L'amante religieuse

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Le spectacle que mes yeux enfantins découvrirent était digne d'un film d'horreur. Le lieutenant, un jeune et bel homme au demeurant, et notre frangine, ambassadrice en affaires célestes sur terre, étaient en tenue d'Adam. Elle jouait le rôle de Eve ,

Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 154
EAN13 : 9782748107487
Nombre de pages : 221
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L’amante religieuse
Joseph Bako
L’amante religieuse
ROMAN
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748107497 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748107489 (pour le livre imprimé)
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A ma mère, Mme Marie Madeleine DANG A Brigitte mon amour A CocoNadège et Yoan mes deux enfants.
Je ne crois pas en la sorcellerie, mais les paroles d’Albert sont restées gravées dans ma tête. Une ven deuse de poisson braisé vient de m’indiquer la maison que je recherchais. La porte qui donne sur le jardin ne résiste pas à mon coup d’épaule. J’entre dans la de meure coloniale. Trois bougies brûlent sur une table basse. Il n’y a personne dans l’immense séjour jon ché de meubles en rotin. Des voix me parviennent de l’étage. Je repère un escalier en face de moi et m’engage sur ses marches. J’hésite une seconde, mais ma déter mination l’emporte. Une fois sur le palier, je tourne à droite, m’éponge le front du revers de ma main puis me dirige vers la porte en face de moi. C’est de cette pièce que proviennent les voix. Je m’approche à pas de loup. J’entrouvre le battant de la porte. Les gongs ne grincent pas. Je jette un œil. Le spectacle me cloue sur place : c’est bien sœur RUTH. Elle effectue sa gymnas tique. Elle porte un minuscule short dentelé de cou leur mauve audessus d’un collant noir. Ses hanches sont moulées dans la toile élastique, ce qui accentue la cambrure de ses reins et la rondeur de ses fesses râblées. Ses cheveux ont beaucoup poussé. Elle les a remontés en un magnifique chignon qui lui retombe sur le dos. Un bandeau rouge vif ceint son front. Ses seins se des sinent parfaitement à travers la fluidité d’un minuscule caraco de la même couleur que le collant. J’ai l’impres sion qu’ils ont grossi. Mablanche sœur en Christcontinue d’exécuter les mouvements dictés une voix douce sor tant d’un magnétophone. Elle ne m’a pas entendu ar river. « Tu ne perds rien pour attendre », me disje en refermant la porte. Je fais quelques pas et vacille. Des images de mon passé reviennent au devant de mon es prit. Je m’agrippe à la rampe d’escalier pour reprendre me ressaisir. Je suis assailli par diverses représentations. Ni inquiétude, ni peur, mais beaucoup de haine. J’ai rencontré cette femme il y a quelques années. Elle est sortie de ma vie comme elle y est entrée, c’est à dire en occasionnant beaucoup de dégâts.
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L’amante religieuse
Dans les journaux, j’imagine qu’on parlera du meurtre de la femme blanche. L’ex religieuse. La félonne du Christ. La radio s’y mettra aussi. Le meurtrier sera traqué. JE serai traqué. Une équipe de limiers viendra de Paris, à la demande de l’ambassade de France qui, comme d’habitude, estimera que les inspecteurs camerounais chargés des investigations ne seront pas à la hauteur. Je me fais peutêtre un film, mais c’est ainsi que ça doit se passer. C’est toujours ainsi que ça se passe en Afrique quand un homme de race blanche est assassiné. « A nous deux, bonne sœur de mes fesses », me disje en retournant sur mes pas. Je sors le couteau à double tranchant de ma ceinture et donne un grand coup de pied sur la porte.
Tout a commencé dans l’ouest du CAMEROUN une nuit de l’année 1959. J’étais en train de rêver du vélo que mon père avait promis de me ramener de Yaoundé lors de son prochain voyage. Je fus tiré de mon songe par ma mère qui me secouait énergiquement : « chéri, chéri, réveilletoi », me murmuraitelle. J’ouvris les yeux et voulus protester contre ce réveil brutal. Elle plaqua sa main gauche sur ma bouche et me prit contre elle. Elle tremblait de tout son corps. Des larmes coulaient et brillaient sur son visage éclairé à peine par la lampe à pétrole. Son ombre dansait sur le mur de la pièce au rythme des mouvements de la flamme. Je me mis à sangloter en voyant le chagrin imprimé sur son visage. Ne dis rien, me murmuratelle. N’aie pas peur, je te protégerai. Je suis là et ne laisserai personne te faire de mal.  Où est papa ? J’ai peur maman, j’ai peur. est passé papa ?  Il est parti à sa réunion, continuatelle. Dehors, quelque chose craqua. Cela se passait du côté de la façade principale. Des pas et des murmures
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