Juliane

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Une histoire d’amour au cœur de la Bretagne Quand la guerre et la maladie brisent les destins Professeur agrégé de mathématiques, Jean Pierre Henry nous offre un texte au cœur de la dure réalité. Yves Le Sidaner, marin de commerce sur les cap-horniers, perd ses deux fils lors de la première guerre mondiale. Il devient peu après le tuteur de Juliane, orpheline d'une dizaine d'années. Celle-ci accède peu à peu à la sérénité jusqu’à ce qu’elle rencontre, à dix-neuf ans, un jeune marin de l'état : Dany. Cet amour devient alors le centre de sa vie. Mais la maladie brise cette envolée : Juliane est atteinte de la tuberculose.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 145
EAN13 : 9782748177329
Nombre de pages : 313
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Juliane
Jean Pierre Henry
Juliane
Roman
Éditions Le Manuscrit
Les maquettes de l’ouvrage et de la couverture sont la propriété exclusive des éditions Le Manuscrit. Toute reproduction est strictement interdite. © Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2007 ISBN : 2-7481-7732-0 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748177329 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-7733-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748177336 (livre numérique)
Juliane I Une douce fraîcheur filait en ce premier di-manche de mai sous les grands arbres du cours d’Ajot. Des personnes de tous âges déambu-laient lentement, se croisant, se dispersant, re-venant sur leurs pas, une foule toute à son indo-lence sous l’emprise d’une archaïque quiétude et qui évoluait doucement pour ne pas éveiller le temps qui passe. La jeune fille sauta légèrement du tramway à peine stoppé. Elle s’amusa à retenir le mouve-ment ample de sa jupe qui se soulevait et elle se dirigea vers les remparts qui dominaient le port de Porstrein. Elle gardait un port altier malgré une fran-che coquetterie de bon goût, marchant avec élégance, posément même comme si elle réflé-chissait pour chacun de ses pas. Tournée vers l’immense rade de Brest, elle inspira fortement à plusieurs reprises l’air marin et cet éther glacé la vivifia. Les deux mains po-sées sur les pierres de taille comme sur un pupi-tre, elle se détendit progressivement en murmu-rant une rengaine qui lui trottait à l’esprit. Elle scruta au loin les bateaux de pêche aux voiles
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Juliane déployées qui cinglaient grand largue vers la presqu’île de Plougastel-Daoulas. Indécise, elle longea les remparts pour em-prunter le monumental escalier de pierre qui descendait à Porstrein. Surprise par le tonitruant coup de trompe d’un confiseur ambulant, elle heurta un jeune marin en uniforme de la marine Nationale, marchant à grandes enjambées, tête baissée, en pleine discussion avec un ami. Elle chancela, déséquilibrée. Par réflexe, il la saisit au bras. Elle révéla sa faiblesse en se ployant. Elle le regarda intensément de ses yeux bleus, avec une inflexion involontaire d’inquiétude et il lui inspira d’emblée confiance. Le sourire du jeune homme était heureux et il y avait un peu de mélancolie dans l’expression de son visage. Elle avait le corps cambré, la tête légèrement rejetée en arrière, le bras resté libre tendu vers le sol dans le geste de se rattraper. Il restait pen-ché sur elle, frôlant sa poitrine bien modelée, respirant le parfum de sa gorge dans l’échancrure de son corsage. Confuse de son attirance spontanée, elle ten-ta de se redresser en se reculant. Mais il la tenait fermement, figé dans cette figure de tango ar-gentin. Elle se dégagea en secouant le bras nu qu’il retenait encore. Il eut aimé que ce lien provi-
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