Incertains futurs

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Recueil de onze histoires de science fiction-présentant des futurs possibles mais incertains de l'espèce humaine. S'y trouvent, entre autres, trois déclinaisons des voyages dans le temps, s'appuyant sur les mêmes faits mais présentés avec des hypothèses temporelles différentes (ligne du temps modifiable ou non); le lecteur pourra y retrouver la perception de la narration correspondant à sa sensibilité. Le dernier récit, plus long, pourra rappeler à certains un conflit mondial récent; mais attention aux a priori trompeurs.
Publié le : mercredi 13 mai 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342037685
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342037685
Nombre de pages : 186
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Mon Petit Éditeur
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Quentin L’astronef s’éloignait de la Terre à une vitesse jamais atteinte par aucun appareil humain. Le petit engin qui avait permis à ses deux occupants de quitter l’atmosphère terrestre, alla retrouver seul sa place, imbriqué dans un appareil cylindrique de près de dix mètres de diamètre sur cinquante de longueur. Le vaisseau-mère attendait patiemment ce retour depuis presque douze ans, stationné en orbite haute, invisible aux radars terriens. L’ensemble s’élança alors sur une trajectoire en direction de l’astre des nuits. Devant, la lune grossissait à une vitesse fantastique. Phil, quadragénaire habituellement bien dans sa peau, regardait le jeune homme de vingt-quatre ans assis à côté de lui. Le calme qui semblait habiter Quentin, qui émanait de lui, était tellement étonnant, qu’il en était déstabilisant. Le vaisseau avait contourné la lune et continuait à s’éloigner, s’éloigner de la Terre. Bientôt les deux hommes allaient dépasser le point le plus loin jamais atteint par un Terrien. Le plus loin jamais atteint, le plus… le plus ! Phil sentit comme un immense vertige l’envahir. Mais que faisait-il là ? La main de Quentin se posa sur son épaule : — Ne te tracasse pas, fit-il. Si nous étions restés, nous aurions pu nous considérer comme condamnés. Ici, au moins, nous sommes vivants.
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C’était exact. Ceux qui les avaient enlevés et séquestrés, auraient tout tenté pour les éliminer dès qu’ils n’auraient plus eu besoin d’eux (voir mécanique Quentinique). Trois lumières apparurent au loin, face à eux, trois sortes de spots, très puissants, grossissants inexorablement. Derrière les lumières, un disque flou surgit du néant. Le vaisseau n’hésita pas et y plongea. Toute sensation de déplacement disparut. Un calme semblable à celui pouvant occuper un rêve, un cauchemar, les enveloppa, les submergea. Autour, à l’extérieur, le noir absolu. — Où sommes-nous ? demanda Phil un peu sottement. — Je ne sais pas. — Tu ne sais pas ? — Non ! Mais je ne sais pas tout. Je n’ai pas la science infuse sur tout. — Excuse-moi ! — Ce n’est rien. En fait, j’imagine que nous sommes actuellement dans ce que les scientifiques appellent l’hyperespace. Ce fameux raccourci spatio-temporel qui permettrait de franchir des distances fabuleuses. Mais ce n’est qu’une hypothèse. — Effectivement, c’est très probable. Les deux hommes devaient me rendre à l’évidence : ils se trouvaient et ils allaient là où jamais aucun homme n’avait mis les pieds. Soudain, tout redevint normal autour des deux explorateurs. Normal, c’était vite dit ! Ils découvraient devant eux des étoiles ; un soleil ; une planète grosse comme une pomme verte, et de même couleur. Mais pas de lune. Pas de planète bleue. Et…
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Et une centaine, un millier de vaisseaux spatiaux leur faisant face. — Appuie vite sur la demi-sphère orange ! lança Quentin. Phil obéit instinctivement, sans poser la moindre question. Heureusement, sans doute. Leur astronef s’immobilisa aussitôt. Ils n’avaient ressenti aucun effet inertiel ; ils voyageaient à une vitesse vertigineuse et une seconde plus tard ils étaient arrêtés ; stoppés. Mais stoppés de chez stoppé ! — Ne touchons plus à rien, fit encore le jeune homme qui avait endossé le rôle de leader. Il ne nous reste plus qu’à attendre. Tout autour, les autres vaisseaux, de toutes formes et de toutes tailles, terminaient de les cerner pour finir par former comme une gangue protectrice, une matrice ! Les Terriens ne pouvaient pas vraiment être certains du bien fondé de l’expression qui leur était venue à l’esprit, cependant elle leur apparaissait comme rassurante. Leur astronef se remit, seul, en mouvement pour se diriger vers la planète verte, suivi d’une partie de l’armada qui les avait accueillis. Après plusieurs révolutions autour du globe verdâtre, les deux hommes sentirent qu’une procédure d’atterrissage avait été engagée, accompagné seulement d’une dizaine des autres appareils. Ils ne purent cependant rien voir de la phase finale de leur approche, toutes les parties transparentes du vaisseau s’étant opacifiées dès l’entrée dans l’atmosphère. Le panneau rectangulaire qui servait de porte à leur véhicule s’escamota brusquement ; manifestement, ils étaient invités à en sortir.
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Quentin et Phil n’avaient d’autre choix que d’obtempérer. Ils débouchèrent dans un vaste hall, tellement immense qu’ils ne parvenaient pas à distinguer une seule de ses parois, ni le plafond d’ailleurs. La dizaine d’astronefs qui les avaient suivis, s’étaient disposés sur deux lignes de cinq, délimitant une large allée, aboutissant, une centaine de mètres plus loin, à un plan incliné qui disparaissait dans le sous-sol. Les deux hommes n’attendirent pas d’être forcés à emprunter ce passage, ils avancèrent résolument, mais sans précipitation, vers le couloir en pente. Au niveau inférieur, ils découvrirent une grande salle, d’environ dix mètres sur vingt. Ils continuèrent jusqu’au mur et se retournèrent pour découvrir que le chemin qu’ils venaient d’emprunter avait disparu. Restait une simple pièce carrée, de dix mètres de côté créée par une cloison qui venait d’apparaître. — Nous n’allons certainement pas tarder à rencontrer les occupants des lieux, lança Phil, davantage pour rompre un silence qui devenait pesant. — Sans doute. Espérons qu’ils veuillent bien nous rencontrer avant de décider de notre sort. — Tu penses que nous pourrions être en danger ? — Peut-être ! Mais il ne faudrait surtout pas que ce soit eux qui se sentent en danger. — Ne soyons pas pessimistes. Ils n’ont aucune raison pour nous réserver un mauvais sort. — Non ! Mais qu’ils prennent leur temps. Il faudrait qu’ils découvrent que notre astronef n’aurait pas dû pouvoir voler avant qu’ils aient pris des décisions irrévocables à notre encontre. — Tu crois que tes capacités pourraient les intéresser ? — Sans doute ! — Tu as raison. Tu es notre laissez-passer.
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