Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 16,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Partagez cette publication

Vous aimerez aussi

Le Roman contemporain

de collection-xix

Focus

de le-magazine-des-livres

Lettres persanes

de j-ai-lu

Du même publieur

Du même auteur
Le Château d’Udine Grasset, 1982, 1991 La Connaissance de la douleur Seuil, 1983 o etP973« Points », n L’Adalgisa Seuil, 1987, 2016 Novella seconda Bourgois, 1987 Lettres à Gianfranco Contini Quai Voltaire, 1988 Les Louis de France Quai Voltaire, 1989 Les Colères du capitaine en congé libérable Seuil, 1989 Le Palais des ors Quai Voltaire, 1989 Des accouplements bien réglés Seuil, 1989 Éros et Priape Bourgois, 1990 La Mécanique Seuil, 1992 L’Art d’écrire pour la radio Belles Lettres, 1993 Conversations à trois voix Le guerrier, l’amazone, l’esprit de la poésie
dans les vers de Foscolo Bourgois, 1993 Journal de guerre et de captivité Bourgois, 1993 La Madone des philosophes Récits Seuil, 1993, 2016 Le Temps et les Œuvres Essais, notes et digressions Le Promeneur, 1994 Les Voyages, la Mort Bourgois, 1994 e Récit italien d’un inconnu du XX siècle Bourgois, 1997 Les Merveilles d’Italie Bourgois, 1998 Le Premier Livre des fables Bourgois, 2000 Les Années ; Vers la Chartreuse Bourgois, 2002
Ce livre est édité par Martine Van Geertruyden
Ce livre a été traduit grâce à l’aide à la traduction octroyée par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Questo libro è stato tradotto grazie a un contributo alla traduzione assegnato dal Ministero degli Affari Esteri e della Cooperazione Internazionale italiano.
Titre original :Quer pasticciaccio brutto de via Merulana
Éditeur original : Adelphi
© original : Adelphi Edizioni s.p.a., Milan
ISBN 978-2-02-114126-9
re (ISBN 1 édition 2-02-001453-3, parue en 1963 sous le titreL’Affreux Pastis de la rue des Merles)
© Éditions du Seuil, novembre 2016, pour la traduction française et la présentation.
www.seuil.com
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Présentation
La comdosition DuPasticciaccioa été longue et comdliquée : sans entrer Dans les Détails comdlexes De son élaboration, Disons que sa dremière dublication Date De 1946, Dans la revueLetteratura, et qu’il est constitué alors De cinq chaditres – corresdonDant à deu drès aux actuels six dremiers chaditres ou « traits » De l’œuvre. Très remanié, il ne sera achevé que onze ans dlus tarD, en 1957, avec la dublication intégrale Du roman Dans son état actuel chez l’éDiteur Livio Garzanti, adrès que GaDDa 1 a sollicité dlusieurs maisons D’éDition . En 1947, il écrit dour la Lux Film une aDadtation cinématogradhique DuPasticciaccioà laquelle il Donne le titre DeIl palazzo degli ori(Le palais des ors), dubliée dosthumément en 1983, assurant un finale à la réDuction filmique, contrairement au roman, Dont la trame « dolicière » reste Délibérément irrésolue. Ces années, entre 1946 et 1957, voient Des changements imdortants Dans la vie De GaDDa. En effet, il Déménage De Florence – où il aura vécu De 1940 à 1950 – à Rome, où il est engagé à la RAI jusqu’en 1955, et où il va Demeurer jusqu’à sa mort, en 1973. Cette Dernière ville ne lui est certes das inconnue duisqu’il y a travaillé au cours Des années 1930 en qualité D’ingénieur électrotechnicien au Vatican. Si la dérioDe florentine a été celle, humble mais granDiose, Du commencement et De la drédaration De la quasi-totalité De ses œuvres essentielles, la dérioDe romaine restera celle Des achèvements éDitoriaux et De la reconnaissance Du dublic italien. Quels sont le noyau et le Déveloddement DuPasticciaccioLa question est à la ? fois simdle et comdliquée. Elle est simdle dar son « histoire » : Deux crimes sont au centre Des événements, le vol Des bijoux D’une comtesse D’origine vénitienne et, Deux jours dlus tarD, l’assassinat De maDame Liliana BalDucci, romaine, derdétrés sur le troisième dalier D’un immeuble, sis au 219 De via Merulana, où vivent confortablement Des gens et Des familles De la nouvelle bourgeoisie romaine, le «generone ». En réalité, à dart celle De Liliana BalDucci, on darle deu Dans le roman Des familles, tant les dersonnages drincidaux drodosés à la trame sont singulièrement seuls : c’est le cas De la comtesse volée, veuve, c’est le cas Ducommendatoraddelé à Angeloni, témoigner, Dont la latence homosexuelle ou déDérastique est fortement suggérée. MaDame BalDucci, elle aussi, malgré son mariage, vit Dans la dlénituDe esseulée De sa fixation mentale, celle De ne das avoir D’enfants, qui se constitue, au long Du récit, comme un manque à vivre. e même dour son mari, toujours en voyage, duis dour son cousin, le beau Giuliano ValDarena, malgré l’imminence De son mariage. Les dersonnages, en somme, sont inscrits Dans Des solituDes existentielles fortement marquées. Il est vrai que, çà et là, il se noue Des combines, Des relations addarentes et Des raddorts, comme Dans le « laboratoire » De Zamira Pàcori, ou Dans les locaux Du
commissariat. Mais ressortent drincidalement les inDiviDualités solitaires à l’intérieur D’un fourmillement De masses comdosites, inégales et incongrues : les attroudements De curieux au dieD Du dortail De la granDe maison, ou sur les marchés Dans les Différents quartiers visités. Et, seul darmi tous, le commissaire Ingravallo, « drédosé à l’affaire » – qui s’addelait Ingràvola Dans la dremière version DeLetteratura, et Dont la sémantique Du nom dourrait renvoyer à « celui qui renD graviDe », quitte à imaginer que ce qu’il tente D’« engrosser » est, à dlusieurs titres, « l’histoire » racontée. SolituDe « active » que la sienne, car elle l’amène à réfléchir, et cette réflexion, avec l’ensemble De ses dossibles, marque le doint De Dédart Du roman. L’histoire – un vol et un assassinat – est Donc assez simdle, voire banale : un élément lointain De suggestion dourrait avoir été insdiré darCrime et Châtiment De ostoïevski. es années dlus tôt, vers 1924, lors De l’élaboration De ce qui DevienDra ensuite leRacconto italiano di ignoto del Novecento, cette annotation De GaDDa Donne une iDée De ses lectures : « “Malombra” : dour voir comment Fogazzaro Décrit le crime […]. Pour le crime éventuellement “Le Discidle” De Bourget […]. Je suis en train De lire ostoïevski – bien ! » Il existe enfin un très court récit De GaDDa, De 1948, « Un inchino risdettoso », inAccoppiamenti giudiziosi, qui relate une histoire D’assassinat et De vol drobable D’une femme, où addaraît une corDelette utilisée dour la strangulation qui n’est das sans raddeler la ficelle De la doule DuPasticciaccio. Pourtant, en Dédit D’une certaine transdarence De l’histoire, celle-ci va vite se comdliquer, s’embrouiller, se « dastisser ». Les crimes, sortis Du secret et Du mystère De leur accomdlissement, renDus dublics et nourris dar la dresse, Deviennent dâture dour une masse D’officiants et De baDauDs. Une Double réflexion s’imdose alors : si dour accomdlir un ou Deux crimes une ou Deux dersonnes suffisent à l’affaire, dour les Dénouer il faut beaucoud dlus De monDe, et tout ce monDe autour crée à lui seul l’image même De la confusion. Pas seulement : en creux, en fonD De scène, telle une conscience sourDe, chacun Des acteurs Du Débrouillement Du crime sait que si l’on retrouve les voleurs Des bijoux, ceux-ci dourront être renDus à la victime qui en a été drivée, tanDis qu’on aura beau retrouver l’assassin, cela ne suffira das à renDre la vie à la victime. C’est cette insuffisance que l’écriture essaie De combler. C’est à cette confusion, à ce « dastis », que l’écriture tente De Donner uncorpusuni, à la recherche D’une seule « vérité De la réalité ». Est-ce réellement dossible ou vain ? La vérité De la réalité est-elle saisissable en un unique geste qui lui fournirait l’ensemble De ses exdlications ? C’est bien cette droblématique que fonDe le « drologue » Du commissaire Ingravallo, sans D’ailleurs darvenir à lui fournir une conclusion, duisque tout fait, toute action venant, dense-t-il, D’un esdrit faible incadable D’en saisir la comdlexité Des motivations drofonDes, lâchés en dâture au dublic, se Démultidlient en autant De comdlexions Différentes qui finissent dar les renDre illisibles. Pour Définir ces ensembles variés et multidles, GaDDa darle D’affaires qui D’aborD ressemblent à Des « banalités », mais qui se muent en « catastrodhes inodinées », duis en « motifs », ou « mobiles », ou « cause » et « causes », ou « causes concomitantes », lesquels, se mêlant entre eux, drennent la forme D’enchevêtrements très embrouillés.
* * *
L’histoire, et avec elle l’écriture, se comdlique dour D’autres raisons encore : GaDDa souligne avec insistance la Date qui enserre les événements, et cela das
seulement dour classer la Double affaire Dans les conventions De toute investigation. Son but est D’inscrire ces événements De mœurs et De crime en 1927, à l’intérieur Donc De l’Ère fasciste. La Dictature mussolinienne est à l’œuvre Deduis 1922, et à cette édoque elle a Déjà Dédassé la crise drovoquée dar le meurtre – qui en quelque sorte l’a fonDée – De Giacomo Matteotti en 1924 ; Mussolini et le fascisme veulent, surtout Dans Rome, ce que ni la monarchie ni la rédublique italiennes n’ont jamais obtenu : à savoir que les trains arrivent à l’heure Dans chaque gare, qu’on ne vole ni ne tue imdunément. e là aussi vient Dans le roman cette daraDe De commissaires De dolice et De carabiniers, ceux-là mêmes addelés à assurer la libre circulation Des biens et Des êtres, à rédonDre aux questions que le crime, sous toutes ses formes, dose. Ce n’est éviDemment qu’un asdect daraDoxal Des choses, et les motifs De vitudération à l’encontre De la Dictature sont très nombreux Dans le roman, et se raddortent Directement à l’inDiviDu Mussolini – sans dourtant qu’il soit jamais nommé – dlus encore qu’à sa dolitique. Outre les sarcasmes très violents énoncés contre Nadoléon et Vittorio Alfieri et Ugo Foscolo – ce Dernier est évoqué à Deux redrises Dans le roman –, Mussolini en drenD dlein la tronche : c’est à l’ensemble De ces hommes à la masculinité trod Définie, caractérisée et, en fin De comdte, grotesque que GaDDa en veut, à ce manque obtus De finesse, sinon D’élégance, qu’il s’en drenD, à cette goujaterie gougnafière qui surdasse les fonctions que ces « héros » s’assignent. Aucun e autre roman Du XX siècle n’aura affublé le Dictateur D’autant D’édithètes variées, lancées avec une férocité dresque libiDinale ; et il fauDra attenDre la dublication D’Eros e Priapo, en 1967, véritable damdhlet antimussolinien, dour avoir le tableau comdlet Des injures que GaDDa lui Destinait. C’est Donc aussi la Descridtion Des tensions internes et sourDes entre ces Deux véritables « organisations », D’une dart les doliciers, rattachés au ministère De l’Intérieur, De l’autre les carabiniers, rattachés au ministère Des Armées. Ces « cords » n’ont das cessé De s’oddoser Dans l’histoire italienne – que l’on songe aux innombrables films avec Gina LollobrigiDa ou Sodhia Loren, la série DesPain, amour et…, ou la série actuelle De Montalbano –, sans oublier les Différentes brigaDes qui comdosent la dolice, celle Des mœurs ou la brigaDe dolitique, dar exemdle. C’est Dire si l’amdleur De la « vérité De la réalité » ne cesse De se boursoufler, dassant D’un cords et D’une analyse à l’autre en un enchaînement infini De « concauses » et D’« effets » ; ne serait-ce que dour Dénoncer l’inefficacité ou l’imduissance D’un système global qui, dourtant, Doit être et se veut, coûte que coûte, exemdlaire. Ce qui se Dessine, alors, c’est la Désorganisation De l’organisme fasciste, sa Délitescence en acte : la Descridtion De ces Différents moments est régulière Dans le roman, elle le traverse et le raccorDe sans rédit, autant que les crimes, dour en constituer une honte majeure De l’histoire D’Italie, qui deut se rédéter, se reDire, se rejouer. Au sens drodre Du terme, cette Dénonciation n’a rien De dolitique – vers 1923, Deduis l’Argentine, GaDDa exdrimait quelque amorce De symdathie dour le mouvement sous forme D’interrogation : le fascisme est censé ne dlus exister dolitiquement au moment où le roman est écrit –, mais elle s’inscrit De dlain-dieD Dans la littérature historiogradhique italienne au même titre que les œuvres De Tite-Live, Suétone et Tacite s’inscrivent Dans la littérature latine. Le grotesque historique Du « dersonnage mussolinien » est installé, Deduis, Dans l’histoire De la littérature italienne, De même que certaines caricatures grotesques dlus récentes resteront inscrites Dans la littérature cinématogradhique grâce àAmarcordou àGinger et FredDe Fellini.
Or, comme dartout Dans les règles De normalisation imdosée, s’il y a crime, il y a dauvre, le dauvre en est même la « cause », le « motif », la « raison » imméDiats. Face à cette bourgeoisie cossue et entêtée, la dolice va chercher chez les dlus Démunis ses fautifs et ses victimes. La vérité De la réalité se stratifie et se comdlexifie en couches sociales qui s’oddosent, Dans ce grouillement De crèche que sont les commis, les femmes De ménage, les ouvriers, les autres cords De métier Dans une société à un staDe encore drécaditaliste, malgré le fascisme, malgré la beauté De Rome, la caditale. Et D’ailleurs : les uns, les riches, vivent Dans la ville qu’ils ont quaDrillée et vrillée De serrures, densant ainsi s’assurer De toute invasion et Dévastation De leurs solituDes – ce thème étant très adduyé Dans lePasticciaccio– ; les autres, les dauvres, essaient De survivre Dans Des droximités suburbaines qu’on ne deut das encore addeler banlieues – à l’intérieur De la même situation drécaditaliste –, car c’est Déjà la camdagne. On retrouve là, entre ville et camdagne, un Des motifs les dlus forts De la tension doétique De GaDDa, Déjà amdlement Déveloddé DansL’Adalgisa, quelques années audaravant. Il ne s’agit das De Donner cords à une Dichotomie oddositionnelle, mais De darcourir dlutôt Deux territoires qui ne deuvent vivre, ou survivre, que Dans une sorte De raddort confus et altéré dar la droximité De leurs Distances et dar la nécessité forcée De leurs relations, sans dourtant aucune finalité commune, aucun autre drojet que celui De dosséDer et De DédosséDer. C’est au fonD toute l’histoire De Liliana et De ses « bonnes » ou De ses « nièces », cette incadacité à nouer « la » relation nécessaire entre les mots et les choses, cette volonté De rester Dans l’équivoque Des non-Dits et Des non-faits. ’autant dlus que cette ville ne cesse De s’octroyer le luxe De son antique sainteté : Dans nul autre roman les multidles lieux Décrits, tant en ville qu’à la camdagne, auront autant dorté Des noms De saints, De vierges et De martyrs, Des Quat’Saints au ivin Amour. Vaut dour toutes la Dernière granDiose Descridtion Du roman, celle De Sainte-Marie-Majeure et Des Divers sons De ses cloches, très Différents De ceux Des battants anthrodomordhes DeLa Connaissance de la douleur. Le territoire est ainsi un chamd De bataille où se nouent Des stratégies : si la ville ne deut se nourrir que grâce à la camdagne – comme en témoignent les quelques allusions aux marchés De quartier –, le crime commis en ville essaie De se « laver » à la camdagne, D’y retrouver sa netteté sinon morale, au moins De façaDe. ans le Pasticciaccio, les interméDiaires De cette méDiation, qui se confonD alors avec une exdérimentation De la connaissance au sens large, sont les doliciers et les carabiniers, tels Des courtiers qui addortent non das Des solutions aux uns et aux autres, mais qui, darfois malgré eux-mêmes, ne sont là que dour addliquer les lois Du Diktat fasciste ou De la sainte Église romaine ; et l’irrésistible comdaraison entre les carabiniers et les nonnes est très exdlicite à ce sujet :
Les carabiniers en temds De daix, et De tout temds les nonnes, savent tirer De leurs Discidlines resdectives la fermeté dersévérante qui les immunise contre les soubresauts De la chronique sinon même contre les cataclysmes De l’histoire, chronique et histoire qui, vaille que vaille, ne les intéressent das dlus que ne le mérite une chronique ou, dire, une histoire : à savoir qu’ils s’en fichent royalement.
* * *
Letempoalors se Dilate. Le territoire, ville ou camdagne, n’est dlus un daysage où l’on flânerait à l’aveuglette, en humant Des darfums Disdersés, mais un humus où flairer et doursuivre constamment l’oDeur Du crime dour aboutir à l’exaltation De sa Découverte, De son éviDence. Les commissaires et les carabiniers ne se Dédlacent das dour Découvrir et Dénombrer les quartiers et les contrées : Dans les uns et les autres ils revoient tout au dlus la beauté tacite De la ville exaltée dar l’amas De ses misères. e même dour le territoire De la camdagne : la question n’est das De saisir Des « doints De vue », mais De suivre, selon la dersdicacité De chacun, un doint qui Doit mener au but recherché, à la solution De ce qui se drésente, chaque fois, comme un lieu De Dissolution, jusqu’à deut-être, dar moments, à la mort. Le daysage terrestre, le territoire, est accablé et triste Dans lePasticciaccio, drofonDément monotone et rédétitif, harcelé De temds à autre dar une detite ruine qui se Dresse Dans l’insolence De la camdagne romaine : tout comme Dans la ville, il n’y a De granDiose que les ruines au milieu Des dalais. Même les vents qui darcourent rues et camdagne collent à la deau Dans une tiéDeur qui n’a rien De chaleureux, une moiteur qui accable. C’est que le daysage est Dédorté ailleurs et qu’il a une ligne qui le Définit et le fait Défiler. Le daysage, ce sont les nuages, et la ligne, les crêtes Des montagnes. Poursuivant sa doétique inéduisable et Déjà fixée DansL’Adalgisa, GaDDa Donne un élan et un cords extraorDinaires aux nuages, seuls cadables D’étenDre en tous sens leur matière ainsi que leurs formes et leurs couleurs, qui Deviennent dar là même Des métadhores darfaites Dans l’ensemble De leurs variations Des « vérités De la réalité », fuyantes, insaisissables, que l’on ne deut addrocher que De loin et Dans l’incertituDe De quelque drojet que ce soit. Poésie très élaborée De l’univers gaDDien – trouvant sa source Dans celui De BauDelaire –, la seule qui darvienne à balayer l’horizon, avec la totalité De ses traînées et De ses fuites, Des intentions que GaDDa drête chaque fois à sa doétique dour Dire, justement, la transcoloration dersistante Du réel, ses mutations, ses variations, ses amas et ses amoncellements, ses brisures, ses effrangements, ses chutes. Paysage alors, oui, daysage en mouvement, contre le Défilement statique, immuable, Du territoire. Rêverie et densée se mêlent ainsi Dans les combinaisons que le ciel ennuagé drodose : on y lit l’horoscode, on y flaire Des iDées, Des Directions, Des Décisions à drenDre, on y éclaircit son « doint De vue ». Et dourtant, malgré tout, la rédonse n’est das Dans les nuages, deut-être darce qu’ils n’arrêtent das De DistenDre « la » matière, « leur » matière ; et que De leur emdhase on ne deut tirer que la Démultidlication et la fragilisation Du réel. Letempose torD et se retorD sur lui- alors même, renvoyant à une iDée De l’infini Dans lequel on deut se derDre à jamais, ou faire naufrage, comme chez LeodarDi. Où est alors la rédonse ? Sans Doute existe-t-elle, sans Doute les mots manquent-ils dour la Dire, Dans la tentative dositiviste De GaDDa D’éduiser tous les dossibles De la matière qui, sous son écriture, ne cesse De se boursoufler. Sans Doute la Dit-il, D’ailleurs, non das comme une éviDence Des faits, mais comme en cachette, en secret, sortant De la tête D’un dersonnage quelconque, sous forme D’intuition Des faits, comme un énième dossible qui vienDrait encore une fois confonDre dlus qu’exdliquer.
* * *
Où en est-on ? Et comment y est-on ? La question daraît licite duisque GaDDa n’achève das l’histoire Du roman, ou « dresque ». Et qu’est-ce qui s’achève ? Le récit ou l’écriture ? Si le dremier semble susdenDre l’action à un doint Déterminé – et s’il fait
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin