Influenza tome 1 - Les ombres du ciel

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La grippe espagnole de 1918 : une arme comme les autres ?

1941, île de Wight. La guerre ravage l'Europe et Alex Beaumont fête son diplôme de médecin. Alors que tout le disposait à une brillante carrière, il est contacté par le département des services secrets spécialisé dans la désinformation.
Les Alliés s'intéressent à la grippe espagnole qui, en 1918, fit plus de morts que la Première Guerre mondiale. L'épidémie aurait été une arme biologique fabriquée par les Allemands, dont ils possèderaient encore des souches.
L'opération Influenza est lancée : aux côtés d'une des premières femmes pilotes de la RAF, Alex traque, de Londres à Shanghai, une vérité qui pourrait sceller le sort du conflit mondial.



Cet ouvrage a reçu le Prix Carrefour du 1er roman




Publié le : jeudi 28 janvier 2016
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782843377761
Nombre de pages : 349
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ÉRIC MARCHAL
INFLUENZA * Les ombres du ciel
ÉDITIONS ANNE CARRIÈRE
À E. & R., à mon A.
Avertissement
Bien que l’intrigue de ce roman soit fictive, la plupart des faits évoqués et des personnages représentés ont réellement existé, sous un nom différent.
15 juin 1941, île de Wight.
1.
— Et maintenant, que la fête commence ! Après avoir soufflé à vide dans l’embouchure de sa trompette, le musicien donna le départ d’un claquement de doigts rythmé. Le jazz band entamaIn the Mood sur un rythme rapide et nerveux, interrompant les discussions des invités, dont la plupart entrèrent dans la danse pendant que d’autres s’échappaient sur la terrasse ou dans le jardin pour profiter d’un soleil flatteur qui s’était fait attendre depuis le début du printemps. La maison, située à l’écart de la ville de Shanklin, au sud-est de l’île de Wight, offrait une vue magnifique sur la mer, bien qu’elle fût retirée de la côte de près d’un kilomètre. Elle était construite au sommet d’un petit dôme de verdure, composé de pâturages et d’îlots boisés qui s’étendait sur plusieurs hectares, délimités par une falaise crayeuse au sud et l’unique voie de chemin de fer au nord. La bâtisse à l’immense toit de chaume enveloppant était la propriété familiale des Beaumont depuis cinq générations. Depuis ce jour de 1843 où Charles Beaumont, marin de Sa Gracieuse Majesté la reine Victoria, y jeta son dévolu, après avoir sillonné les océans du globe et fait fortune dans le commerce avec les Indes. — Kathleen, tu sais où est Alex ? demanda Jack, géant aux cheveux roux, aux oreilles décollées et à la carrure impressionnante, mal à l’aise dans son blazer étriqué de l’université d’Oxford, dont il tirait machinalement sur le col comme pour l’étendre à la taille désirée. — Non, pas depuis qu’il nous a accueillis à notre arrivée, répondit une frêle jeune femme blonde en tentant de maîtriser la robe et le chapeau élégants qui se soulevaient sous la brise. Une rafale plus forte que les autres lui arracha un cri de surprise lorsque son couvre-chef s’éloigna en effectuant une série de roulades acrobatiques et que le bas de son vêtement se releva, découvrant jusqu’à mi-cuisse des jambes au galbe harmonieux. Jack profita du spectacle sans discrétion ni retenue. Kathleen le ramena à la réalité et à ses devoirs : — Jack, si Alex te voyait, il te rappellerait les règles de bonne conduite qu’un gentleman de ta faculté se doit de respecter en toutes circonstances. Surtout en présence de sa fiancée. — Il me botterait le cul, oui ! De toute façon, vous n’êtes pas fiancés. Et c’est d’un œil professionnel que je te regardais. Je me demande si tu n’as pas ungenu valgum. Tu peux remonter ta robe ? ajouta-t-il en chaussant des lunettes rondes et en prenant un air sérieux. — Ne l’écoutez pas, ce type est un arracheur de dents ! intervint un homme en uniforme de l’armée anglaise, un verre de champagne dans chaque main. Son sourire candide et ses traits juvéniles contrastaient avec les deux énormes cicatrices qui lui barraient la joue droite, de l’oreille au menton. — Tu es dentiste ? Mais tu m’avais dit que tu étais médecin, comme Alex ! s’exclama Kathleen. — Personne n’est parfait, répliqua Jack, faussement gêné. Merci, Pat ! Grâce à toi, je suis
démasqué. — Tiens, prends ça, lui ordonna Pat en lui tendant une coupe et en proposant la seconde à Kathleen, qui refusa. Patrick Railey, dit-il pour se présenter. Alors, que pensez-vous de cette bande de voyous ? Pas trop effrayée ? Kathleen regarda autour d’elle. Dans le parc, un groupe d’invités braillait des chansons paillardes, tout en buvant et en s’arrosant copieusement entre deux couplets, tandis que certains, torse nu, jouaient au rugby avec une chemise roulée en guise de ballon. Le vêtement que se disputaient deux adversaires, se déchira rapidement, les projetant à terre sous les rires avinés des autres. — Je savais que les amis d’Alex n’étaient pas très… conventionnels, mais je dois avouer que tout cela dépasse mes espérances. Et de loin, ajouta-t-elle en observant deux comparses qui entraînaient un troisième, ivre mort, vers une mare à poissons. Ils le jetèrent à l’eau, ce qui eut pour effet de le réveiller. L’homme sortit de l’étang, s’affala dans l’herbe et se vomit dessus. Kathleen détourna la tête avec une moue de dégoût. — Ce ne sont que des rustres de médecins, plaida Jack. Je ne dis pas ça pour votre père, ajouta-t-il en se rappelant qu’elle était la fille du chef de service de chirurgie de l’hôpital le plus prestigieux de Londres. — Bah, dans quelques années, ils seront aussi guindés que leurs aînés, remarqua Pat. Et aussi tristes. Laissez-leur le temps. Surtout en ce moment. Chacun resta silencieux. La remarque avait fait ressurgir la réalité au centre de leurs pensées. Comment pouvait-on s’amuser autant alors que le monde était en guerre ? Jack chassa ce pesant sentiment de remords d’un revers de manche : — Aujourd’hui, mon ami Alex a obtenu son diplôme avec le grade de médecin. C’est un jour exceptionnel pour lui et rien ne pourra m’empêcher de le célébrer. C’est ainsi. On danse sur un charnier ? D’accord, mais si l’on se terrait chez soi en refusant de vivre, les Allemands auraient gagné ! — Tu as raison, renchérit Pat. Vivons comme si tout était normal. Ne leur donnons pas ce plaisir. Je porte un toast à Alex et à la victoire des Alliés. — À Alex, à la victoire ! hurla Jack. — À la victoire ! reprirent en chœur les quelques invités, éparpillés sur la pelouse, qui avaient encore la force de trinquer. Jack vida sa coupe et la lança derrière lui sans prendre garde. Elle se planta, le pied en l’air, dans un bosquet. Le géant roux avait les yeux plus vitreux qu’en début de conversation. — Et vous, demanda Kathleen à Pat, vous êtes dans quel domaine ? Dents, cœur, poumons ? Un autre organe peut-être ? — Moi ? Je vais vous décevoir. Je suis militaire de carrière. Il écarta les bras pour mimer un avion. — Les chasseurs, pas les bombardiers, précisa-t-il, comme pour se justifier. — C’est l’original de la bande, plaisanta Jack. Et le plus sobre d’entre nous. — Une bande de gamins, conclut Kathleen en regardant autour d’elle. C’est bien ce qui m’inquiète parfois chez Alex. Il déteste les Allemands juste parce qu’ils ont perturbé sa vie insouciante. — Ne vous fiez pas seulement à ce qu’il montre, mais essayez de percer ce qu’il ne montre pas, lui conseilla Pat. Vous pouvez me faire confiance, je suis son plus vieil ami. — À égalité avec moi, intervint Jack, vexé. — La vue est superbe, remarqua Kathleen pour faire diversion. Quel bel endroit ! Alex a de la chance d’y vivre.
— Il n’y vient plus souvent depuis la mort de son père, expliqua Pat. Il a beaucoup de mal à s’en remettre. — Ça fait combien de temps ? interrogea-t-elle, alors que Jack les abandonnait, assoiffé, à la recherche des dernières bouteilles de bière. — Peter est mort il y a deux ans. À la veille de l’entrée en guerre de son pays. Il n’aura jamais vu son fils devenir médecin. — Comment est-il mort ? — Un accident de voiture. Sur la route qui longe la côte, entre Brighstone et Brooke. Il y a des endroits terriblement dangereux sur cette île, qui ne pardonnent aucune faute. Il a dû s’assoupir. Un homme comme lui, quelle perte pour la science ! Le plus grand spécialiste mondial du virus de la grippe, ajouta-t-il pour Kathleen qui ne semblait pas en mesurer l’importance. Et quel humaniste ! Un type simple, charmant, abordable… — Vous semblez l’avoir bien connu. — Je passais tous mes étés ici, avec Alex. Mes parents habitent la maison voisine. Nous sommes des amis d’enfance. Kathleen le prit par le bras et l’entraîna vers la bâtisse. — Vous m’intéressez : vous allez me raconter comment était Alex quand il était ado. — Mais c’est encore un adolescent ! — Alors, tu es sortie avec lui il y a trois ans ? demanda Clara. — Oui, pendant un an, ma chère, répondit Yanis, d’un ton plein de fierté. — Moi, j’ai pris la relève et ça a duré un an et demi, renchérit Clara comme un joueur de poker abattant un carré de dames. Assises au bar, les deux femmes se toisèrent avant d’éclater de rire. — Ça nous fait un point de plus en commun, dit Clara en levant son verre. À Alex ! — À Alex, le plus mignon de tous les médecins du Royaume-Uni ! Et le plus difficile à attraper ! — Les filles, on porte un toast à mon meilleur ami sans moi ? fit Jack en investissant le bar, les mains pleines de bouteilles de bière. Il les déposa sans ménagement sur le comptoir et se servit. — Alors, à Alex, le plus grand chanceux que j’aie jamais connu, conclut Jack en levant la bouteille qu’il venait de décapsuler. Et le plus stupide, pour avoir laissé tomber les deux plus belles femmes de la Création. Les filles minaudèrent, plus par politesse que par satisfaction. Jack n’était pas dans leur liste de prétendants – trop massif dans son comportement et dans son caractère. Elles étaient toutes les deux encore amoureuses d’Alex et espéraient secrètement qu’il comprendrait son erreur de les avoir quittées, aucune ne pariant un penny sur la pérennité de ses fiançailles avec Kathleen. La jeune femme était tout l’opposé d’Alex. Pondérée, rigoriste et d’un conformisme à faire fuir l’extravagant Alex. Il aurait vite fait de s’en rendre compte et d’en tirer les conséquences. Il n’était pas le genre à s’enliser dans une relation qu’il ne désirait pas ou qu’il estimait vouée à l’échec. Un jeune homme au visage lunaire les rejoignit au bar, provoquant un haussement de sourcils de Jack qui voyait en lui un gêneur. — Bonjour, je suis Neil, le frère d’Alex. — Enchantée, je m’appelle Yanis et voici Clara. Je ne savais pas qu’Alex avait un frère. — Il me cache. D’habitude, il m’enferme : il a peur que mon succès lui fasse de l’ombre ! Et vous, vous êtes sa petite amie ? demanda-t-il à l’adresse de Clara. — Son ex-petite amie. Comme pas mal de filles ici.
— Ça veut dire que vous êtes libre ? — Ça veut dire que je ne suis plus stupide. Et que je n’ai aucune envie de retomber dans les bras d’un Beaumont, répondit-elle du tac au tac. — Eh, attendez, en fait je ne suis pas son frère, juste son demi-frère. Et encore, il y a des doutes ! Revenez ! Oubliez ce que j’ai dit ! Les deux filles avaient profité de l’occasion pour rejoindre un autre groupe moins entreprenant. — Bravo, Neil, marmonna Jack. Tu viens de détruire une idylle naissante. — Avec laquelle ? La brune ? — Oui, Clara. Elle a le béguin pour moi et je la trouve vraiment gironde. — Réveille-toi, camarade ! Ce n’est pas le genre de fille qu’il te faut. Tu la broierais en osselets si tu la prenais dans tes bras. Non, toi, il te faut quelqu’un de plus charpenté. Comme cette fille, par exemple, dit-il en désignant une femme corpulente, aux cheveux blonds rassemblés en un énorme chignon, qui parlait bruyamment et de manière volubile à un groupe d’invités. — Imbécile, c’est la mère de Pat ! dit Jack, dégoûté. Elle a au moins quarante-cinq ans. — Oui, mais c’est le genre de femme qu’il te faut : incassable. — Tu es arrivé quand ? interrogea Jack pour détourner la conversation. — Hier à Londres. J’ai voyagé en train cette nuit, je suis fourbu. — Comment est la vie à Liverpool ? — Ça va, on n’a pas à souffrir des bombardements. L’hôpital n’est pas en alerte permanente. Par contre, la pénurie est sensible. Charbon, nourriture, on manque de tout. Alors, on s’arrange. Mais on ne va pas se plaindre, je n’aimerais pas habiter Londres en ce moment. — Je te comprends. S’il n’y avait pas Alex, ce serait dur. Mais c’est le roi de la débrouille, tu le connais. Seulement, tu devrais arrêter de te faire passer pour son frère. Il ne sera pas content quand il l’apprendra. — Pourquoi ? C’est plutôt flatteur pour lui, non ? — Laisse tomber, Neil. Tu l’as vu ? — Pas encore. Il m’a écrit qu’il avait rencontré la femme de ses rêves. Alors ? — Alors ? Comme à chaque fois, il est persuadé de rencontrer le grand amour. Et comme à chaque fois, rendez-vous dans six mois. — Chouette, la baraque de son père, dit Neil en jetant un regard circulaire. La bière est réquisitionnée pour le barman ? — Oh, pardon ! fit Jack en lui décapsulant une bouteille et en la lui tendant. — Que va faire Alex maintenant qu’il a son diplôme ? — Pour l’instant, il veut se consacrer à la chirurgie. Il travaille dans le service du père de Kathleen à l’hôpital St Thomas. — Kathleen ? — Sa future ex-fiancée. Je te la présenterai. Elle a des jambes fabuleuses. — Comment le sais-tu ? L’aurais-tu connue avant lui, par hasard ? — Je ne peux pas te le dire, c’est très personnel, répondit Jack que l’hypothèse flattait. — Et où est-il, notre héros ? — Ça, je n’en sais rien. Personne ne l’a vu depuis le début de la soirée. Même pas Kathleen. — C’est tout lui. Il déteste les honneurs. Le portrait craché de son père. D’ailleurs, en parlant de portrait, le tableau dans l’entrée, c’est Richard, le grand-père ? — Non, c’est Charles, celui qui a acheté la propriété. Et qui a fait fortune en important du thé des Indes. Charles Beaumont mourut en 1852 des suites d’une syphilis contractée trente ans plus tôt dans un lupanar de Bombay et qui s’était lentement propagée à tout son système nerveux. Ses
deux enfants, Helen et Richard, héritèrent de son patrimoine, mais pas de sa passion pour la mer. Ils vécurent paisiblement à Shanklin, se contentant de faire fructifier les acquis de leur père par leur engagement libéral et leur implication dans la politique de Trade-Union de l’empire britannique. Leur participation discrète et efficace à la vie politique locale, leur soutien à la Couronne doublé d’un engagement progressiste modéré leur ouvrirent les portes des cercles influents de Londres, tous gouvernements confondus. Évitant les apparitions publiques et toute manifestation de train de vie tapageur, ils cultivèrent leur goût du secret au point que les noms d’importantes personnalités de la vie politique et intellectuelle furent cités comme ayant séjourné chez eux, alors qu’ils n’avaient jamais effectué la moindre traversée pour l’île de Wight. Ici, comme ailleurs, on ne prêtait qu’aux riches. — Moi aussi, j’aimerais faire fortune. Je déteste travailler, avoua Neil en soupirant. Mais mes parents, eux, adorent ça. Tu crois qu’Alex est plein aux as ? — Alex, à part cette maison, est fauché comme nous. Son grand-père a tout englouti dans une usine de soda, un truc genre Coca-Cola, mais qui n’a pas marché. Et toi, tu en es où ? — Je travaille auDaily Post, le plus grand canard de Liverpool. Et je vais bientôt partir comme correspondant de guerre en Tunisie. Rommel a été écarté et les Alliés progressent. Ça bouge, on remonte vers la France comme un rouleau compresseur, et je ne veux pas rater ça. Je veux être le premier à annoncer le débarquement. Tu imagines, mon vieux ? Sur cinq colonnes à la une : « Le débarquement en Provence a eu lieu. La France libérée. De notre envoyé spécial, Neil Chambers. » — Tu seras quand même là pour le match ? — Quand a-t-il lieu ? — Dans une semaine, au stade de Twickenham, le seul qui soit encore intact. — Oui, je viendrai. Je n’ai pas encore de date de départ. — La bande est en train d’exploser, Neil. Bientôt, il ne restera plus qu’Alex et moi. — C’est la guerre, mon vieux. Tu l’aurais oublié ? Kathleen était profondément amoureuse d’Alex. Pourtant, au fond d’elle-même, elle savait que leur relation n’était pas faite pour durer. Il n’était pas prêt à vivre en couple. Peut-être même n’était-il pas du tout fait pour cela. Il était l’âme du groupe, son leader naturel ; il ne vivait que pour sa bande d’amis, et vouloir l’emprisonner dans une vie à deux était illusoire et n’aurait fait que l’inciter à retrouver sa liberté. Elle le savait et essayait de profiter de tous les moments passés avec lui. Ce n’était pas facile, mais c’était le prix à payer pour le garder près d’elle le plus longtemps possible. Alex avait le caractère le plus bohème qu’elle eût jamais rencontré. C’est aussi ce qui faisait son charme. Ce mélange d’immaturité et de candeur, son absence de respect pour les valeurs bourgeoises, son empathie pour la souffrance des autres, son désintérêt affiché de la réussite sociale, son côté frondeur, anticonformiste, dont il savait qu’ils lui interdiraient de faire une belle carrière hospitalière, et surtout son regard empreint de douceur, cette infinie douceur que reflétaient ses yeux gris-bleu et son sourire enjôleur… Il se défendait d’avoir du charme et elle reconnaissait qu’il ne faisait rien pour le cultiver. La fête commençait à basculer vers son épilogue, la plupart des invités étant repartis prendre le dernier train vers Ryde où les attendait une navette pour Plymouth, les autres ayant prévu de dormir sur place. Kathleen parcourut le premier étage à la recherche de son fiancé. La majorité des chambres était vide. Les amis d’Alex s’étaient assoupis sur la pelouse, les canapés du salon, ou même dans les différentes salles de bains de la maison, à la recherche d’endroits leur permettant d’évacuer le surplus de chyme alcoolisé que leur estomac ne pouvait conserver. Elle n’avait jamais vu autant de débauche, mais elle reconnaissait que les rares soirées auxquelles elle avait participé avaient une ambiance beaucoup plus guindée. Elle ne s’en offusquait pas et interprétait cette
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