//img.uscri.be/pth/807f5a9faa4ab8efe3e36ff3a16abcc3581ae9f1
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 7,90 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

L'affaire Bernstein

De
485 pages
La vengeance, la Justice, l’assassinat ou l’exécution, tant de mots ayant chacun une signification si différente pour parvenir au même résultat : la mort. Quand la Justice ne peut être appliquée dans le sens que la Loi impose, parce que la Loi est appliquée par les hommes avec leurs corruptions, leurs soifs du pouvoir. Douze années à penser à tout cela, en souffrant des nuits de tourments avec une décision à prendre. Voilà comment à commencé le tragique destin d’une jeune fille de vingt et un ans, transie de peur dans le froid glacial d’un fossé en bordure d’un petit bois. Les hurlements des SS parce qu’elle avait eu, dans années 1943, l’indélicatesse d’être Juive et, chose plus dramatique : riche !
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

L’Affaire Bernstein
François Cyriaque
L’Affaire Bernstein
ROMAN
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748104099 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748104080 (pour le livre imprimé)
Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. D’éventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de l’ouvrage, le texte en l’état. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
PREMIER CHAPITRE
MarieLouise Chapiotin, a cinquante ans au jourd’hui ! ! Très digne secrétaire comptable de son état, du non moins digne et considéré maître JeanFrédéric Levasseur dernier descendant d’une dynastie de no taires depuis, diton, 1804, année du sacre. Ceuxci, installés à Issoudun dans l’Indre en Berry. Hélas, ce dernier descendant se trouve être pour le moment, sans progéniture. Elle a cinquante ans, trente années de bons et loyaux offices au service des Levasseur. Maître Le vasseur, il y a une heure, délégua gravement Louis Louis, le coursier bossu d’aller quérir quelques bou teilles d’un excellent mousseux assortit d’un carton des gâteaux secs chez « la Boutrue », la vieille épi cière plus bas au coin de la rue. Le notaire avait consenti à ce que tout le monde cesse son travail une demiheure avant l’heure habituelle. Maintenant chacun tenait en main une coupe de vin, ils croque taient du bout des dents de longs biscuits atrocement sucrés. Maître Jean Frédéric Levasseur se tenait les jambes jointes et se haussait nerveusement sur la pointe des pieds dans ce mouvement régulier et aga çant qui lui était propre. Il sympathisait avec son per sonnel d’une mine faussement enjouée. LouisLouis se tenait en retrait dans un angle de la pièce, près de la fenêtre sous l’humilité de sa bosse. Il était là
7
L’Affaire Bernstein
l’homme à tout faire de la maison, et d’autres mai sons, saiton même si on le payait. Toujours sujet aux bousculades et aux sarcasmes de droite à gauche on criait : « LouisLouis tu ne comprendras jamais rien ! ! mais secouetoi un peu ! ! tu n’es qu’un fai néant ! Gagne un peu le pain qu’on te donne et le vin que tu voles ! » Aujourd’hui était un jour diffé rent ! on lui avait remplit un verre de mousseux et on lui avait mit quatre gâteaux dans le creux de la main, cela suffisait pour le rendre heureux. Joseph Bouchardons, le premier clerc enflammait l’assistance de ses cheveux roux, il parlait avec ses subalternes collègues d’un ton désabusé, pour une fois le sujet était autre que le travail. Il tenait sur tout conversation à madame Pérignon, avec laquelle, tout le monde le savait, il entretenait de coupables relations. Le couple pensait que leurs activités ex tra professionnelles passaient pour inaperçues, mais c’était souvent le sujet de bavardages du bureau. Bri gitte Pérignon écoutait le premier Clerc en roulant des yeux. Elle avait un peu tendance, quand l’oc casion s’en présentait, de boire plus qu’il n’était de raison, en moins de deux, elle avait englouti cinq coupes pleines à raz bord, maintenant elle grignotait un gâteau d’un air de mijaurée. Julien Buchol, le se cond clerc, un jeune garçon chétif au teint jaune, fraî chement sortit d’une vocation ratée de séminariste, et des écoles de droit regardait ses collègues d’un œil noir. Il avait été embauché à l’étude depuis un an, Maître Levasseur s’étant trouvé satisfait de son tra vail l’avait gardé à son service. C’était de ce genre de garçon qui, ayant sauté des jupes de sa mère aux écoles religieuses, puis exempté de services militaire grâce à un asthme prononcé et aux bonnes relations de son père, s’était vu précipité dans le droit, car lui avaiton dit : « Le droit mène à tout » Cela tombait bien, car il ne savait pas où aller. Il fut conduit au 10 de la rue de la Foulerie chez Maître Levasseur. Il
8
François Cyriaque
levait des yeux offusqués sur la tenue des ses deux collègues. Il jugeait leur conduite inqualifiable, il en avait parlé à ses parents, et sa mère lui avait bien re commandé d’avoir avec ces gens que d’uniques et réservées relations de travail, car ils pourraient l’en traîner avec eux dans leurs perditions. Car chez les Buchol, on lapidait à tour de bras, on lisait la Bible, on allait à la messe le dimanche et les jours saints, on donnait l’aumône aux pauvres, surtout a ceux qui étaient bien vue de tout le monde à la sortie de l’of fice du dimanche et on ne faisait pas de mal aux bêtes. Par ces faits, ils croyaient être de ceux qui pouvaient lancer la première pierre. Tous les mer credis à seize heures tapante un chapelet de vielles femmes bien comme il faut, se retrouvaient devant un thé insipide et s’applaudissaient des médisances dites sur tout un chacun de la commune. En face de lui s’allongeait la longue silhouette de Jean Mesmaeker, le deuxième second clerc, lui aussi la cinquantaine, le crâne luisant comme un œuf, l’air morne et blasé. Chez lui, tout était long, la tête, le cou, les bras les mains, le nez et son temps de ré flexion. Célibataire endurcit, par la force des choses, il baladait un regard sans expression sur l’assistance, il n’avait qu’une hâte : rentrer chez lui. Cela faisait vingttrois ans qu’il était au service des Levaseur. Comme MarieLouise Chapiotin, il était entré dans la maison du temps de maître Paul Levasseur, père de Jean Frédéric. Du temps, disaitil, où la machine à écrire ne se montrait pas comme une parvenue en vers la plume. C’était un nostalgique des pleins et des déliés. Deux seules choses l’intéressaient dans la vie : son métier et l’opéra.  J’ai une bonne nouvelle pour vous tous ! ! Dit d’une voix haute Jean Frédéric Levasseur en se haus sant sur la pointe des pieds. Le notaire était un homme petit, ceci le com plexait, alors il se chaussait de souliers à talonnettes,
9
L’Affaire Bernstein
dans l’étude, on le surnommait avec beaucoup de re cherche : « le p’tit » Ou bien « Porcinet » Ceci à cause se sa petite face ronde et son nez en forme de groin, mais on le nommait ainsi, uniquement dans les mauvais jours A ces mots, un silence religieux se fit immédiate ment, les oreilles se tendirent, dès fois que ce rapiat annoncerait une augmentation générale, mais dans le notarial, il est rare que l’on rêveMaître Levasseur laissa passer encore un moment, toujours hissé sur la ponte des pieds et se décida :  Nous allons déménager ! ! Peutêtre s’attendaitil à quelques « hourras » mais comme il n’y eut qu’un léger murmure, il poursuivit avec la voix marquée de l’instituteur en leçon de français.  Nous allons pouvoir disposer de locaux plus spa cieux, plus modernes, entièrement refaits à neufs. Un autre murmure parcouru l’assemblée, cette fois il fut plus marqué, il ne sut pas si c’était de l’enthousiasme ou de la contestation, il reprit sur le même ton.  En effet, comme vous le savez tous, la famille Levasseur est ici depuis 1862, mon grandpère ainsi que mon pauvre père y étaient très attachés, ceux parmi vous qui les ont connus, s’en souviennent Mais que voulezvousNous devons nous sou mettre aux exigences du progrès. Il parlait du progrès comme si s’était une calamité qui s’abattait spécialement sur lui  Fichtre ! Voilà quelque chose d’attendu depuis longtemps ! ! S’écria dans un sifflement de bronches Joseph Bouchardons. Allonsnous avoir également ces fameux classeurs métalliques si pratiques ?  Tout doux, tout doux, s’empressa de répliquer Maître Levasseur en levant une main pour prévenir un enthousiasme trop prématuré, pas tout à la fois ! Comme l’on ditIl est par contre prévuParis etc.
10