l'Ange de la nuit

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Si la curiosité est humaine, l’erreur hélas l’est aussi ! Quant à l’impossible, il n’existe pas ! L’imaginer, c’est déjà lui donner vie...Quand le jeune Mikaël se réveille un matin, amnésique, au pied d’un buisson, dans un parc, il n’imagine pas un seul instant la complexité dans laquelle sa vie vient de basculer. Et cependant, ce que les gendarmes lui apprennent au terme de leur enquête a de quoi surprendre ! Etre là, bien vivant, alors que l'état civil vous apprend que vous êtes mort... Il y a désormais un mystère dans sa vie. C'est avec l'aide d'une internaute providentielle qu'il découvrira le miracle qui l'a fait naître à la vie et aussi la terrible erreur, commise par son père...
Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 138
EAN13 : 9782748143546
Nombre de pages : 342
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L'ANGE DE LA NUIT
ALYSEEVIRAFUN
L'ANGE DE LA NUIT
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
Éditions Le Manuscrit, 2004. 20, rue des Petits-Champs - 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2004 ISBN : 2-7481-4355-8 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-4354-X (livre imprimé)
LANGE DE LA NUIT
Avertissement Le STURP ( Shroud of Turin Research Project), association fondée par les scientifiques des Etats Unis, a réellement travaillé sur le saint Suaire en 1978. Les personnages, de même que l’intrigue, ne sont cependant que pure invention.
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AlyséeVirafun
1 Il avança d’un pas vers la meute déchaînée, les bras tendus, les mains en avant, en signe d’apaisement. Surpris, l’un des voyous s’était aussitôt retourné pour l’invectiver. - Qu’est-ce que tu veux, toi ? Ne te mêle pas de ça ! Dégage ! Fiche le camp ! Tu n’as rien à faire ici ! Pour impressionner cet inconnu qui osait s’approcher, l’un des adolescents avait pris une attitude menaçante. Dix-sept ans, guère plus, à en juger par son physique ! Ce n’était encore qu’un gamin mais d’une espèce aussi pernicieuse qu’atypique, âpre et outrecuidante, estropiée de tout. Le regard acéré, caparaçonné d’un blouson de cuir noir bardé de clous antipathiques, affichant sans vergogne la couleur de ses intentions, le gavroche sauvageon n’avait rien de l’amical titi parisien, gouailleur et malicieux, né de l’imagination sur une barricade de l’insurrection de 1832. Quand il surgissait, au détour d’une ruelle sombre, entouré de ses trois acolytes, aussi arrogants et insolents que lui, les victimes choisies, généralement de braves bourgeois, ne protestaient guère. Apeurées ou résignées, les cibles visées ne mettaient guère de temps à abandonner sur le trottoir ce qu’elles possédaient : bijoux, portefeuille, montre, sac à main… Une fois de plus, ce soir, les quatre mauvais garçons avaient pris un malin plaisir à jouer avec leur proie qui venait de s’enfuir, heureuse de s’en tirer à si bon compte. Sa richesse, trop voyante, jonchait à présent le sol, livrée en pâture aux jeunes charognards
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qui en faisaient l’inventaire à grands cris. L’arrivée d’un tiers sur les lieux du partage les avait surpris ! Il y eut, de fait, un bref instant d’hésitation, de crainte et d’appréhension. Qui était cet homme ? Que voulait-il ? Pourquoi ne fuyait-il pas ? Inquiets, sur le qui-vive, les gamins n’avaient plus osé bouger. Ils avaient suspendu leurs gestes tandis que leur esprit caracolait, échafaudant mille hypothèses. Qui était donc cet inconnu qui osait venir perturber les réjouissances ? Pourquoi s’attardait-il aussi longtemps ? Les voyous cherchaient à comprendre. N’importe quel quidam aurait, c’était logique, pris ses jambes à son cou. Celui-là, au contraire des autres, semblait se complaire dans une immobilité insolente. Il était mystérieux et dérangeant. Encouragé par les autres, le fanfaron du groupe posa un regard acerbe et accru sur l’intrus. Ses yeux s’attardèrent longuement sur les mains, les poches du pantalon. Aucun couteau, aucune arme ! Son inspection visuelle, quoique superficielle, le rasséréna : rien, de toute évidence, ne changerait la couleur de la nuit ! Quant à l’homme lui-même : il était jeune, c’est vrai, sans doute pas plus de vingt-cinq ans, mais il n’était pas réellement impressionnant ! Fort de cette constatation, l’adolescent au visage criblé d’acné laissa échapper un petit sourire cynique pour signifier à ses comparses qu’il contrôlait la situation. La main glissée dans la poche de son blouson, il se sentait fort ! Le poing américain, qu’il s’était fabriqué dernièrement, était bien là, redoutable, avec ses pointes acérées affleurant à peine. Déjà, ses doigts tout excités et piaffant d’impatience, cherchaient à s’en
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AlyséeVirafunhabiller. L’envie de s’en servir l’émoustillait. Rassuré par la présence amicale qu’il caressait affectueusement, il se rengorgea et avança de quelques pas, bien décidé à bousculer cet indésirable pour lui faire comprendre qu’il n’avait rien à gagner à rester là. Il avait délibérément choisi la provocation. - Alors, Pépère ! T’es scotché au plancher ? Ca t’intéresse ce qu’on fait ? Tu veux participer ? On n’est pas difficile, on prend tout ! Fais voir un peu ce que tu as… Une sensation de mal-être, soudain, le stoppa net dans son assaut verbal tandis qu’un pli soucieux s’imprimait sur son front. Désemparé, il ne savait plus, à présent, quelle attitude adopter. Le venin qu’il venait de cracher sur le trottoir, aux pieds de l’inconnu, ne l’avait pas fait reculer d’un seul pas. L’homme n’avait pas bougé d’un iota ! Le malaise était là, pénétrant son âme et son cœur. Il y avait d’abord eu ce froid glacial, lui tombant dessus, et puis ce murmure intérieur, inquisiteur, qui avait semblé lui voler sa hargne et le garçon, malgré lui, avait frissonné. Curieusement, l’appréhension écorchait sa belle assurance, le privant brusquement de toute arrogance. Instinctivement, il avait préféré reculer. Il ne pouvait, néanmoins, échapper à la profondeur du regard qui cherchait à le soumettre. Bâillonnée, sa rage s’évanouissait lentement dans la nuit profonde. Il ne maîtrisait plus rien et les remparts d’agressivité, derrière lesquels se cachaient ses tendres années, tombaient piteusement les uns après les autres, le privant de toute défense tandis que l’inconnu, les mains toujours tendues
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au-devant de lui, consciencieusement, prenant son temps, moissonnait dans le champ de ses pensées malveillantes pour les annihiler. Il émanait de cet étranger une force si tranquille que s’opposer à lui ne semblait plus envisageable. La bataille ne pouvait être gagnée et le voyou l’avait très nettement senti. Interdit, sans voix, sans réaction, sans plus aucune animosité, il n’était plus qu’une ombre sur le trottoir : une ombre sans plus aucune consistance. Quand le regard le lâcha enfin et que les mains de l’inconnu s’abaissèrent, il était sans force, aussi faible qu’un enfant. Il avait froid et envie de rentrer chez lui. Il était bien en peine de savoir ce qui l’avait poussé à hanter cette ruelle malfamée. Ses comparses eux-mêmes n’avaient pas été épargnés : un frisson identique les avait parcourus quand le regard de l’inconnu les avait sondés à tour de rôle. Ils se dévisageaient, les uns les autres, vaguement inquiets, sans comprendre. Imperturbable, l’homme avait ouvert la main. - Donne ! Sans même essayer de résister, le gamin lui avait remis l’arme de fer blanc. - Donnez le reste aussi ! Remettez tout dans le sac ! Sans vraiment se faire prier, les adolescents vidèrent leurs poches et ramassèrent les menus objets féminins, éparpillés sur le sol, de-ci, de-là, qui ne demandaient qu’à réintégrer le lieu douillet d’où on les avait tirés, un instant auparavant. Ils avaient obéi sans discuter et l’homme semblait satisfait. Il leur avait même souri. - Allez, les mecs ! On s’arrache !
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