Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 7,00 €

Téléchargement

Format(s) : PDF

avec DRM

Publications similaires

Vous aimerez aussi

ers sept heures du matin, Irina sort Vde sa chambre, ses bagages à la main : une valise couleur cacao et son fourre-tout en peau de truffe, un cadeau d’Onna lors d’un de ses voyages en Italie. À pas feutrés, elle traverse l’étroit corridor couvert d’aquarelles plus légères les unes que les autres et descend au rez-de-chaussée. Dans la cuisine, il y a Jean. Sur la table de la cuisine, il y a le petit déjeuner qu’il lui a préparé, mais elle ne franchira pas la porte qui mène à l’office. Elle ne peut rien avaler. Rapidement, elle enfile une redingote noire et pose sur sa tête un béret en feutrine mauve. D’une main, elle prend la valise et pose l’autre sac sur son épaule. Il est sept heures quinze. Le taxi arrivera bientôt. Un moment, elle prend appui contre le mur. Devant elle, l’escalier de marbre rose s’en-roule tristement sur lui-même. La rampe en fer forgé ornée de fines arabesques porte encore les empreintes de ses mains d’enfant lorsqu’elle venait s’y asseoir, agrippant ses petits doigts aux feuilles dorées qui en re-haussaient l’élégance, croyant ainsi être mieux cachée pour voir ces grandes personnes qui
51
ne semblaient pas toujours d’accord entre elles. Le salon de musique est fermé à clé. Elle a tiré les lourdes tentures devant les fenêtres de sa chambre. Quant au boudoir oriental, imprégné du parfum vaporeux de l’encens qu’elle y a brûlé ce matin, il s’endort paisi-blement sous les effluves des résines attiédies. Jean est sorti de l’office. – Prends au moins une tasse de thé. Tu as le temps. Elle dit qu’elle ne peut pas. C’est trop difficile… Elle préfère rester dans l’entrée. Il n’y a plus qu’une porte à franchir…
52