J'écris parce que…

De
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Soyons la fusion entre Vivre et Être vivant
Soyons l'air qui manque à nos poumons pour Oser
Accordons-nous des silences
Et
Sachons les écouter

Touchons la peau de l'autre
Il nous ressemble tant !

Maria Castañer Crespi est née à Bruxelles en 1957. J'écris parce que… est la concrétisation d'un rêve qu'elle réalise ici sous la forme de textes forts et tendres.

Le plaisir de partager. Tout simplement.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
Lecture(s) : 42
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782960070729
Nombre de pages : non-communiqué
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J’écris parce que… J’ÉCRISPARCEQUEmots que je dis ne les sont pas assez forts. Entassés dans l’ombre de mon esprit, ils trépignent et guettent l’instant où, de ma bouche, insupportée par le ton acide de leurs propos, je les cracherai. Soulagement ? Non. Rémission, car les mots détournés des phrases bienveillantes dont la saveur sucrée les calmait, sont habités par le doute. Mon Doute ! C’est pourquoi ils errent depuis si longtemps, comme des clandestins, cachés dans les débris de la faille qui me trans‐ perce. Oh, que j’aimerais qu’ils fléchissent et tombent amoureux du versant coloré de la vie ! Alors, j’écris. J’ÉCRISPARCEQUEles mots vrais naissent là‐ bas, au fond de mes tripes. )ls y grandissent et y mûrissent avec toute la lenteur dont j’ai besoin. Mais si d’aven‐ ture la fécondation s’accélérait et s’emparait des embryons, les histoires resteraient ina‐ chevées. Les mots mourraient. La passion n’est pas tout ! )l faut pouvoir l’apprivoiser.
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Je sais que la plupart des mots sont fragiles… Ce sont des songes, précédés de cortèges austères aux appétits malingres, vêtus de parures si frêles qu’elles s’éva‐ nouissent dès que sonne le temps à la pendule de mes yeux. Ce sont des fragments d’amour. Des senti‐ ments exquis, parfumés aux couleurs ardentes de l’été, légèrement écœurants. Ceux‐ci s’at‐ tardent. )ls sont audacieux. )ls veulent me séduire, m’emporter loin du chaos qui me saoule. )ls me font la cour, me promettent le ciel, m’enivrent mais finalement, ce sont toujours les obsessions incandescentes qui me prennent, éclaboussant mon esprit de miettes de douleur. Celles‐là sont hantises et frayeurs. Elles bouillonnent au bout de mes doigts et me poussent à d’immenses parenthèses d’éga‐ rement. Des allégories vaporeuses au milieu desquelles, je l’avoue, j’aime flotter. Elles sentent bon l’automne des feuilles roussies et du vent qui se lève. Elles sentent bon l’hiver des paysages silencieux piqués d’un vent de glace. Elles portent toutes les sen‐ teurs que mon imagination distille. Mais les mots sont aussi les parasites des mots. )ls aiment se déguiser. )ls aiment men‐ tir. Beaucoup d’entre eux sont les images brisées de ma vie. Non, je n’en souffre pas. J’étouffe. Simple‐ ment. Alors, j’écris. J’ÉCRISPARCEQUEle temps est venu de libérer les mots.
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Je cède à mon inclination pour eux. Sur mon bureau, je dépose une feuille blanche comme on dresse une table pour la fête, j’y pose une main, de l’autre, je prends un stylo et j’attends… J’attends impatiemment Le Bon Mot… Peut‐ être ne viendra‐t‐il pas ! Mais s’il se manifeste, je le saurais utile, réfléchi. Je le saurais bavard et je me lais‐ serais aller. Ce sera l’instant de la sincérité et de la vraie solitude. Ce sera ma Tour d’)voire, ma satisfaction. Mon cœur et mon corps seront unis ! Au fil des heures, le rythme se ralentira. Fatigue ? Épuisement ? )nquiétude ? Dégoût ? Mon écriture sera étroite. Méconnaissable. Chercherait‐elle à fuir ? J’aurai le vertige, mais je m’obstinerai ! Au milieu de la nuit, les mots auront besoin de confidences. Leur respiration sera de‐ venue régulière. Par vagues entières, les phrases arriveront. Naturellement. Sans effort, elles trouveront leur place. Je n’existerai plus que par le frottement régulier du stylo qui parcourt la page. Soudain, alors que les lettres s’enrouleront langoureusement les unes autour des autres, je plongerai et tout s’assombrira. Les mots se dilateront. Je sais qu’ils voudront m’échap‐ per ! Alors, je leur courrai après, je les mal‐ traiterai, je les déchirerai, je les provoquerai au plus profond d’eux‐mêmes. Au plus pro‐ fond de moi‐même…
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Plus tard, lorsque l’aube viendra, mes mains seront engourdies, mon regard sera brouillé, mais un texte sera né. Je resterai sans voix. Les mots que je pourrais dire ne sont pas assez forts…
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