Innocente trahison

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Tome 1 de la série « The Bride Trilogy ».

Angleterre, 1854.

Depuis qu’ils l’ont recueillie chez eux après la mort de ses parents, Lily Moran voue une loyauté sans faille aux Caulfield, et surtout à leur fille Jocelyn, dont elle est devenue la dame de compagnie. Une loyauté mise à rude épreuve lorsqu’elle rencontre Royal Dewar, duc de Bransford, auquel Jocelyn est promise depuis des années. Car si Lily sait que cet homme ne lui appartient pas, elle ne peut ignorer l’intense désir qui s’installe entre eux au premier regard. Et bientôt, incapable de résister à la tentation, Lily s’abandonne entre les bras du duc pour un baiser d’une incroyable sensualité. Pourtant, elle le sait, Royal est pris au piège : pour restituer son prestige au duché de Bransford, comme il l’a promis à son père sur son lit de mort, il doit à tout prix épouser Jocelyn. Alors, déterminée à mettre un terme à ce jeu de séduction entre eux, Lily fait tout pour éviter le fascinant Royal. Jusqu’à ce qu’un soir, de baisers brûlants en caresses audacieuses, ils commettent l’irréparable…

A propos de l'auteur :

Plébiscitée par le prestigieux New York Times pour ses romans tant historiques que contemporains, Kat Martin a été publiée dans 17 pays, dont la Chine, la Corée et la Russie. Elle nous entraîne ici à l'époque victorienne, dans un roman qui mêle avec brio émotion et sensualité.

Innocente trahison est le 1er volet de sa série victorienne The Bride Trilogy, suivi des titres Le prix du scandale (tome 2) et L'héritière de Boston (tome 3).

Publié le : mardi 1 novembre 2011
Lecture(s) : 18
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280291903
Nombre de pages : 448
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A la famille Martin, composée de gens si merveilleux.
J’ai tant de chance de les avoir !

1

Angleterre, 1854

Royal Dewar traversa l’imposante entrée de Bransford Castle, dominée par des poutres de chêne. Ses hautes bottes noires résonnèrent sur les dalles tandis qu’il passait d’un pas décidé devant le grand salon, si impressionnant avec son haut plafond à caissons de style Tudor. Il s’efforça d’ignorer les tapis persans usés, la façon dont les rouges éclatants et les bleus vifs qu’il se rappelait de sa jeunesse s’étaient fanés en nuances délavées.

Lorsqu’il gravit le large escalier en acajou sculpté, il essaya également de ne pas remarquer sous sa main le contact de la rampe de bois, autrefois luisante d’une riche patine mais à présent ternie par des années de négligence.

Il était revenu chez lui depuis moins de deux semaines, rentré en Angleterre après avoir passé les sept dernières années dans la plantation familiale de Sugar Reef, dans la Barbade. Son père était tombé malade et l’avoué de la famille, M. Edward Pinkard, l’avait rappelé.

« Le duc de Bransford est mourant, disait la lettre. De grâce, milord, rentrez en toute hâte avant qu’il ne soit trop tard. »

Et Royal était rentré, heureux de profiter de ces brefs moments avec son père. Mais en arrivant, il avait trouvé une maison lugubre qui avait grand besoin d’être rénovée. Sans compter qu’il n’était pas habitué à rester confiné à l’intérieur… Après avoir vérifié l’état de son père, il s’était donc rendu aux écuries. Cela faisait huit ans qu’il n’avait pas parcouru à cheval les terres de Bransford et il était impatient de refaire connaissance avec le domaine.

Malgré le vent d’hiver glacial et le ciel gris, il avait beaucoup apprécié sa chevauchée, ce qui l’avait surpris. Le chaud climat de la Barbade s’était imprégné en lui et il était hâlé par le soleil du fait de son travail dans les champs de canne à sucre. Pourtant, ce matin, le vent vif lui cinglant le visage et les champs s’étendant à perte de vue devant lui, il avait mesuré combien l’Angleterre lui avait manqué.

Il avait regagné la maison en fin de matinée, sautant à bas du grand étalon gris qui lui avait été offert pour ses vingt et un ans, un poulain qu’il avait baptisé Jupiter et qui était maintenant haut de dix-sept paumes. D’un geste précis, il avait lancé la bride à un valet d’écurie.

— Assurez-vous qu’il ait une ration supplémentaire d’avoine, voulez-vous, Jimmy ?

— Oui, milord.

Se sentant légèrement fautif d’être sorti alors que son père était si malade, Royal s’était hâté de rentrer et avait gravi l’escalier qui montait au premier. A présent, après avoir longé le palier à grands pas, il se tenait immobile devant la porte de la chambre du duc, tentant de se ressaisir.

Un rai de lumière passait sous le lourd panneau de bois, indiquant qu’une lampe brûlait à l’intérieur. Il tourna la poignée en argent, ouvrit la porte et pénétra dans la chambre massive, faiblement éclairée. Au fond de la pièce, son père était couché dans un énorme lit à baldaquin drapé de lourdes tentures de velours mordoré. Le duc n’était plus que l’ombre de l’homme qu’il était autrefois.

Le valet du duc, et son plus fidèle serviteur, George Middleton, s’avança sur ses longues jambes maigres, les épaules voûtées par des années de service et maintenant par la résignation.

— C’est très bon à vous d’être rentré, milord.

— Comment va-t-il, Middleton ?

Royal défit le lien de sa longue cape de drap rouge et laissa le valet l’ôter de ses épaules.

— Je crains, milord, qu’il ne s’affaiblisse de jour en jour. Attendre l’arrivée de lord Reese est tout ce qui le maintient en vie.

Royal hocha la tête. Il pria pour que son frère cadet, âgé de vingt-sept ans alors qu’il en avait vingt-neuf, et major dans la cavalerie britannique, atteigne Bransford avant qu’il ne soit trop tard. Son plus jeune frère, Rule, était déjà là, ayant interrompu ses études à Oxford.

Royal jeta un coup d’œil vers les tentures en velours et vit Rule assit dans l’ombre au chevet de leur père. Le jeune homme se leva pour s’avancer vers lui. Grand, les épaules larges et la silhouette musclée d’un athlète, Rule ressemblait beaucoup à ses frères : même nez droit, mêmes traits ciselés et mâchoire solide, mais contrairement à Royal, qui avait les cheveux blonds foncés et les yeux brun mordoré de leur mère, Reese et Rule étaient bruns, avec les brillants yeux bleus du duc.

— Il t’a demandé.

Rule s’approcha dans la lumière vacillante de la lampe posée sur une commode de bois de rose, et dont les pendeloques réfractaient un arc-en-ciel de couleurs.

— Il a un peu divagué. Il dit que tu dois faire une promesse, qu’il ne mourra pas en paix à moins que tu ne jures de l’accomplir.

Royal hocha la tête, plus curieux qu’inquiet. Les trois frères aimaient leur père et pourtant, tous trois l’avaient abandonné des années plus tôt pour suivre leurs rêves personnels. Ils étaient en dette envers lui. Ils étaient donc prêts à faire tout ce qu’il leur demanderait. Du moins, était-ce ainsi que Royal voyait les choses.

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