Je m'acharne

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Mon ex-femme pourrit notre divorce. Je me bats pour obtenir la garde conjointe de mes mômes. Mon pote me refile un canard. Ma psy m'exaspère. Ma copine m'en fait voir et je n'ai pas besoin de ça. Je veux comprendre l'architecture de la relation amoureuse et, d'une manière générale, la finalité de mon existence et sa place dans le monde. Je m'acharne à vivre.

Publié le : lundi 21 janvier 2013
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EAN13 : 9782953463811
Nombre de pages : non-communiqué
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ON ZE. Lexom il et m oi n ous pr om en on s gen tim en t dan s les r u es. Bien sûr, les passan ts se r etour n en t sur le duo in évitable-m en t grotesque que n ous form on s, m on can ar d et m oi. J e dis m on can ard puisque Nath an a défin itivem en t fich u le cam p à l’étr an ger. J e le savais. Qu’il m e ferait ga rder sa bes-tiole jusqu’à la fin des tem ps. Com m e je m e suis pris d’un e réelle affection pour Lexom il, j’en suis plutôt h eureux au fin al. Pauvr e Nathan . Il a vécu un e bien douloureuse sépa-ration . Un ch agrin d’am our tel qu’il a pr éfér é s’éclipser. La pén ible scèn e de rupture s’est jouée à l’h ôpital, a u ch evet d e Brun o. Nath an a dit : — Tu vas bien ? — Casse-toi ! a répon du le colosse. — Pourquoi tu m e par les com m e ça ? — Ta saloperie de can ar d m ’a défiguré. Si Al n e l’a vait pas stoppé, qui sait s’il n e m ’aurait pas tué ? — Et tu m ’en veux pour ça ? — Non , je n e t’en veux pas. — Alors ? — J e n e t’aim e pas. — Mais m oi si. Atrocem en t. — Tu veux que je te dise quoi ? Que je fasse sem blan t ?
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— Non . — Ne sois pas dupe. Notre r en con tre a ten u du h asar d. — Mais n ous som m es restés en sem ble. — Plus m ain ten an t. — C’est juste un m om en t difficile. — Non . Tu es passif. J e suis actif. Tu es affectueu x et j’aim e bien ça. Mais ça n e r este que de la baise. De la bon n e baise m ais rien que de la baise. — Tu m e fais l’am our m ais tu n e m ’aim es pas. Tu r en -con tres Al et tu as un coup de foudre. Gén ial. Sauf que tu vas te plan ter. C’est de l’am our gâch é par avan ce. Al n ’aim e que les fem m es. Poin t fin al. Tan dis que m oi, je t’aim e. — Barre-toi. Tu m e fais ch ier. — Tu es m éch an t. Tu veux que je r evien n e plus tard ? — C’est ça. Revien s quan d je serai sur pieds. J e te m ettr ai un e bon n e trem pée. Un e fois que tu auras la gueule en san g, tu com pr en dras peut-être que je n e veux pas de toi dan s m a vie. — J e n ’aim e pas quan d tu exh ibes ta force de m an ièr e aussi basse. — Tu aim es les m ecs virils et tu m ’as trouvé. Tu places des espoirs un ilatér aux dan s un e r elation qui doit se con s-truire à deux. Mais, pour ça, il faut que je sois con sen tan t. Tu as joué. Et tu as perdu. Il te reste de beaux souven irs. J e suis m êm e prêt à te baiser un e dern ière fois. Un e baise in oubliable pour se quitter en beauté. Et en suite, term in é. — Quan d ? — Tu es pren eur . Ça n e m ’éton n e pas. Mais il y a un e con dition . — Laquelle ? — Pas de ch ialerie sur m on épaule. — D’accord.
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Nath an m ’avait appelé. Il était presque m in uit. Sa voix était blan ch e com m e un e lam e brisée. J e m e suis ren du ch ez lui en catastroph e. J e l’ai trouvé n u dan s son lit, m édusé, prostré, les yeux br aqués sur les tâch es de sper m e séch ées aur éolan t ses draps. — Ça n e va pas ? — Si. Il m ’avait prom is un e baise in oubliable et il m ’a fait un e totale. — Alors, ça va. — Il m ’a don n é un e claque am icale sur la joue com m e il le fait h abituellem en t. Il avait ce sourire irrésistible, celui d’un en fan t h eureux et in soucian t. Il a dit : « J e t’ai fait u n beau cadeau. » J ’ai r épon du con n em en t oui. Et il est parti. — De quoi tu te plain s ? La plupar t des sépar ation s se fon t dan s les lar m es et les coups. — Mais là, c’était en cor e pire. J e m e suis accroch é à lui de toutes m es forces. Mes m ain s n e voulaien t plus lâch er son corps. J ’ai cru à un m om en t que je deven ais fou. Que ça n e s’arrêterait jam ais. Mais en su ite, il y a eu ce vide in tolé-rable. Cette absen ce ridicu le. Ma solitude m in able. — Tu fais ch ier, Nath an . Il n ’y en a pas beaucoup qui connaissent de si belles histoires de cul. Qu’ils soient hom m es ou fem m es. — Mais ce n ’est pas tout. — Ah bon ? — Non . Un m om en t, pen dan t qu’il m ’en culait, il a pr o-n on cé ton n om . Oh , putain ! J ’ai un psych o-baiseur fou au cul ! Mon cer -veau trom bin e à toute vapeur . In form ation . Recevabilité. Réflexion . Moyen s de défen se à m ettre en œ uvr e. Em er-gen ce d’un joker : Lexom il. Mon br ave can ar d a déjà peign é un e raclée con séquen te au pauvre balourd am oureux. Nul
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doute qu’il lui a ain si en gen dr é un traum a h istorique qui saur a avan tager m a cause en cas de con flit. — Et tu en as d’autr es aussi bon n es à m e balan cer ? — Mets-toi à m a place. Ça m ’en a fich u un coup. — J e m e m ets à ta place au m en tal. Au figuré. J e com pa-tis m ais ça va s’arr êter là. —Bref, j’ai com pris que c’était vraim ent fini. Qu’il allait se m ettre en ch asse et que ça n e m e servirait à rien d ’in sister. — En ch asse ? — Après tout, il a ten u parole. — En ch asse ?! — C’est ce que j’ai cru com pren dr e. Il balan çait ton n om en ajoutan t : « J e t’aurai ! J e t’aurai ! » Il était com m e pos-sédé. Et plus il h urlait, plus il ban dait. Moi, ça n e m e déplai-sait pas, m ais bon . — En ch asse !?! — Mais ar rête de répéter ça ! Tu devien s can on ique, c’est ch ian t. — Et ton can ard ? — Euh … tu n e pourrais pas le gar der ? J e te le don n e. J e te file m êm e du pogn on , si tu veux. — Tu n ’as pas l’im pression de m ’en tuber, là, m ain ten an t ? — J e vais partir pour de bon . J ’en ai m arr e de ce p ays. — Ren tr e dan s la Légion pen d an t que tu y es. Tu es vrai-m en t le clich é path étique du ch agr in d’am our, toi. Et tes études ? — J e les term in er ai ailleurs. Ce n ’est pas un problèm e avec m es lan gues. — Dit com m e ça, c’est savoureux. — Garde le can ar d. Vous vous en ten dez bien et il n e m é-rite pas de fin ir dan s un ign oble con fit. — Tu te ren ds com pte que tu es en train de m e dem an der de deven ir végétarien ?
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