Je vais changer

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Il était une fois un enfant-ado-adulte qui se prend le pied dans un pli de l'espace-temps. Tour à tour, artiste en herbe et en verbe, viking glacé ou sorcier peau-rouge, acrobate quantique et trompettiste à vélo, charcutier boucher de viande extraterrestre, il aime avec déraison une sirène-pianiste dotée d'un papa made in CIA. Et, il en perd raisonnablement la boule. Autiste qu'on camisole, voyou qui peinturlure de la berline ou tueur en série limitée, seul un contemplatif bonze de haute voltige qui jongle avec ses chakras et frôle l'éveil, pourrait, peut-être, percevoir la vraie nature de son esprit. Il rate sa vie, mais avec passion, au fil de mille aventures perdues dans un nuage de particules de poésie floue, aidé parfois par une fée qui pilote son engin téléporteur. Et je ne vous raconte là, que la surface des choses...
Publié le : jeudi 13 février 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342019087
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342019087
Nombre de pages : 100
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JE VAIS CHANGER
 
Mon Petit Éditeur
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Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
Mes remerciements au site de CDL, association de lecteurs passionnés et bénévoles (dont moi) qui dispensent aux auteurs de précieux conseils. http://www.comite-de-lecture.com/
Le rez-de-chaussée Au commencement,
était le trait. Parce que je dessinais pas mal, avant de savoir un peu écrire. Jentame mon récit un vendredi 13. Jai cinq ans, six à tout casser. Je travaille dur le dessin avec couleurs et je mets les prix en bas à droite, en gros, avant de proposer mes travaux aux proches et invités de mon paman. Maman (La moi-tié du paman) naime pas trop ma démarche commerciale. Limite rentre-dedans. Pourtant, tout travail mérite salaire. Et je plaide pour la spéculation à mon profit. Et si dans vingt ans jexplose comme artiste  ce dont je ne doute pas encore dun poil, dourson  mon coup de gribouillis deviendra la rivière Pactole. Papa ne se gène pas, lui, pour négocier ses kilos de peintures. Alors que dessus, pas même un château-fort à pont-levis aux tours bien crénelées, ni de bateaux vikings à proues de monstres davant la météorite, dindiens qui scalpent à satiété le visage pâle ou pas plus de chevalier armuré inox qui fend en mille un dragon ailé, cracheur de feu et la morve au nez en cascade où des ondines se frictionnent leur tignasse dor. Ou encore, à mi-nima, des navires spatiaux qui zigzaguent parmi les étoiles qui explosent à la poursuite dextra-terrestres patibulaires aux mor-phologies en gélatine fluo. Non, rien de tout ça qui pourtant appartient au quotidien de tout un chacun. Sur les croûtes à papa, que dalle ! Sinon des
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volumes et couleurs de terre, de sable et de ciel. Parfois quelques poissons ou oiseaux, despèces disparues ou introu-vables aux lignes économes. Je ne comprends pas ce que papa peint. Je ne doute pas quil sait, tandis que moi, jignore encore tout. Nempêche, je crois beaucoup plus en moi. Alors, je fixe mon prix. Tant pis pour ceux qui mignorent, me snobent, es-timent mal. Et beaucoup plus tard, quand je deviendrai vieillard de qua-rante ans, comme papa, les proches fouilleront à la limite de la crise cardiaque, dans leurs tiroirs, cartons, greniers, pour me faire encadrer avec nouilles à la feuille dor. Tous ceux qui un jour, une nuit, mauront approché sinventeront des souvenirs dans lesquels mes confidences fourmilleront. Papa est designer. Il vendait des tableaux. Mais moi né, il a préféré se reconvertir et dessiner des meubles. Normal ! Cest la vie ! Il faut savoir abandonner quand le génie pointe son doigt sur lélu. Maintenant, il peint pour le fun et pour envahir nos murs. Jadore dire que mon papa est « designer » quand on me demande à lécole. Surtout en début dannée, quand il faut rem-plir sa fiche. Déjà fiché. Vivement laffiche ! Je le dis à chaque fois dune façon différente. À lépoque, ça ne court pas les rues de France un « designer ». Je me situe là avant Philippe Starck et lapparition des pipoles. Il y a même des maîtresses qui ne sa-vent pas en quoi cela consiste dêtre designer, et je dois expliquer devant toute la classe. Alors, je raconte avec du détail imagé, mon papa penché sur sa planche à dessin, du papier partout de toute sorte, du blanc épais, du gros grain, du calque en tube, le bordel total, papa qui se répand, sétale de toute sa forte personnalité avec ego de démiurge. Lenvahisseur-familial, des espaces, du temps, des mémoires. Il mange toute la famille sur la table, faite maison.
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Maman attend en coulisse quon puisse poser les plats et servir le roi, ses sujets. Parce quaussi, à mon public accro et maîtresse incrédule je narre les coulisses : quand il faut attendre que papa veuille bien débarrasser la table pour quon puisse enfin manger, et taire le gargouillis du ventre. Je finis parfois mon récit par les rendez-vous, les messieurs bien habillés, des grosses voitures et tout le bataclan. Quand jaccompagne papa dans ses tournées régio-nales, costumé commercial en chasse du chiffre daffaires. Il porte tous les costumes, patron, inventeur, ouvrier, commercial, livreur, parce que jamais personne ne lui convient comme il voudrait. Il veut toujours beaucoup. Mon papa se fâche avec tout le monde. Pas de hiérarchies dans ses fâcheries. Sanguin définitif. Sanguin étalon. Avec la famille, les pouilleux et les nan-tis, les médiocres et les génies, les cons et les moins cons. Avec tous, il finit par hausser le ton. Seules exceptions, un cousin et sa sur cousine, avec lesquels il a passé son enfance, sans sa maman, sans son papa. Car pas de paman dans son enfance. Le + du + de tout ce bizeuness se situe quand mon fournis-seur préféré sadonne au geste commercial et moffre du papier, en-veux-tu-en-voilà, « quil est mignon ce petit garçon ! », une main qui essaye de me tapoter ma tignasse blonde, loupé, « merci Monsieur ! », jen ai plein les bras : des rames de papier super beau, blanc ou coloré, grandes feuilles sur lesquelles juse des kilos de feutres, crayons, gouaches. Jai toute la panoplie de lartiste à disposition. Je me déguise jusquà mon cerveau.
Jaime dessiner
à la tonne, des soldats costumés parfois piqués de médailles, des indiens très plumés, toujours vainqueurs des tuniques
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bleues, des vikings bien pointus du crâne, armés dinstruments monstrueux fournis par Odin, des pirates avec un il, une jambe, des bateaux plein de voiles et filins, requins et aigles vo-races. Je mélange, je mouvemente, je crée mes batailles de traits et de couleurs. Je barre et gribouille les malheureux. Jexécute à tour de main, droite. Je vis un tas dautres vies en des temps records. Temps absolus. Temps heureux. Cest mon premier rôle vedette que de raconter le métier de mon papa, et je brode un maximum autour, que cela fasse vraiment joli. Jépate de fioritures aux sauces graphiques. Pas mal dépices. Je veux que ça arrache les mandibules. Jinvente ma vie, mes vies, et des envies me sortent de par-tout à la fois. Jaiguise mon goût. Je booste mon appétit. Qui ne machète pas là, maintenant, tout ce que je produis, sen mordra les doigts, se tuera au remords.
En bas de mes dessins,
Je chiffre « 5 F », « 10 F ». Cest clair et cest déjà le nouveau franc, mais le monde est cruel. Les arnaqueurs pullulent. Je ré-colte des centimes, en lieu et place des beaux et nouveaux francs. Japprends que largent coule dans leurs veines et que la graisse obstrue le principal conduit qui mène au cur. Il y a de la crise cardiaque dans lair : ils osent me payer en centimes, ces rats. Je nattendris pas assez mon prochain, malgré ma petite taille, mes dents en moins, mon vocabulaire bancal et acroba-tique. Ils profitent de mon évidente inexpérience davant lâge de raison. Ils mabusent, ces buses. Le marché de lart est une jungle en pire à cause des apparences trompeuses, nombreuses. Un univers avec des joliesses vénéneuses. Mais je découvre,
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