Je suis d'épines et d'araignées

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Une plongée dans l’enfance biélorusse du narrateur Des révélations intimes surprenantes Il est peintre, Juif new yorkais, fantasque, sceptique, impénitent et disert à l'indigestion. Il entreprend, à l'aube de sa vieillesse, d'écrire de bien étonnants mémoires, qui le présentent tour à tour sauvage, sensible, géographe rêveur, agaçant, attachant ou contradictoire. Elle a 40 ans, vit seule à Manhattan avec son fils, fut brillante avocate au barreau de Philadelphie. Dans le huis-clos d'une fin d'expo, Marianne écoute, dans un bonheur retenu qui frise l'exaspération, son père Ben lui relater son été magique au lac de Slobotka.
Publié le : dimanche 19 juin 2011
Lecture(s) : 74
EAN13 : 9782304013863
Nombre de pages : 265
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Titre
Je suis d’épines et d’araignées
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Titre Patrick Aveline
Je suis d’épines et d’araignées Ou Les mémoires de Ben Bashinger
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01386-3 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304013863 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01387-0 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304013870 (livre numérique)
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Du même auteur aux Editions Christian : Parfums péninsulaires ou les tribulations d'un Champenois en Indochine. Mars 2006.
À la mémoire de Flora et Vidal.
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« Il n'est rien de plus grand que l'homme sans Dieu qui, seul, sans espoir de « compensation » ni de récom-pense, se maintient l'esprit juste et le cœur pur. » « Un rien m'amuse, et c'est une chance, parce que tout m'ennuie. » Claude Aveline (Evgen Atsine)
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Voilà j’y suis, tout est là, prêt, propice… Pour une nécessaire concentration, le silence fécond des premières heures matinales. Silence à peine troublé par le graillement pointillé d’une petite colonie de corneilles. Elles ont élu domi-cile depuis quelques jours, dans un bosquet de tulipiers, au coin sud-ouest du parc. Pour le bien-être et pour mon œil droit auquel je suis particulièrement attaché, la clarté rassurante et toute en nuances de mon loft spacieux. Par son immense baie vitrée, j’admire les teintes flam-boyantes des sorbiers et des negundos de Central Park. Par le filet d’air d’une fenêtre en-trouverte, je laisse chatouiller mes orteils nus d’une douce brise automnale. Intentionnelle-
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ment réunies, ces conditions vont probable-ment être déterminantes quant à la rapide mise en œuvre, d’une inspiration que j’espère exaltée, et, qui sait, d’une inclination à des lyrismes que j’envisage bucoliques. Tout est bien, tout est là, parfait… jusqu’à mon capuccino fumant, moussant, dans lequel je verse quelques gouttes de Jameson whisky (obtenant là un irish-coffee à ma sauce, hérité de quelque ancêtre dublinois que je n’ai malheu-reusement jamais eu)… je suis bien… et pour-tant cela fait bientôt trois heures que mon esprit vagabonde au roulis berceur de la cime des ar-bres. Que mon regard s’arrête aux formes bour-souflées et changeantes des cumulus qui s’éloignent vers le nord, chapeautant de crème chantilly Bridgeport et les collines du Connecticut. Bientôt trois heures que mon regard ne s’est toujours pas fixé, ne serait-ce qu’un instant, sur les quelques feuillets soigneusement disposés sur ma desserte. J’y ai consigné depuis plusieurs semaines quelques résurgences du lent voyage d’une vie. J’ai tenté, ces jours derniers, d’en éla-borer un plan, une cohérence. Avec un succès mitigé. Peu importe. Un ensemble ordonné, une chronologie, ne livrent pas nécessairement le sens et l’âme. Mais voilà donc la page blanche et le mur, l’impasse, qui l’accompagnent, face à moi, dé-fiants. Devais-je les expérimenter un jour ?
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