L'arbre

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Un arbre est apparu un matin devant chez Marie, au milieu d’un pré, elle qui habite une ruelle du centre ville. Mensonges ! L’arbre a toujours été là ! dit Nine. Mais Roye sait bien où est la vérité, lui qui dormait dans son coin-garage à l’endroit de l’arbre. Sauf que le fils de Nine s’est perdu voilà bien longtemps dans cet arbre... Parce que l’arbre est immense, propre à engendrer tous les fantasmes du quartier, toutes les craintes et tous les espoirs. Et comme il est creux à l’arrière, on peut assez facilement y cacher des secrets. Heureusement que pépé d’Ouilles, qui est mort déjà plusieurs fois, a de l’expérience, surtout quand le quartier fera sa révolution…A cause d’un arbre ? Quand un arbre refuse de perdre ses feuilles en hiver, franchement, il y a tout à craindre.
Publié le : vendredi 10 juin 2011
Lecture(s) : 44
EAN13 : 9782748105766
Nombre de pages : 163
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L’arbre
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 274810577X (pour le fichier numérique) ISBN: 2748105761 (pour le livre imprimé)
Arlette Fétat
L’arbre
ROMAN
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Marie :
Autre chose. Hier matin, j’ouvre la porte de chez moi, comme tous les jours. Machinalement. Ce sont des gestes quo tidiens qui se font sans y penser pour tout un chacun. J’ouvre donc. Et la porte de chez moi ne donne plus dans ma rue. Une rue étroite avec l’horizon à 2m50. Devant chez moi il y a un champ avec un arbre gigantesque au milieu. Seul. Un chêne. Suffisamment grand pour que je puisse le voir de la fenêtre de ma chambre du premier étage. Comme j’en ai toujours rêvé. Il faudra que je change l’emplacement de mon bureau. Je le pousserai devant la fenêtre pour le voir pendant mon travail. Je ne pense pas encore, en voyant l’arbre, qu’on est en hiver et que son feuillage touffu est impossible. Qui aurait pensé à une chose aussi simple et logique ? Mon émerveillement l’a emporté. Maintenant que j’y songe, installée devant ma fenêtre à contempler l’arbre, j’ai un peu de regret : j’aime tellement les arbres en hiver. Les branches. La construction des branches. Jamais entrelacées et pour tant si proches, si nombreuses. Un ordre irrégulier. Comment est mon arbre sous ses feuilles ? Impossible à deviner. Ainsi je peux avoir un arbre devant ma fenêtre et ne pas en être totalement satisfaite.
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Qu’à cela ne tienne ! disje en ouvrant la fenêtre et tandis que le vent du Nord se jette sur moi, attendons l’été.
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Nine :
J’ai entendu quand Marie a parlé de l’arbre. En réalité, il est là depuis longtemps. Peutêtre depuis tou jours. C’est même la première chose que j’ai vue le jour de mon déménagement, ce grand sapin. Et j’ai pensé :faudra faire attention quand les enfants voudront y mon ter.L’arbre est si grand que le jour duJ’avais raison. feu d’artifice, ils s’y sont perdus. Plus moyen de re descendre. Ils s’étaient trop avancés dans le feuillage, et moi je les ai cherchés jusqu’au soir. Heureusement que dans ce quartier, une fois la nuit tombée, la circula tion qui s’apaise laisse entendre nos bruits à nous. Alors forcément j’ai entendu mes gosses qui criaient làhaut, perchés sur une branche. Celle qui arrive au niveau de l’étage de la cantine. Il a fallu faire venir les pompiers qui ne voulaient pas se déranger parce qu’ils croyaient que c’était pour un chat. Mais le voisin de la rue d’à côté fait partie du conseil municipal. C’est luimême qui a téléphoné une seconde fois aux pompiers. Comme c’était pour des mômes, ils sont venus et j’ai eu drôle ment honte à déranger comme ça tout le monde. Alors je peux dire que l’arbre, c’est pas une nou veauté. Mais à Marie, il lui faut tout le temps des nou veautés. Un truc que personne n’a soidisant vu ou en tendu parlé, et qui l’excite le temps qu’elle arrive à y
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croire. Quand il y a rien de neuf, elle invente. C’est impossible qu’un arbre aussi grand apparaisse comme ça, un beau matin, devant la porte. Même un petit c’est impossible. Même pour Noël. Là où il y a des maisons, il n’y a pas d’arbre. Et là où il y a des arbres, il n’y a plus de maison. Tout le monde le sait dans le quartier. Ça fait longtemps qu’on se sent un peu des privilégiés avec notre arbre qui prend toute la place. Parce qu’ailleurs, il n’y a plus que des maisons depuis au moins trois géné rations. C’est pépé d’Ouilles qui me l’a dit l’avant veille de sa mort, quand il a tellement toussé que l’arbre en tremblait.Des privilégiés! Mais c’est pas pour ça qu’on va le crier sur les toits. Et puis voilà que Marie a parlé. Ça ne lui suffi sait pas d’avoir découvert le circuit du vent qui balaye les rues vers le dépôt d’ordures… les essences d’ail pour éloigner les chiens qui pissent contre les murs… le re frain aux sonorités magiques qui aide à digérer… et le détecteur de vérité dans le discours des autres, et bien d’autres choses. Il lui a fallu toucher à l’arbre. Jamais on se serait douté qu’elle le ferait. Comment imagi ner qu’on puisse inventer une histoire pareille ? C’est sûr qu’il n’y a que Marie pour le faire. Et une fois qu’elle a commencé, personne ne peut plus l’arrêter. Y’a qu’à voir comment elle est, là, devant sa fenêtre ou verte avec 3 dehors le matin, à attendre l’été pour voir les feuilles de l’arbre tomber. Une vraie statue qui fla scherait même dans la nuit. Tout le monde ne peut qu’y croire. Il y a déjà des gens de partout qui viennent la voir, pour écouter l’histoire, et pour regarder l’arbre. Il y en a même qui passent toute la journée dans la rue, assis sur une chaise pliante, à faire la conversation en attendant que les feuilles tombent. Mais on n’est qu’au début de l’hiver, et comme Marie a dit que ça tomberait l’été, ils ont encore deux saisons à attendre. Le soir, avant l’heure des infos, ils replient leurs chaises, disent au revoir et s’en retournent chez eux. Je suis sûre qu’ils seront découragés bien avant l’été. Parce que je sais,
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