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ON ZE. Lexom il et m oi n ous pr om en on s gen tim en t dan s les r u es. Bien sûr, les passan ts se r etour n en t sur le duo in évitable-m en t grotesque que n ous form on s, m on can ar d et m oi. J e dis m on can ard puisque Nath an a défin itivem en t fich u le cam p à l’étr an ger. J e le savais. Qu’il m e ferait ga rder sa bes-tiole jusqu’à la fin des tem ps. Com m e je m e suis pris d’un e réelle affection pour Lexom il, j’en suis plutôt h eureux au fin al. Pauvr e Nathan . Il a vécu un e bien douloureuse sépa-ration . Un ch agrin d’am our tel qu’il a pr éfér é s’éclipser. La pén ible scèn e de rupture s’est jouée à l’h ôpital, a u ch evet d e Brun o. Nath an a dit : — Tu vas bien ? — Casse-toi ! a répon du le colosse. — Pourquoi tu m e par les com m e ça ? — Ta saloperie de can ar d m ’a défiguré. Si Al n e l’a vait pas stoppé, qui sait s’il n e m ’aurait pas tué ? — Et tu m ’en veux pour ça ? — Non , je n e t’en veux pas. — Alors ? — J e n e t’aim e pas. — Mais m oi si. Atrocem en t. — Tu veux que je te dise quoi ? Que je fasse sem blan t ?
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— Non . — Ne sois pas dupe. Notre r en con tre a ten u du h asar d. — Mais n ous som m es restés en sem ble. — Plus m ain ten an t. — C’est juste un m om en t difficile. — Non . Tu es passif. J e suis actif. Tu es affectueu x et j’aim e bien ça. Mais ça n e r este que de la baise. De la bon n e baise m ais rien que de la baise. — Tu m e fais l’am our m ais tu n e m ’aim es pas. Tu r en -con tres Al et tu as un coup de foudre. Gén ial. Sauf que tu vas te plan ter. C’est de l’am our gâch é par avan ce. Al n ’aim e que les fem m es. Poin t fin al. Tan dis que m oi, je t’aim e. — Barre-toi. Tu m e fais ch ier. — Tu es m éch an t. Tu veux que je r evien n e plus tard ? — C’est ça. Revien s quan d je serai sur pieds. J e te m ettr ai un e bon n e trem pée. Un e fois que tu auras la gueule en san g, tu com pr en dras peut-être que je n e veux pas de toi dan s m a vie. — J e n ’aim e pas quan d tu exh ibes ta force de m an ièr e aussi basse. — Tu aim es les m ecs virils et tu m ’as trouvé. Tu places des espoirs un ilatér aux dan s un e r elation qui doit se con s-truire à deux. Mais, pour ça, il faut que je sois con sen tan t. Tu as joué. Et tu as perdu. Il te reste de beaux souven irs. J e suis m êm e prêt à te baiser un e dern ière fois. Un e baise in oubliable pour se quitter en beauté. Et en suite, term in é. — Quan d ? — Tu es pren eur . Ça n e m ’éton n e pas. Mais il y a un e con dition . — Laquelle ? — Pas de ch ialerie sur m on épaule. — D’accord.
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Nath an m ’avait appelé. Il était presque m in uit. Sa voix était blan ch e com m e un e lam e brisée. J e m e suis ren du ch ez lui en catastroph e. J e l’ai trouvé n u dan s son lit, m édusé, prostré, les yeux br aqués sur les tâch es de sper m e séch ées aur éolan t ses draps. — Ça n e va pas ? — Si. Il m ’avait prom is un e baise in oubliable et il m ’a fait un e totale. — Alors, ça va. — Il m ’a don n é un e claque am icale sur la joue com m e il le fait h abituellem en t. Il avait ce sourire irrésistible, celui d’un en fan t h eureux et in soucian t. Il a dit : « J e t’ai fait u n beau cadeau. » J ’ai r épon du con n em en t oui. Et il est parti. — De quoi tu te plain s ? La plupar t des sépar ation s se fon t dan s les lar m es et les coups. — Mais là, c’était en cor e pire. J e m e suis accroch é à lui de toutes m es forces. Mes m ain s n e voulaien t plus lâch er son corps. J ’ai cru à un m om en t que je deven ais fou. Que ça n e s’arrêterait jam ais. Mais en su ite, il y a eu ce vide in tolé-rable. Cette absen ce ridicu le. Ma solitude m in able. — Tu fais ch ier, Nath an . Il n ’y en a pas beaucoup qui connaissent de si belles histoires de cul. Qu’ils soient hom m es ou fem m es. — Mais ce n ’est pas tout. — Ah bon ? — Non . Un m om en t, pen dan t qu’il m ’en culait, il a pr o-n on cé ton n om . Oh , putain ! J ’ai un psych o-baiseur fou au cul ! Mon cer -veau trom bin e à toute vapeur . In form ation . Recevabilité. Réflexion . Moyen s de défen se à m ettre en œ uvr e. Em er-gen ce d’un joker : Lexom il. Mon br ave can ar d a déjà peign é un e raclée con séquen te au pauvre balourd am oureux. Nul
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doute qu’il lui a ain si en gen dr é un traum a h istorique qui saur a avan tager m a cause en cas de con flit. — Et tu en as d’autr es aussi bon n es à m e balan cer ? — Mets-toi à m a place. Ça m ’en a fich u un coup. — J e m e m ets à ta place au m en tal. Au figuré. J e com pa-tis m ais ça va s’arr êter là. —Bref, j’ai com pris que c’était vraim ent fini. Qu’il allait se m ettre en ch asse et que ça n e m e servirait à rien d ’in sister. — En ch asse ? — Après tout, il a ten u parole. — En ch asse ?! — C’est ce que j’ai cru com pren dr e. Il balan çait ton n om en ajoutan t : « J e t’aurai ! J e t’aurai ! » Il était com m e pos-sédé. Et plus il h urlait, plus il ban dait. Moi, ça n e m e déplai-sait pas, m ais bon . — En ch asse !?! — Mais ar rête de répéter ça ! Tu devien s can on ique, c’est ch ian t. — Et ton can ard ? — Euh … tu n e pourrais pas le gar der ? J e te le don n e. J e te file m êm e du pogn on , si tu veux. — Tu n ’as pas l’im pression de m ’en tuber, là, m ain ten an t ? — J e vais partir pour de bon . J ’en ai m arr e de ce p ays. — Ren tr e dan s la Légion pen d an t que tu y es. Tu es vrai-m en t le clich é path étique du ch agr in d’am our, toi. Et tes études ? — J e les term in er ai ailleurs. Ce n ’est pas un problèm e avec m es lan gues. — Dit com m e ça, c’est savoureux. — Garde le can ar d. Vous vous en ten dez bien et il n e m é-rite pas de fin ir dan s un ign oble con fit. — Tu te ren ds com pte que tu es en train de m e dem an der de deven ir végétarien ?
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