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In vivo post mortem

De
217 pages
Aujourd'hui, mon père est mort. Enfin, il me semble que le décès remonte à ce matin. A moins qu'il ait trépassé hier soir. Je n'ai même pas songé à demander. Je n'aime pas poser de question. Je n'en ai pas besoin, la vie de mes contemporains m'indiffère. Cherchez un autre candidat que moi pour m'immiscer dans leurs vils secrets et leurs habitudes navrantes. Je n'ai rien demandé de précis. Ni quand, ni de quoi, je m'en fous. J'ignore quand son existence avait traversé mon esprit pour la dernière fois. Des lustres, des mois sûr, des années probablement. C'est marrant, sa mort l'a ressuscité de ma mémoire.
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2 Titre

In vivo post mortem

3Titre
Jean-Noël Dey
In vivo post mortem

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00754-1 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304007541 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00755-8 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304007558 (livre numérique)

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.
7 In vivo post mortem
8






Aujourd’hui, mon père est mort. Enfin, il me
semble que le décès remonte à ce matin. A
moins qu’il ait trépassé hier soir. Je n’ai même
pas songé à demander. Je n’aime pas poser de
question. Je n’en ai pas besoin, la vie de mes
contemporains m’indiffère. Cherchez un autre
candidat que moi pour m’immiscer dans leurs
vils secrets et leurs habitudes navrantes.
Je n’ai rien demandé de précis. Ni quand, ni
de quoi, je m’en fous.
J’ignore quand son existence avait traversé
mon esprit pour la dernière fois. Des lustres,
des mois sûr, des années probablement. C’est
marrant, sa mort l’a ressuscité de ma mémoire.
Je ne suis ni malin comme un singe, ni rusé
comme un renard. Je suis un modeste crétin
comme on en croise des dizaines par jour.
Comme vous en croisez des dizaines par jour.
Moi, je ne sors pratiquement jamais. J’évite ainsi
les mauvaises rencontres.
Je m’appelle Loïk, avec un K. Il paraît que j’ai
du sang breton et que si j’avais eu la moindre
fierté, elle aurait été celle-ci. Mais je ne cultive
pas de ce fruit là. Je n’ai jamais mis les pieds à
9 In vivo post mortem
Vannes, je déteste les mouettes et l’odeur du
mazout m’insupporte. Alors la Bretagne, elle
peut bien crever sous son purin de cochon !

Il était 12 heures 30 lorsque l’on m’apprit la
nouvelle. J’étais en train de me préparer à
bouffer. Une boîte, comme d’habitude. La télé
était allumée sur la Une. Je n’aime pas les jeux,
faut réfléchir. Mais la présentatrice est
charmante, alors j’ai pris l’habitude de jeter un
oeil en préparant la cuisine. Sans le son,
évidemment. Juste voir la blonde, l’imprimer
pour le soir, pour mon petit plaisir solitaire
d’avant l’extinction des feux.
22 heures l’extinction des feux, bien trop tôt
pour choper les émissions coquines. Les
bouquins de cul m’ennuient. Moi, je veux du
réel, du vivant, pas du papier glacé. Alors je sais
me contenter de ma petite présentatrice.
L’hygiène, c’est important.
Je n’ai pas encore trente ans, je ne suis pas
encore mort, moi.

La concierge n’a pas pris la peine de frapper
à ma porte. Elle est rentrée franco, j’aurais pu
tout aussi bien être à poil ou je ne sais quoi.
– Un appel pour vous. Ca m’a l’air
important.
– J’arrive.
10 In vivo post mortem
Je crèche dans la chambre 32, au milieu du
couloir du rez-de-chaussée. Juste à côté de la
porte coupe-feu qui grince des dents à chaque
fois qu’on la pousse. Et tout le monde la
pousse, cette porte. De six heures du matin
jusqu’à des minuits. L’extinction des feux
n’interdit pas le port de la lampe torche. Alors,
je dors six heures par nuit. Ce qui me semble
suffisant, vu que je ne fais rien de mes journées.
Le couloir qui mène à l’accueil est d’un vieux
rose saumoné. Le plafond est crépi d’un
vulgaire blanc, niche à poussière et à araignées.
Le balai n’est pas assez long pour permettre à la
concierge d’aller décrocher les toiles qui s’y
agglutinent.
J’entre dans la pièce et prends le combiné en
main. La concierge est restée dehors mais une
curiosité malsaine l’invite à pencher l’oreille du
coté de l’hygiaphone.
Elle a dépassé la cinquantaine, pas d’enfant à
ce que j’ai cru comprendre, un mari volage et
alcoolique. Alors, il ne doit lui rester que ce
petit bonheur sur Terre. Si c’est pour lui rendre
service, je veux bien parler fort.
– Oui, c’est à quel sujet ?
– T’es bien Loïk Travers, le fils de Jean ?
Travers, un nom prédestiné à ne laisser
aucune trace glorieuse de ma morne existence.
Je suis le fier représentant de dizaines de
11 In vivo post mortem
générations d’imbéciles. Et il est de coutume de
tutoyer les imbéciles.
– Oui. Qu’est-ce que vous me voulez ?
– T’me remets pas ? Eugène Tudor, le maire
de Thernes. La dernière fois que l’on s’est vu,
t’avais pas encore de poil au menton.
Thernes, magnifique trou perdu dans la
campagne. Thernes, 500 habitants à tout casser,
une école primaire qui fonctionne encore grâce
aux regroupements des communes voisines, un
bassin de décantation à la sortie du village,
deux-trois agriculteurs subventionnés. Une
cabine téléphonique éclairée la nuit mais même
là-bas tout le monde a le téléphone.
Thernes, le village de mon enfance. On ne
choisit pas sa famille, ni le bled de ses parents.
Depuis que mon père m’a foutu à la porte
sous prétexte qu’à 18 ans il faut savoir vivre de
ses propres moyens, je n’ai jamais remis les
pieds là-bas.
Alors non, Eugène Tudor, je ne me remets
pas.
– Admettons.
– J’ai pas vraiment une bonne nouvelle à
t’apprendre, Travers. Ton père est mort…
– Ah !
– Toutes mes condoléances.
– Y’aura des trucs à payer ?
– Non, ton père avait contracté une
assurance-vie. Il a toujours été très prévoyant.
12 In vivo post mortem
On l’a laissé au presbytère, vu que c’est là qu’il
habitait. On s’est occupé de tout, on lui a mis
un beau costume et de nouvelles chaussures
pour l’occasion, payées sur le budget
municipal…
– Fallait pas vous donner la peine.
– Bah, ça nous fait toujours de la peine de
voir partir un gars du village, surtout ton père
qui était encore dans la fleur de l’âge…
– Je pensais que les mauvaises herbes étaient
plutôt coriaces.
– J’te trouve un peu sévère, Travers. T’sais, il
a bien eu du malheur dans sa vie…
– J’en sais quelque chose. C’est moi, son
malheur.
La concierge n’avait rien raté de tout cela.
Cela lui fera des trucs à dire à son ivrogne
d’époux. Et ça lui fera des choses à se raconter
à elle-même. Elle a pris l’habitude de se parler
tout haut, vu que personne, jamais, ne lui cause.
Elle se tient la conversation toute seule. C’était
ça ou s’acheter un chien. Mais un chien
demande à être sorti chaque soir, même
lorsqu’il pleut des cordes, même sous la neige.
Un chien est capable d’aimer tout aussi
intensément une pauvre concierge qu’un
alcoolo volage. A quoi bon, je vous le demande.
– On est bien embêté. Ton père travaillait
pour la commune. Un peu cantonnier, un peu
garde-champêtre. Et puis surtout, il s’occupait
13 In vivo post mortem
du cimetière. Il entretenait les allées et les
tombes. Les jours d’enterrement, il dégageait le
caveau pour l’inhumation. On pensait qu’il nous
enterrerait tous. Et puis non, la destinée ne l’a
pas voulu ainsi… Alors du coup, on a plus
personne pour enterrer les morts.
– Laissez faire les vers. C’est une histoire de
trois-quatre jours au plus, avec cette chaleur.
– Travers, j’peux pas te laisser dire ça. C’était
tout de même ton père. Y’a un minimum de
respect.
– Mais Monsieur le maire, je concède
volontiers que sa dépouille est très respectable.
J’ai senti mon interlocuteur hésiter au bout
du fil.
– Paraît qu’à la ville, la vie n’est pas si facile.
T’as réussi à faire ton trou ?
Pour ça oui, Monsieur Tudor, je creuse et je
m’enfonce un peu plus chaque jour. Même les
week-ends et les jours fériés. Je disparais de la
surface. J’agonise en sous-sol.
– Ouais, on peut dire ça.
– Ah bon ! J’avais cru comprendre que tu
cherchais du boulot. T’en as trouvé ?
– Non. Mais je m’y emploie, c’est déjà ça.
Trois, quatre. Peut-être cinq secondes de
néant. Je l’entendis souffler, mâcher ses mots
dans sa tête que je devinais chauve et rongée
par le temps. Une tête de vieux. Une tête de
maire. Une tête de vieux maire.
14 In vivo post mortem
– J’me demandais si t’aurais envie de revenir
au village des fois. T’pourrais reprendre le
travail du paternel. T’serais logé comme lui, au
presbytère. C’est gratuit, on s’est arrangé avec le
curteux. Faudrait juste travailler un peu pour la
commune, tondre les pelouses, tailler les haies,
planter les fleurs au printemps et puis s’occuper
du cimetière. Faut songer à trouver quelqu’un
pour l’enterrement de ton père. Alors si t’as rien
d’autre, j’peux t’embaucher de suite.
– Pour quand puis-je vous donner réponse ?
– Le plus tôt sera le mieux. Faut préparer la
sépulture pour l’office. L’enterrement est
programmé vendredi, à 15 heures.
– Je vous rappelle demain.
J’ai raccroché et suis retourné dans ma
chambre, en empruntant le même couloir rose.
J’éteins la télé vu qu’il va bientôt être
question des informations et que je n’arrive plus
à me réjouir de la dernière guerre israëlo-
palestienne ni des images de crève-la-faim sur
mon écran. J’allume la radio, zappe jusqu’à
trouver une chanson à mon goût. Je n’en trouve
finalement pas.
Je coupe tout et allume le néon. Un 60 watts,
bien suffisant pour éclairer les douze mètres
carrés de ma piaule. Je vis constamment avec
les volets fermés. Il n’y a rien à voir depuis ma
fenêtre, hormis le parking couvert du
supermarché d’en face. Pas de trace d’arbre ni
15 In vivo post mortem
même d’un simple buisson. Juste un peu
d’herbe que l’on vient tondre au printemps.
Rarement le chant d’un oiseau. Un monde
aseptisé. Rien d’inoubliable.
Je rallume le réchaud afin d’amener à
température le bain-marie. Le règlement interdit
la possession de cet ustensile en chambre mais
personne n’est jamais venu vérifier. La
concierge est au courant, mais elle s’en fout
comme de l’an quarante.
Raviolis à la bolognaise. On ne peut pas
vraiment dire que j’en raffole mais ils faisaient
des promos sur les boîtes familiales. J’en ai pris
six. Ca me fait douze repas. Je ne suis pas un
homme exigeant. Le camembert est un peu
coulant. Le yaourt est à la fraise. Le café,
lyophilisé.
Je débarrasse et trouve l’ultime courage de
faire la vaisselle. J’emmène le tout dans le bac à
douche, arrose çà et là de produit vaisselle et
rince à l’aide du pommeau. J’essuierai ce soir,
peut-être demain. Tant que je ne ressentirai pas
l’envie urgente de me laver.
De l’étage montent les soupirs d’un couple
illégitime. Le règlement interdit formellement
de loger une autre personne que le locataire lui-
même. Bien sûr, il est possible de recevoir
quelques visites à condition qu’elles soient
« courtes et ne compromettant pas la moralité et la
dignité des personnes ». Article sept. Ce qui
16 In vivo post mortem
signifie : pas de fornication. Mais le voisin du
dessus se tape — en autre — du règlement. Il
baise régulièrement, généralement à la même
heure, juste après le déjeuner. Ca l’occupe
pendant la digestion.
Ne croyez pas que je sois jaloux, j’ai moi-
même une vie sexuelle débordante puisque je
me soulage consciencieusement chaque soir.
Généralement après dîner. Ca m’occupe
pendant la digestion.

Je sors un peu, voir si le monde est toujours
debout, et pour combien de temps. Nous
sommes en été, fin juin, l’atmosphère
commence à s’alourdir. Bientôt, le quartier sera
déserté par ses habitants, grandes vacances
obligent.
J’imagine qu’ils vont les passer au bord d’une
mer ou d’un océan quelconque, qu’ils vont se
ruer par millions sur les mêmes routes, se
supporter dans les voitures roulant au ralenti,
mangeant des sandwichs débordant de
mayonnaise. Se retrouver sur les mêmes plages,
cultiver d’un même allant leur futur cancer de la
peau pendant que leurs enfants découvriront
leurs premiers émois érotiques — généralement
avec des Allemands ou des Hollandais — et
leurs premières bouffées de marijuana. Ils
rentreront pour septembre, avec des coups de
soleil, l’œil éteint, et pour certaines mal au cul.
17 In vivo post mortem
Je ne suis jamais allé en vacances, mais on
m’a raconté.

Le foyer est desservi par la ligne de bus
numéro 19, c’est direct pour l’ANPE. Je suis
titulaire d’une carte de transport avec ma photo
dessus, le tout recouvert d’un fin film plastique
que je présente au chauffeur. Elle ne me coûte
rien. La mairie fait dans le social, les transports
en commun sont gratuits pour les chômeurs. Ca
fait travailler la compagnie de bus, qui fait des
bénéfices, qui paye donc des impôts que l’État
redistribue à la commune afin de payer le bus
aux chômeurs.
Je me rends à l’agence une fois par semaine.
Voir, chercher un truc qui ne serait pas trop
difficile à faire. Pointer surtout et toucher la
mise à la fin du mois. Il vous serait loisible de
croire que je suis peut-être du genre fainéant. Je
m’en défends, la tâche ne me fait pas peur.
J’aime bien deviner la sueur me dégouliner dans
le dos, sentir sous mes aisselles le parfum
délicat de l’effort. Mais le fait de devoir
travailler pour le profit de quelqu’un d’autre
m’insupporte.
Je suis né pour être artiste, pour créer, pour
vivre de mes inspirations célestes. Hélas, je n’ai
jamais été très inspiré. Alors pour ne pas crever,
pour améliorer l’ordinaire, il m’arrive de
18 In vivo post mortem
m’adonner à la soumission hiérarchique, pourvu
que ce soit bref et bien payé.
J’ai fait dix mille métiers. Manœuvre, peintre,
plâtrier, aide mécanicien, cueilleur de cerises,
cariste. J’ai même été chauffeur poids lourds,
trois jours. Le temps qu’ils s’aperçoivent que je
n’avais pas le permis. J’ai menacé de foutre le
feu au camion et ils ont fini par accepter de me
payer une semaine entière, pour trois jours
travaillés. Mon plus beau coup.
Je pénètre dans l’agence comme d’autres
feraient le tour du propriétaire — je suis chez
moi — et me dirige vers le panneau réservé aux
emplois non qualifiés. Doux euphémisme. On
recherche un gardien-veilleur pas très loin d’ici.
Travail de nuit, expérience souhaitée. La seule
expérience que j’ai pu acquérir la nuit, c’est le
sommeil. Trop peu pour moi.
Je survole le reste des annonces comme on
pécherait le poisson sans hameçon. De guerre
lasse, je rebrousse chemin sous un soleil au
zénith. Je cherche aussitôt l’ombre sous les
arcades et déambule vers le centre ville.
La gourmandise me pousse à m’asseoir à
cette table de café. L’envie d’une bonne bière
fraîche et la certitude de pouvoir prendre tout le
temps de la savourer. L’après-midi entier si cela
me chante. L’éternité m’appartient, je suis un
chômeur artiste.
19 In vivo post mortem
Je passe deux heures à l’ombre d’un parasol,
à regarder passer des gens que je ne croiserai
certainement plus jamais de ma vie, à profiter
des chairs qui se dévoilent. S’il fallait croire au
Bonheur, je pourrais me laisser dire que j’en
suis à ses pieds. Bien loin du sommet encore,
mais je l’aperçois par beau temps.
Aujourd’hui mon père est mort. Je trinque à
son nom puis repose mon verre sans l’avoir
porté aux lèvres. Certains Normands veulent
croire que ce geste suffit à tuer un marin en
mer. Mais je ne suis pas Normand et je voue
une indifférence totale envers les pêcheurs. Ils
sentent le poisson. Je ne supporte pas l’odeur.
Même cuit.
Je me demande ce que peuvent sentir les
morts. Lorsque après trois jours de lit réfrigéré
le corps se libère enfin dans le moelleux velours
d’une bière à deux SMIC. Une fois, j’ai trouvé le
cadavre d’une souris. Elle devait traîner là
depuis une bonne semaine. Délicatement, j’ai
pris en main sa queue déjà raidie et m’en suis
aidée pour la retourner sur le dos. Des dizaines
de vers blancs se tordaient dans son ventre. J’ai
trouvé ce spectacle fascinant. La mort génitrice
de vie. La vie comme offrande à la mort.
Depuis, je cultive un attrait tout particulier pour
le roquefort.
20 In vivo post mortem
J’aurais trente ans à la fin de l’année, le jour
de Noël. Et dire que je n’en suis pas encore à la
moitié de la vie.
Le serveur, que je n’avais pourtant pas hélé,
s’approche et me sert une nouvelle
consommation.
– Je vous remets la même, Monsieur. Ca fait
deux heures que vous êtes là…
– Je me casse.
Je rentre à pied. Parfois, un souffle d’air me
traverse les cheveux. C’est assez agréable.

Je croise la concierge dans les couloirs, je n’ai
rien de spécial à lui dire. J’aère un tant soit peu
la chambre à présent que le soleil est passé de
l’autre coté, stores baissés bien entendu. Douze
mètres carrés, c’est tout aussi étroit que dans
ma tête. Pas de danger que mon esprit se perde.
J’ai collé un poster du Grand Bleu lorsque je
me suis installé ici. Juste au-dessus de mon
chevet. C’est assez idiot d’ailleurs car je n’en
profite jamais. Je sais à peine nager. Juste de
quoi survivre à la piscine. C’est 2 euros la
matinée. Mais le matin, je dors.
Je dors aussi cet après-midi puisque rien
d’autre ne me vient à l’esprit. Une sieste à peine,
un demi-somme, c’est tout de même trois
quarts d’heure de gagné sur l’horloge. Ce soir,
tout à l’heure, bientôt, je cuisinerai une autre
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