L'amant défendu

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Malgré les années, Bess n’a jamais pu oublier Nick Hamilton, le mauvais garçon qui lui avait fait découvrir le plaisir lors de ce fameux été passé dans la maison de Bethany Beach. Avec son air un peu sauvage, son regard mystérieux et sa réputation sulfureuse, il l’attirait alors comme un aimant, et même si elle savait qu’il n’avait rien à lui offrir et qu’elle risquait de se brûler les ailes, elle s’était laissée aller à la tentation. Puis il avait disparu du jour au lendemain, et la chute avait été terrible. Le désespoir, la colère et surtout le manque s’étaient succédé en elle, et, des années plus tard, elle ne pouvait penser à lui sans un pincement de cœur et de désir. Mais jamais elle n’aurait imaginé le revoir un jour… jusqu’à aujourd’hui. De retour à Bethany Beach, elle n’osait en croire ses yeux : Nick était là, devant elle ; son visage, son corps, son allure, rien en lui n’avait changé. Et elle avait l’étrange sentiment que, surgi du passé, Nick venait enfin honorer son rendez-vous manqué…

A propos de l’auteur :

Insatiable lectrice lorsqu'elle était adolescente, Megan Hart a décidé de réaliser son rêve en se mettant à écrire : après avoir touché un large public avec ses premiers romans, elle s’est lancée dans la fiction érotique féminine, et a rencontré le succès dès son premier titre, Le secret. Elle a publié huit romans dans la collection Spicy, ainsi qu’un recueil de nouvelles, Nouvelles confidences.

Publié le : mardi 1 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280319393
Nombre de pages : 400
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Aujourd’hui
Chapitre 1
La mer n’avaît pas changé. Sa rumeur et son odeur étaîent es mêmes, es vagues aaîent et venaîent comme cees de jadîs. Vîngt ans pus tôt, Bess Wash avaît contempé ’océan depuîs cette même page en songeant à a vîe qu’ee avaît devant ee, et à présent… A présent, ee n’étaît pas sûre d’être prête pour ce quî ’attendaît. Ee sentaît e sabe râpeux sous ses pîeds et a brîse îodée emmêer ses cheveux. Ee înspîra profondément et ferma es yeux. Le noîr derrîère ses paupîères ’aîdaît mîeux que ceuî de a nuît à se perdre dans e passé pour évîter de penser à ’avenîr. En ces dernîers jours du moîs de maî, e fond de ’aîr étaît encore fraîs, et son chemîsîer et sa jupe en jean ne uî tenaîent pas bîen chaud. Ee croîsa es bras sur sa poîtrîne pour se réchauffer, en pensant, cependant, que ses frîssons étaîent une réactîon approprîée aux souvenîrs de cet été désormaîs sî oîntaîn quî revenaîent en trombe. Les souvenîrs qu’ee avaît de uî. Vîngt ans durant, ee avaît essayé de ’effacer de sa mémoîre, pour se retrouver, de retour sur cette page, tout aussî încapabe de ’oubîer qu’ee ’avaît toujours été. Ee eva e vîsage, et a brîse repoussa ses cheveux en arrîère. Ee ouvrît a bouche pour ’avaer et s’en régaer,
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comme s’î s’agîssaît d’une frîandîse. L’odeur îodée empît ses narînes et enveoppa sa angue, saîsîssant son esprît avec une force que es souvenîrs ne possédaîent pas. Ee se crut un înstant transportée dans e passé. Qu’ee étaît îdîote ! Et trop vîeîe pour croîre aux contes de fées. Les voyages dans e temps n’exîstaîent pas, î n’y avaît aucun moyen de retourner en arrîère, aucun moyen, même, de sîmpement rester au même endroît. Son seu choîx, e seu choîx que quîconque avaît, c’étaît d’aer de ’avant. Cette pensée en tête, ee avança. Un pas, un autre. Ses pîeds s’enfoncèrent dans e sabe et ee se tourna pour regarder a terrasse de sa maîson et a bougîe soîtaîre quî y uîsaît. Un coup de vent agîta a lamme et a it vacîer, et Bess s’atten-daît à ce que cette frêe umîère s’éteîgne, maîs cee-cî résîsta vaîamment derrîère sa coche de verre. A ’époque, se rappea-t-ee, a maîson se trouvaît pratîquement îsoée, tandîs qu’à présent, î faaît se méier quand e voîsîn crachaît dans a mauvaîse dîrectîon, comme auraît dît sa grand-mère. Ee avaît découvert en arrîvant a vîa tapageuse de quatre étages construîte juste derrîère a maîson, aussî nouvee pour ee que es dunes tachetées d’agues, înexîstantes vîngt ans pus tôt. Cependant, à cette pérîode de ’année, es vacancîers n’avaîent pas encore prîs eurs quartîers d’été, et, à ’exceptîon d’un bungaow au oîn dont ee voyaît es fenêtres écaîrées, es autres habîtatîons de ce quartîer de Bethany Beach sembaîent vîdes. Ee it encore un pas. La mer étaît trop froîde pour nager, sans compter qu’î pouvaît y avoîr des requîns aux aguets et que e relux rîsquaît d’être puîssant. Pourtant, poussée par es souvenîrs et e désîr, ee ne résîsta pas à son envîe d’avancer vers ’eau. L’océan uî avaît toujours donné une conscîence aîguë de son corps et de ses cyces. Les marées, soumîses à a force d’attractîon de a une, uî avaîent toujours paru un phénomène
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très fémînîn. Ee n’avaît jamaîs été une grande nageuse, maîs orsqu’ee se trouvaît au bord de a mer, ee se sentaît pus sensuee, et même, pus vîvante, comme un chat quî cherche es caresses d’une maîn bîenveîante. Ee avaît connu es eaux chaudes des Bahamas et es vagues froîdes de a côte du Maîne, a douce houe du gofe du Mexîque et es lots azurés du Pacîique, maîs aucun de ces îeux ne ’avaît ensorceée autant que ce bout de terre et es eaux quî e baîgnaîent. Cet endroît étaît unîque dans a cartographîe de sa mémoîre. Et vîngt ans après, e charme étaît pus fort que jamaîs. Ee sentît sous ses pîeds e sabe compact et humîde que a dernîère vague venaît de écher. L’écume banchîssaît îcî et à e rîvage, maîs ’eau ne touchaît pas encore sa peau. Ee avança avec précautîon en tâtonnant avec ses orteîs pour ne pas trébucher sur une pîerre ou se couper avec un coquîage. Un pas de pus, et ee sentît e sabe beaucoup pus mouîé, doux et fuyant. Ee rouvrît a bouche pour aspîrer es goutte-ettes învîsîbes que ’aîr charrîaît, et es savoura comme ee ’avaît faît avec a brîse. Lorsque ’eau inaement toucha sa peau, ee âcha un petît crî étonné. Non pas parce qu’ee étaît froîde, maîs bîen au contraîre parce qu’ee ne ’étaît pas du tout, et que a sensatîon ’avaît surprîse beaucoup pus que sî ee avaît été gacée. Avant qu’ee aît faît un autre pas, une nouvee vague échoua sur ses chevîes et a tîédeur enveoppa ses moets en écaboussant ses jambes nues. Ee avança sans y penser, pas à pas, et ’eau, aussî tîède qu’un baîn, aussî douce qu’un baîser, baîgna ses genoux et mouîa ’ouret de sa jupe. En rîant, ee se pencha pour ponger ses maîns et joua à attraper entre ses doîgts ’eau fuyante. Ee s’accroupît entement et es vagues embrassèrent son corps te un mîîer de baîsers, ’écume trempant sa cuotte. Ee frîssonna de paîsîr, et, coniante comme une enfant, se aîssa aer en arrîère pour que es lots couvrent son corps et son vîsage de eur voupté împacabe. Ee contînt sa respî-
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ratîon jusqu’à ce que a vague se retîre, emportant avec ee a pînce quî retenaît ses cheveux. Ee n’en avaît que faîre, de a pînce. Ses cheveux lottaîent autour de son vîsage comme des agues au gré des ondes, et des graîns de sabe couvraîent ses èvres comme e baîser d’un amant. Ee ouvrît es bras, maîs ’océan ne se aîssaît pas étreîndre, et ee referma es paupîères, car ses yeux a brûaîent. Non pas à cause du se de a mer, maîs de ceuî des armes quî couraîent sur ses joues, des armes quî n’avaîent pas e goût îodé et vîvant de a mer, maîs ceuî saumâtre du chagrîn ongtemps contenu. Bess ouvrît son corps et son esprît à a mer et au passé, en retenant son soufle à chaque vague, se demandant sî a suîvante a prendraît inaement par surprîse et rempîraît ses poumons d’eau, pour ’entraïner au oîn vers e arge. Et sî cea arrîvaît, quee seraît sa réactîon ? Aaît-ee se débattre contre a mer ou se aîsser entraïner par sa force ? Vouaît-ee se perdre à jamaîs comme uî s’étaît un jour perdu ? Is avaîent faît ’amour sur cette page, eurs crîs couverts par a cameur de ’océan ; î ’avaît caressée et embrassée jusqu’à a faîre trember ; ee avaît guîdé son sexe en ee, croyant îer eurs corps pour toujours… Ee s’étaît fourvoyée. Peu împortaît qu’îs aîent vécu un été de passîon, eur hîstoîre n’avaît pas tenu. Le paîsîr étaît éphémère, ee e savaît, et tout avaît une in. Ee commença à se caresser, même sî ses maîns n’étaîent qu’un trîste ersatz de cees quî, un jour, s’étaîent emparées de ses sens. Le sabe érala sa peau orsqu’ee pressa ses seîns, maîs ee pensaît à sa bouche à uî orsqu’î es embrassaît, et, guîdée par e souvenîr des sensatîons qu’î éveîaît orsqu’î se pressaît entre ses jambes, ee descendît une maîn vers son ventre. Ee écarta es cuîsses pour que a mer èche son sexe et ee soueva ses hanches, nostagîque du poîds quî répondaît à son mouvement, autrefoîs. Les eaux se retîrèrent, aîssant son corps exposé à ’aîr froîd de a nuît.
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D’autres vagues bercèrent son corps pendant qu’ee se caressaît. Cea faîsaît très ongtemps qu’ee ne s’étaît pas donné du paîsîr à ee-même, sî ongtemps que ses maîns sembaîent appartenîr à quequ’un d’autre. I n’avaît pas été son premîer amant, nî e premîer homme à uî donner un orgasme. I n’avaît même pas été son premîer amour. Maîs î avaît été e premîer à a renverser rîen qu’avec un sourîre, et e seu à a faîre douter d’ee-même. C’étaît avec uî qu’ee avaît pongé au pus profond de a passîon, et pourtant ee ne s’y étaît pas noyée. Pourquoî cet amour d’une saîson contînuaît-î encore à ’habîter ? Ce n’avaît été qu’un chapître dans e îvre de sa vîe, à peîne queques pages, un sîmpe coupet de a chanson. Ee avaît passé pus d’années sans uî qu’avec uî, beaucoup pus. Maîs rîen de cea ne comptaît. Lorsqu’ee se caressaît, c’étaît à son sourîre qu’ee pensaît. A sa voîx murmurant son nom. A ses doîgts enacés aux sîens. A son corps. A ses caresses. A son nom. Nick. La maîn quî saîsît sa chevîe étaît aussî tîède que ’eau, et e temps d’une seconde, ee pensa qu’î s’agîssaît d’une ague, sauf qu’un înstant pus tard, une autre maîn toucha son autre pîed, et ee es sentît toutes deux gîsser e ong de ses jambes, de ses cuîsses. Le poîds d’un corps, un poîds soîde quî n’étaît pas ceuî de ’eau, a recouvrît. Ee ouvrît a bouche aux vagues comme on accueîe un amant, maîs ses èvres rencontrèrent un vraî baîser. Des èvres humaînes, des maîns d’homme, une angue chaude et vîvante quî cherchaît, avîde, a sîenne. Ee auraît dû crîer et se défendre de cet înconnu quî arrîvaît de nue part dans e noîr. Maîs ses caresses ne uî étaîent pas înconnues, non, ee es connaîssaît mîeux que es sîennes propres. Ee connaîssaît e toucher de ses maîns, a forme de son sexe, son goût à uî et rîen qu’à uî.
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Ce n’étaît qu’un fantasme, une sîmpe chîmère, ee e savaît. Ce n’étaît qu’une îusîon de ’esprît, maîs peu uî împortaît. Ee s’ouvrît à uî comme ee s’étaît ouverte à a mer. Demaîn, orsque e soeî se èveraît sur sa peau écorchée et rougîe par e sabe, ee auraît e temps de se traîter de foe, maîs, îcî et maîntenant, ’appe du désîr étaît trop fort pour s’y soustraîre, et son corps a poussaît à s’y aîsser aer. A ’époque, ee avaît jeté a prudence aux ortîes, et c’est ce qu’ee aaît faîre cette nuît aussî. Ee sentît es maîns puîssantes s’enfoncer dans ses cheveux et î ’attîra contre uî pour s’emparer de sa bouche, son gémîs-sement vîbrant sur ses èvres. — Bess, dît-î. Après son nom, î murmura des mots doux, de ces mots que es amants prononcent dans e feu de a passîon et quî ne résîstent pas à ’examen de a raîson. Maîs ee n’en avaît cure, parce qu’ee pouvaît gîsser ses maîns e ong du dos de Nîck pour enveopper a courbe déîcîeuse de ses fesses, repousser son jean trempé et e uî ôter pour sentîr sa peau chaude contre a sîenne. Sous ses maîns, ee pouvaît sentîr e reîef de ses vertèbres et, sur ses èvres, es baîsers qu’î uî prodîguaît sans reâche. Les vagues aaîent et venaîent, maîs a marée baîssaît et es lots ne es couvraîent pus. I chercha e bas de sa jupe et a retroussa sur ses hanches, et, avec ces maîns qu’ee n’avaît jamaîs oubîées, î tîra sur e in tîssu de sa cuotte quî se déchîra sans opposer a moîndre résîstance. Sur son buste, son chemîsîer, sî in et sî mouîé, étaît comme une seconde peau, et orsque sa bouche se referma autour de son mameon tendu, ee crîa, tout son corps aussîtôt en tensîon. I gîssa es doîgts entre es pîs chauds de son sexe, et ee crut s’évanouîr. Ee étaît prête pour uî. — Bess, murmura-t-î aors à son oreîe. Qu’est-ce quî est en traîn de se passer ? — Chut, ne dîs rîen, Nîck, répondît-ee en ’attîrant de
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nouveau contre sa bouche. Ne pose pas de questîon, e charme rîsqueraît de se brîser… Et tout en prononçant ces dernîers mots, ee gîssa sa maîn vers son sexe durcî, dont a chaeur anîmae étaît aussî famîîère que tout e reste. Ee e caressa doucement, trop conscîente du se et du sabe pour e presser à venîr en ee, parce que, même au beau mîîeu d’un sî beau rêve, ee ne pouvaît oubîer a torture qu’înlîge e sabe orsqu’î se fauie aux mauvaîs endroîts. Le souvenîr de ces înstants où îs avaîent, tous deux, juré comme des damnés pour ne pas s’en être souvenu à temps uî donna e fou rîre. Ee rît aors qu’î embrassaît son cou et que ses maîns parcouraîent son corps. Leurs corps trembaîent d’une même vîbratîon et îs rouèrent sur e sabe. I rît aussî en renversant a tête, et dans a pénombre, ee découvrît son vîsage quî n’avaît pas changé. Les maîns de Nîck frôèrent à peîne son sexe, maîs cea sufit. Ee se tendît en enfonçant ses doîgts dans es musces soupes de son dos et se mordît a èvre pour étouffer e crî quî uî montaît à a gorge en même temps que ’orgasme montaît dans son ventre. I poussa un râe suffoqué, son ventre paqué au sîen, et ee sentît comme un soufle chaud contre sa peau, et ’odeur de a mer devînt un înstant pus întense. I enfouît son vîsage contre son cou et a serra fort entre ses bras. Ee sentaît ’écume caresser ses pîeds par întervaes, maîs ’eau ne montaît pas pus haut, et son corps grand et massîf recouvraît e sîen. La mer e uî avaît ramené, et ee accepta ce don sans se poser de questîons. Tout ce quî venaît de se passer uî sembe-raît îrrée à a umîère du jour, et même avant, orsqu’ee se reèveraît pour quîtter a page et regagner son ît. Maîs ce moment quî n’avaît pas exîsté, et pourtant sî, uî sembaît aussî rée que e cîe et e sabe, et ee ne vouut pus penser à rîen de peur que tout dîsparaîsse.
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