Hurle matin

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Une radio libre! Et qu'a-t-elle de plus libre que les autres, ta radio? Et voilà Laurent, jeune universitaire, qui, par défi,se retrouve chaque matin devant un micro et crie contre le conformisme et la standardisation de l'information en y opposant questionnement et poésie. Tout cela pour plaire à Psylvia, qui l'aime à sa façon, folle de lui, mais indépendante. C'est donc aussi un cri d'amour. C'est également une histoire de rencontres, d'erreurs, de doutes... la vie, quoi! Idéalisme, amour: cela ne peut que mal finir...
Publié le : vendredi 1 août 2008
Lecture(s) : 110
EAN13 : 9782304000580
Nombre de pages : 269
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Titre
Hurle matin
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Titre Luc Willerval
Hurle matin
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00058-0 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304000580 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00059-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304000597 (livre numérique)
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On était bien chez Dominique. Il y faisait douillet au fond des sièges glou-tons, et cela sentait bon le plaqué chêne encaus-tiqué à la cire d’abeille. L’halogène montait sévèrement la garde au pied du fauteuil et repoussait implacablement toute pénombre mélancolique. Le jaune du bourbon ambrait les verres épais, et les amis agglutinés autour du bas guéridon levaient le coude, chacun à son rythme, avec une tranquille régularité. Parfois un éclat de rire haut perché perçait la douce communion. Alors, même la quiétude immobile de l’halogène s’en trouvait troublée. Le vase clos se renversait au gré de la cambrure du rieur dont la face se tournait alors vers le plafond. Dominique, rousse maternelle, répandait une bonne humeur campagnarde. Son mari rentre-rait plus tard dans la soirée, prisonnier qu’il était d’un cours de rattrapage professionnel. Psylvia, au centre, brûlait d’un feu intérieur qui rendait pâle l’halogène, feu toujours alimen-té d’un vieux vin de noix de fabrication « mai-
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« maison » qu’elle amenait toujours avec elle. Le fait qu’elle n’était jamais en rupture de stock en disait long sur l’importance de la propriété familiale, le nombre élevé de noix utilisées, le courage de la grand-mère et son amour qui la liait à Psylvia. Clovis, à côté, était le plus jeune : ses yeux brillaient encore d’une naïve assurance, il s’enflammait très vite pour des sujets ou des êtres très variés qu’il abandonnait rapidement pour un nouveau centre d’intérêt tout aussitôt éphémère. O.K, d’origine insulaire, était ainsi surnom-mée parce qu’elle disait d’abord oui à tout, mais n’en faisait ensuite qu’à sa tête, ce qui l’obligeait souvent à fondre en larmes ou à cracher un coup de gueule. Certains lui trouvaient une res-semblance plus ou moins nette avec un breu-vage oublié et peu appétissant : la soupe au lait. Laurent ne disait rien et tenait les autres à distance au bout de son bras armé d’un verre plein de n’importe quoi. Un vague sourire pou-vait laisser croire qu’il s’intéressait à ce qui l’entourait. Parfois, il sortait de son mutisme par des crises de révolte soudaines et excessives. Il avait rencontré Psylvia l’été précédent sur une plage grecque, près d’un feu de bois allumé par quelques va-nu-pieds étrangers les uns aux autres, et dont le cercle s’agrandissait au fur et à
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