant qu’il y vivait seul. Pendant un bref instant il avait songé à la vendre, à se rapprocher de son travail, de Pau, sans parvenir à s’y résoudre. « Pourquoi chercher ailleurs ? se disait-il de toute manière je ne quitterai pas la région. Un petit de rafraichissement de l’intérieur et l’atmosphère pesante de son enfance serait gommé. » Voilà ce que pensait Rufus. Qu’avec un peu de peinture, il pourrait tout effacer. Remettre à neuf ces murs, les réhabiliter.
Quoiqu’il en soit, il ne pouvait s’imaginer vivre ailleurs que dans la vallée. La vallée d’Ossau, sa Vallée. Il était né ici et il mourrait ici, c’était une certitude.
Enfin, il aperçut le petit sentier qui le menait tout droit à son domicile. Il n’était pas encore descendu de sa voiture que déjà il entendait des aboiements provenant du chenil retentir. Il savait qu’il était tard et que les chiens devaient avoir faim. Il savait aussi qu’il ne s’en occupait pas comme l’aurait voulu sa mère. Pas le temps. Encore moins en ce moment. Heureusement ce n’était pas l’espace qui leur manquait et au moins il pouvait partir toute la journée l’esprit tranquille, ils avaient de quoi se défouler.
Il se débarrassa de sa corvée le plus rapidement possible et leur jeta leur pitance, pressé d’en finir. D’un bref coup d’œil, il s’assura que personne ne manquait à l’appel, après quoi il fonça se servir un verre de whisky avant de s’avachir dans le canapé.