Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

L'amour au temps d'une guerre, tome 3

De
402 pages
Une série bouleversante dans laquelle se côtoient des personnages de l’inoubliable série Les héritiers du fleuve ainsi que des familles françaises aux destins émouvants.
Même si la guerre est terminée, la vie tarde à reprendre son cours. Tandis que les survivants peinent à guérir leur âme écorchée, les disparus, eux, laissent des traces indélébiles et des cœurs brisés.
En Europe, la famille Nicolas trime dur pour faire renaître le verger tandis que Jacob veille à bâtir un avenir pour ses deux filles à Paris où, jadis, ils vivaient tous heureux avec Bertha. Brigitte, quant à elle, tente de surmonter la disparition de son beau Canadien auprès de Madame Foucault et de la petite Éva tandis que Gilberte, au Québec, se dévoue à aider son bon ami Ernest à surmonter la perte de son fils. L’amour triomphera-t-il réellement sur l’adversité?
Voici la conclusion magistrale de cette série où les émotions nous secouent sans relâche. Car pour espérer trouver la paix et la sérénité, encore faut-il vivre son deuil et se reconstruire…
Une guerre, deux continents, trois familles: une saga époustouflante. Du grand Louise Tremblay d’Essiambre!
Avec plus de deux millions d’exemplaires vendus et quarante ouvrages publiés, dont les séries Les héritiers du fleuve, Les soeurs Deblois, Les années du silence et Mémoires d’un quartier, Louise Tremblay d’Essiambre est une incontournable dans le paysage littéraire québécois.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

L'aube des promesses

de harlequin

Le Passé simplifié

de les-editions-quebec-amerique

image

L’amour
au temps
d’une guerre

Tome 3

1945-1948

DU MÊME AUTEUR CHEZ LE MÊME ÉDITEUR:

L’amour au temps d’une guerre, tome 1: 1939-1942, 2015

L’amour au temps d’une guerre, tome 2: 1942-1945, 2016

L’amour au temps d’une guerre, tome 3: 1945-1948, 2016

Les héritiers du fleuve, tome 1: 1887–1893, 2013

Les héritiers du fleuve, tome 2: 1898–1914, 2013

Les héritiers du fleuve, tome 3: 1918-1929, 2014

Les héritiers du fleuve, tome 4: 1931-1939, 2014

Les années du silence 1: La tourmente (1995) et La délivrance (1995), réédition 2014

Les années du silence 2: La sérénité (1998) et La destinée (2000), réédition 2014

Les années du silence 3: Les bourrasques (2001) et L’oasis (2002), réédition 2014

Mémoires d’un quartier, tome 1: Laura, 2008

Mémoires d’un quartier, tome 2: Antoine, 2008

Mémoires d’un quartier, tome 3: Évangéline, 2009

Mémoires d’un quartier, tome 4: Bernadette, 2009

Mémoires d’un quartier, tome 5: Adrien, 2010

Mémoires d’un quartier, tome 6: Francine, 2010

Mémoires d’un quartier, tome 7: Marcel, 2010

Mémoires d’un quartier, tome 8: Laura, la suite, 2011

Mémoires d’un quartier, tome 9: Antoine, la suite, 2011

Mémoires d’un quartier, tome 10: Évangéline, la suite, 2011

Mémoires d’un quartier, tome 11: Bernadette, la suite, 2012

Mémoires d’un quartier, tome 12: Adrien, la suite, 2012

La dernière saison, tome 1: Jeanne, 2006

La dernière saison, tome 2: Thomas, 2007

La dernière saison, tome 3: Les enfants de Jeanne, 2012

Les sœurs Deblois, tome 1: Charlotte, 2003

Les sœurs Deblois, tome 2: Émilie, 2004

Les sœurs Deblois, tome 3: Anne, 2005

Les sœurs Deblois, tome 4: Le demi-frère, 2005

Les demoiselles du quartier, nouvelles, 2003, réédition 2015

De l’autre côté du mur, récit-témoignage, 2001

Au-delà des mots, roman autobiographique, 1999

Boomerang, roman en collaboration avec Loui Sansfaçon, 1998, réédition 2015

«Queen Size», 1997

L’infiltrateur, roman basé sur des faits vécus, 1996, réédition 2015

La fille de Joseph, roman, 1994, 2006, 2014 (réédition du Tournesol, 1984)

Entre l’eau douce et la mer, 1994

Visitez le site Web de l’auteur:

www.louisetremblaydessiambre.com

LOUISE TREMBLAY D’ESSIAMBRE

L’amour
au temps
d’une guerre

Tome 3

1945-1948

image

Guy Saint-Jean Éditeur

3440, boul. Industriel

Laval (Québec) Canada H7L 4R9

450 663-1777

info@saint-jeanediteur.com

www.saint-jeanediteur.com

• • • • • • • • • • • • • • • • •

Données de catalogage avant publication disponibles à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et à Bibliothèque et Archives Canada

• • • • • • • • • • • • • • • • •

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) ainsi que celle de la SODEC pour nos activités d’édition. Nous remercions le Conseil des Arts de l’aide accordée à notre programme de publication.

image

Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC

© Guy Saint-Jean Éditeur inc., 2016

Révision: Isabelle Pauzé

Correction d’épreuves: Johanne Hamel

Conception graphique: Christiane Séguin

Photographie de la page couverture: Dark Moon Pictures/Shutterstock.com

Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Bibliothèque et Archives Canada, 2016

ISBN: 978-2-89758-223-4

ISBN EPUB: 978-2-89758-224-1

ISBN PDF: 978-2-89758-225-8

Tous droits de traduction et d’adaptation réservés. Toute reproduction d’un extrait de ce livre, par quelque procédé que ce soit, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur. Toute reproduction ou exploitation d’un extrait du fichier EPUB ou PDF de ce livre autre qu’un téléchargement légal constitue une infraction au droit d’auteur et est passible de poursuites légales ou civiles pouvant entraîner des pénalités ou le paiement de dommages et intérêts.

Imprimé et relié au Canada

1re impression, octobre 2016

image

Guy Saint-Jean Éditeur est membre de
l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL).

À Céline, juste pour qu’elle comprenne

À Lucie, Paule (s), Ginette, Suzanne, Claire,

Hélène, Nancy, Michèle, Loulou… dans l’ordre

et dans le désordre! Ce sont mes amies de Québec,

des femmes d’exception. J’ai cet immense privilège

de faire partie de leur vie.

«Il a neigé trois fois la hauteur des maisons

Il a plu quatre fois comme l’anse est profonde

Le vent a fait trois fois cent fois le tour du monde

Le soleil a poli des siècles de saisons

Et mes amours sont demeurées les mêmes

Je t’aime»

GILLES VIGNEAULT

TABLE DES MATIÈRES

NOTE DE L’AUTEUR

NOTE DE L’AUTEUR

«La guerre est finie!»

Que d’allégresse dans ces quatre mots!

Chacun des personnages de la courte série L’amour au temps d’une guerre a dû les prononcer avec enthousiasme et soulagement, j’en suis persuadée, même si je n’étais pas à leurs côtés quand on a déclaré sur les ondes de toutes les radios de France que les Allemands avaient signé leur reddition.

Vous en souvenez-vous? À ce moment-là, j’étais à Moosburg et à Ebensee avec Rémi et Jacob.

«La guerre est finie!»

Même si, de notre côté de l’Atlantique, on avait moins souffert des affres de cet interminable conflit, les cloches de toutes les églises du Québec se sont mises à carillonner. Les fils et les pères, les frères et les fiancés, les maris et les amis allaient revenir. Enfin!

Je sens mes lèvres s’étirer en un grand sourire, car, à présent, il y a une image particulière qui me revient, comme une portion de film qui tourne en boucle dans ma tête: cliché figé dans le temps, je vois une jolie jeune femme toute souriante, en robe fleurie, puisque c’est le printemps, et elle court sur le quai d’une gare pour se jeter dans les bras d’un soldat tout ému. Peut-être bien que vous aussi, tout comme moi, vous la voyez, cette image, inondée de soleil, parsemée de gaieté et de joyeuse insouciance. Elle nous a souvent été présentée, quand on voulait souligner la fin de cette Seconde Guerre, un moment tant espéré.

Une scène, une seule, comme le symbole d’un dénouement idyllique inventé tout exprès pour semer le détachement et cultiver l’oubli. La guerre est derrière nous et, subitement, toute la souffrance vécue s’envole en fumée blanche. Devrait s’envoler en fumée blanche.

Finis les déchirures, les privations et les deuils, les larmes et les incertitudes. On efface tout et on recommence.

La vie en rose quoi, puisque la guerre est finie! On l’a même chanté. Alors, tout le monde sourit…

Malheureusement, la réalité est parfois tout autre. Il y a certaines cicatrices qui ne s’effacent pas complètement, il y a de ces blessures à l’âme qui s’entêtent à faire mal, et, quoi qu’on en pense, toute la meilleure volonté du monde ne peut rien y changer. Alors, de grâce, ne venez surtout pas me dire que c’est une simple question d’attitude. Cette excuse n’en serait pas une et encore moins un prétexte pour jeter la pierre aux autres. Ne reste peut-être que l’amour et la persévérance, la douceur et la persuasion, la foi et la passion, et beaucoup, beaucoup de patience pour arriver à tout reconstruire, tant les pays et les êtres humains ont été ravagés et meurtris.

J’en suis là dans ma réflexion et j’espère que vous me suivrez. Je suis de ceux qui croient au bien-fondé d’entretenir la mémoire. Je suis de ceux qui disent de ne jamais oublier les pires moments de l’histoire de l’humanité afin d’éviter les récidives. Si certains d’entre vous prétendent que ça n’intéresse plus personne, ces vieilles histoires d’autrefois, c’est que, malheureusement, ces personnes-là n’ont rien compris du tout. Dommage. Elles n’ont pourtant qu’à poser les yeux un peu partout autour d’elles, chez nous comme ailleurs, pour comprendre à quel point l’œuvre de mémoire est importante.

Alors, il y a Jacob, qui revient de l’enfer et qui ne peut oublier.

Ses filles ont survécu et il a envie de bénir le Ciel pour cela; sa femme Bertha n’est plus, et il le maudit. Sa foi vacille, alors qu’elle a réussi à tenir bon durant ses abominables séjours à Auschwitz et à Mauthausen. La mort probable de Bertha, de sa Bertha, a tout remis en question.

Pourquoi Dieu a-t-il permis une telle atrocité?

Voulait-Il punir Jacob pour les ignominies commises en toute bonne foi au nom de la liberté, au nom du devoir envers les siens, alors que pour rester vivant, il avait servi bien malgré lui la cause de ce Hitler?

Le pauvre homme ne sait pas, ne comprend pas. Il croyait sincèrement avoir payé son dû à travers l’intensité de la détresse ressentie lors de sa captivité, de la souffrance vécue au jour le jour, interminable, alors qu’il côtoyait des enfants promis à la mort. Alors, où donc se cache ce Dieu de bonté, de miséricorde et de réconfort, en qui il avait mis toute sa confiance? Jacob hésite.

Et si le Ciel n’existait pas?

Pour ses filles, Jacob Reif continuera d’avancer malgré tout, malgré le doute terrible qui l’assaille. Il n’a ni le choix ni l’envie d’agir autrement, il aime tant Klara et Anna. Pour elles, il est prêt à tout, même à sacrifier ses convictions les plus profondes. Cependant, Jacob Reif est conscient, douloureusement conscient, qu’en lui, la guerre continue de faire rage. Rien n’est terminé. On le dit chanceux d’avoir survécu, il n’en est plus certain, parce que les tourments du cœur sont si intenses et ceux de l’âme si puissants qu’ils en deviennent parfois intolérables.

À des centaines de kilomètres de là, il y a François et Brigitte qui ont vu mourir un être cher et qui ne peuvent oublier.

Pour François, c’est toute une vie passée à deux dont il doit trier et classer les souvenirs. Les bons comme les moins bons. Il voudrait tant arriver à reprendre pied dans la réalité du quotidien pour aider sa fille Françoise, pour préparer l’avenir de Nathan, son petit-fils qu’il aime tant. Pour l’instant, il n’y arrive pas. L’image de Madeleine, son rire, ses répliques parfois cinglantes, sa seule présence continuent de le hanter et la vision de son verger détruit par les bombardements l’accueille au réveil de chacun des matins.

Quant à Brigitte, c’est la vie qu’elle avait espérée et tant de fois imaginée qu’elle doit enterrer.

Les rêves d’une existence à deux, les espoirs de voyages outre-mer, la possibilité d’une famille bien à elle n’auront-ils été qu’un écran de fumée volatile et éphémère? Il semble bien que oui, et, au bout du compte, André Constantin n’aura fait que passer dans la vie de Brigitte. Un mirage, rien de plus. Voilà pourquoi la jeune femme n’arrive pas à comprendre comment il se fait qu’elle se sente si meurtrie, si désemparée. Après tout, les rêves finissent toujours par s’évanouir, n’est-ce pas? Même ceux qui nous semblent les plus réels. Alors, pourquoi celui-ci s’entête-t-il à faire mal?

François et Brigitte ont l’impression que la guerre, même si elle est finie, continue de leur plaquer une main devant la figure, les empêchant de respirer à fond.

Ce n’est facile ni pour l’un ni pour l’autre, car ensevelir l’espoir même précaire semble aussi difficile que de revoir certains souvenirs, même les plus beaux.

À côté d’eux, déconcertés, Françoise et son mari Rémi ont compris qu’ils devront apprendre à vivre à deux, parce qu’en fin de compte, à cause de la guerre, ils n’ont jamais vraiment connu ce temps de l’apprivoisement. Par contre, ils s’aimaient, ça oui, il n’y a aucun doute là-dessus! Alors, où donc est passée cette complicité entre eux qui semblait indéfectible? Et pourquoi, grands dieux, le désir de l’autre se fait-il attendre ainsi, comme s’il se trouvait bien, à l’abri derrière un paravent d’embarras et de pudeur? Serait-il mort, ce grand désir, victime d’une trop longue attente? Pourtant, Françoise et Rémi se sont tellement languis l’un de l’autre…

Est-ce que l’absence peut faire mourir l’envie de quelqu’un? Peut-elle détruire la passion et le désir d’être ensemble? Françoise et Rémi, sans en parler, y pensent sans relâche. Ils ont peur de ce que l’avenir leur prépare.

Il y a aussi le petit Nathan qui, du haut de ses quatre ans, pose un regard intrigué sur cet étranger venu s’imposer dans leur vie. Sa mère lui en avait souvent parlé, de ce papa parti à la guerre, bien sûr, et Nathan avait espéré son retour, comme on espère la venue improbable d’un héros de conte. Inutile de dire qu’il ne l’avait pas imaginé ainsi, silencieux, sans entrain, au sourire bien rare et un peu triste. Puis, après tout ce qu’il vient de connaître en ces temps de guerre, les bombardements qui font peur, la mort de sa grand-mère et le verger détruit, alors qu’il aimait tant y jouer, le petit garçon n’est pas certain d’avoir envie de partager sa mère avec qui que ce soit. Cette maman est le seul rempart qui n’ait pas bougé et il y tient de façon exclusive.

Au village, hébergé chez un vague cousin du côté maternel, il y a René, ce vieux célibataire endurci. Sans famille pour le soutenir ou pour donner un sens aux années qui viennent, en perdant son bar-tabac, René a perdu sa raison d’être. Le bâtiment n’est plus que cendres et ruines. Un geste gratuit, cruel et inutile de la part des Allemands qui s’y étaient installés, un geste posé le jour où ils ont fui devant l’avancée rapide des Alliés, au moment du débarquement. Peut-être ne pouvaient-ils emporter avec eux toute cette paperasse qu’ils croyaient si importante et avaient-ils alors décidé d’y mettre le feu? On ne le saura jamais. Mais la rage qui bouillonne en René est violente, presque palpable, alimentée par la haine tenace qu’il entretient depuis tant d’années à l’égard des «Boches». Personne ne sait si, un jour, le pauvre homme arrivera à faire la paix avec ce qu’il appelle «cette vie de merde», celle qui lui a tout volé. René aura-t-il le courage de reconstruire son bar-tabac et ainsi redonner un sens à son existence? Il en parle parfois, vaguement, comme trop fatigué pour entreprendre un si gros chantier.

De l’autre côté de la Manche, à Aldershot, il y a aussi Raymond Constantin, il ne faudrait pas l’oublier. S’il se réjouit d’avoir retrouvé son jeune frère Gérard, en pleine forme et trépignant d’impatience de rentrer au Québec, Raymond n’en pleure pas moins la mort de son aîné, André, en même temps qu’il s’est découvert un véritable attachement pour les Vieux Pays.

Non seulement pour l’Angleterre, parce qu’au royaume de Sa Majesté, il s’est senti chez lui dès le premier contact, malgré plusieurs différences notoires, mais également pour la France, à cause de la langue, se répète-t-il, essayant de s’en convaincre, bien maladroitement d’ailleurs, et malgré la ferme résolution d’ignorer le sourire las d’une certaine Brigitte. Un sourire qui l’a atteint d’un direct au cœur, comme il l’avait fait précédemment avec son frère André.

En effet, la France, au-delà d’une langue et de racines communes, c’est aussi Brigitte. «La belle Brigitte», comme l’avait surnommée son frère. Au premier regard, Raymond avait compris à quel point André avait eu raison. Depuis, le soldat Constantin ne cesse de penser à elle.

Cette grande jeune femme a fait naître en lui des émotions qui lui étaient étrangères et l’attirance instinctive qu’il ressent pour la belle Normande y est probablement pour quelque chose dans cette envie irrépressible qu’il a de retourner en France.

Sans doute, peut-être…

Comment savoir vraiment? Raymond n’y connaît à peu près rien, à cet univers féminin et à tout ce qui peut s’y rattacher. À cet égard, Raymond n’est pas tellement différent de son aîné. Si, avant la guerre, André avait consacré l’essentiel de son temps aux études, négligeant les compagnies féminines, Raymond, lui, s’était donné corps et âme à la mécanique, en partie par réel intérêt, certes, mais aussi pour que son père ne soit pas déçu de voir son second fils bouder l’université.

Raymond Constantin ne serait peut-être ni avocat ni ingénieur comme ses frères, car il avait choisi d’être un simple mécanicien, mais, tenez-vous-le pour dit, il serait le meilleur! Il avait donc consacré le plus clair de son temps à son apprentissage et les femmes n’avaient pris que bien peu de place dans sa vie.

Néanmoins, jusqu’à ce jour, Raymond n’avait rien regretté, surtout pas le fait d’être resté célibataire et sans attaches sentimentales. Cette liberté d’action lui avait permis de faire la guerre comme et quand il l’entendait, et cela, jamais il ne le regretterait, malgré les privations quotidiennes, les inquiétudes parfois insupportables, et la peur au ventre quasi douloureuse, toutes émotions qu’il a éprouvées lorsqu’il sillonnait les routes de Normandie, afin de mener à bien les tâches qu’on lui avait assignées.

Mais la guerre de Raymond ne s’était pas limitée au débarquement.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin