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Titre
Je préfère grignoter le ciment
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Titre Stanislas Cassagne
Je préfère grignoter le ciment
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9286-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748192865 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9287-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748192872 (livre numérique)
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« Les plus vils serpents ont souvent les plus beaux costumes. » .
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Je préfère grignoter le ciment.
Vendredi 15 février 2004,17 h 30. Ma journée est finie, et pour souffler l’espace d’une seconde je m’assois sur le siège qui est face à mon bureau. Aujourd’hui m’a paru un jour semblable à tous les autres, je suis arrivé vers 8 h 00, j’ai salué mes collègues et, comme on dit, j’ai pris mes fonctions. Veuillez m’excuser, j’ai omis de me présenter. Mon nom est Laurent Davier, ici on m’appelle « Lolo ». Ce n’est pas vraiment le genre d’appellation que j’affectionne particulièrement. Ce coté trivial entre collègues ne fait pas partie de mes habitudes, mais pour me faire bien voir je me contente d’accepter cela. Ma vingt-deuxième année est commencée, et cela fait deux mois que j’ai sur moi cet habit, que je pensais honorable, celui de gardien de la paix ou flic, keuf, condé, shtar et autres dénominations. Le nom de keuf ne me gêne pas vraiment, car venant moi-même d’un quartier « chaud » j’utilisais le même terme à la vue de l’uniforme, ou de la veste noire ornée du mot POLICE dans le dos. En grandissant dans ce type d’endroit, on voit et on vit des choses dont
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Je préfère grignoter le ciment
notre histoire personnelle se passerait volontiers. Alors pour arriver à quelque chose de bien dans ma vie, j’ai tenté de mettre le maximum de vitalité et de rigueur dans ma scolarité. D’une part pour nourrir la fierté de ma mère, et d’autre part pour ne pas tomber dans des combines malsaines qui auraient pu me coûter la vie. Qu’elle soit physique ou non car même si je ne m’étais pas fait tuer, toute mon existence aurait pris racine dans les plus vils endroits de cette ville, avec les personnes les plus infréquentables. En réalité, je n’ai pas vraiment eu droit à une enfance et une adolescence proches de ceux que les gens extérieurs aiment à décrire comme des animaux, cette caricature qui nous discrédite auprès de tout notre pays, ce stigmate : Le Banlieusard. J’entends par là que je n’ai pas volé de voiture, je n’ai jamais fumé de shit, ou même de l’herbe, ni même une cigarette, je n’ai pas brûlé de commissariat, je n’ai pas frappé de professeur, je n’ai pas insulté mes parents, ni mes voisins, je n’ai pas jeté de cocktails molotovs pendant une émeute, je ne me suis jamais promené avec une arme sur moi, je n’ai jamais volé dans un supermarché, je n’ai jamais retourné et incendié de voitures et je n’ai jamais fait de prison, ni même de très fameuse G.A.V (« garde à vue » pour les profanes), je n’ai jamais conduit de véhicules sans permis, et pour finir je n’ai jamais
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